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Contraintes administratives : le dernier avertissement au gouvernement

La Fnsea et les JA ont organisé une mobilisation nationale, le 24 juin, contre l'excès de normes. 15 000 agriculteurs y ont participé.

© LGD - Horizons + Bernard Leduc

«C'est le dernier avertissement» a déclaré Xavier Beulin, le président de la Fnsea, en lançant la mobilisation nationale des agriculteurs contre l'overdose administrative, le 23 juin dans la soirée à Rungis. A l'appel des Fédérations régionales du Nord Bassin Parisien et du Centre, plus de 800 agriculteurs se sont rassemblés devant le marché d'intérêt national. «Nous sommes ici au coeur de l'excellence française. Pour pouvoir la développer, il faut qu'il reste des paysans.
Et ceux-ci risquent de disparaître à cause de la multiplication des normes et la surtransposition des règles européennes», a déclaré le président de la Fnsea.

Overdose administrative
A Rungis, les agriculteurs étaient particulièrement remontés contre le projet du gouvernement d'interdire les épandages de produits phytosanitaires à moins de 200 mètres des habitations. «Dans l'Oise, c'est 20 à 25 % des terres qui ne pourront recevoir de traitements», s'insurge Jean-Marie, agriculteur dans le département. «Nous avons calculé que 136 000 hectares seraient perdus dans l'Indre, soit 20 à 25 % des terres. On se met les bâtons dans les roues alors que les autres pays ne prennent pas autant de précaution», déplore Mathieu, jeune agriculteur dans l'Indre.
«Empêcher la protection des cultures à 200 mètres des habitations, c'est non seulement éliminer la production de céréales, mais aussi tout le maraîchage en Ile de France et à la périphérie des agglomérations», observe Xavier Beulin.
En France, ce sont 8 à 10 millions d'hectares qui pourraient être soustraits de l'agriculture productive par cette nouvelle réglementation.
«Carton jaune au gouvernement» a délivré pour sa part Florent Dornier, le nouveau secrétaire général des JA.

85 départements mobilisés
«Stop aux contraintes administratives, stop aux contraintes environnementales. Laissez-nous les moyens de produire», a-t-il insisté. «Vous voulez manger français, on est prêt à produire pour vous, mais pour autant que l'on ne nous entrave pas», a déclaré pour sa part Dominique Barrau. Avant de pointer le risque de ne consommer que des fruits et légumes importés qui n'offrent pas les mêmes garanties de qualité, «du poulet javel» et de la viande bovine hormonée issue d'animaux élevés dans les feed lots américains.
Xavier Beulin ne comprend pas le discours politique permanent sur le redressement productif, la création d'emplois et de valeur ajouté et l'incapacité du gouvernement de donner des signes en ce sens, pire son intention d'en rajouter en matière de normes à chaque occasion malgré les promesses du président de la République. Conséquence la France qui était en deuxième position sur le podium mondial de l'exportation se retrouve aujourd'hui en 5ème position, «à cause des boulets au pied, l'excès de zèle de l'administration française qui profite à nos concurrents».

"Non à l'agro-idéologie"
Preuve du ras le bol, 15 000 agriculteurs ont participé à la mobilisation lancée par la Fnsea et les JA dans 85 départements sous des formes diverses et variées : rassemblement devant les préfectures, démarches auprès des élus et des parlementaires, manifestations devant les marchés d'intérêt national, contrôles de camions aux péages, visites de grandes surfaces....
Au marché de gros de Marseille, une centaine de producteurs ont investi les entrepôts d'importateurs de fruits et légumes. A l'aube du 24 juin, 250 agriculteurs se sont retrouvés sur la place de la Concorde, en plein centre de Paris, où ils ont mis le feu à un tas de palettes et de paille, rapidement éteint par les pompiers. «C'est une bonne mobilisation, ça montre que l'ensemble du territoire est concerné», commente Dominique Barrau.
Le secrétaire général de la Fnsea a accueilli positivement les précisions du gouvernement qui, parle, à propos de l'épandage de phytosanitaires à proximité des écoles, de mesures techniques plutôt que de distance. Il demande à Stéphane le Foll de «tenir jusqu'à l'adoption de la loi d'avenir agricole», rappelant que la Fnsea «refuse toute notion de distance» mais qu'elle est «favorable aux mesures qui accompagnent la responsabilité des agriculteurs». «Oui à l'agro-écologie, non à l'agro-idéologie», a-t-il résumé.

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