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Conty : la betterave offre un vaste débat faut-il continuer à produire ?

Echo de l'assemblée cantonale de Conty.

© AAP

Au cours de cette assemblée, Patrick Rimbert, président cantonal de Conty, était très content que les agriculteurs aient répondu présents. Et d’ajouter : «Cela fait plaisir de voir les agriculteurs se déplacer pour échanger leurs points de vue.» La réunion s’est orientée surtout sur l’intervention de Jean-Jacques Fatous, directeur-adjoint de l’ASBS. Il rappelle que «les quotas betteraviers et le prix minimum disparaîtront en 2017. S’il est vrai que l’on sera très concurrent sur le marché européen, par contre, sur le marché mondial, on ne sera pas limité par les volumes. On ouvre les vannes à l’export.» Et de dire également : «On produit dans un système sans filet et sans garantie», ce qui constitue pour les planteurs et les fabricants, un sacré changement. Aussi «dans un tel environnement, être compétitif est impératif», ajoute-t-il.
La profession attend une position claire de Bruxelles pour négocier les prix et volumes. Cette conséquence de la fin des quotas nécessite de refonder les règles interprofessionnelles pour que la filière puisse faire face aux défis de la concurrence et permettre aux planteurs de décider de leurs surfaces betteravières, avec des bases clairement définies avant les semis.
La CGB estime le prix de revient à 2 267 € l’hectare de la betterave, soit 25,50 € la tonne de betterave à 16°, soit 170 € la tonne de sucre, avec un rendement moyen de 89 tonnes sur cinq ans, considérant qu’une tonne de sucre génère 6,7 tonnes de betteraves. Ce prix de revient tient compte de toutes les charges, à la fois opérationnelles et de structure, en y incorporant la rémunération de l’exploitant sur la base d’un Smic. La France est très compétitive, elle se trouve derrière la Pologne (23 €/t) et l’Angleterre (24 €/t). L’Allemagne, quant à elle, a un prix de revient de 28 €/t.
L’allongement de la durée de campagne attise les sucreries. En effet, il permettrait de gagner 1 € de tonne de sucre par jour. Les sucriers évaluent leur coût de production industriel à 380 € la tonne de sucre, mais pour avoir une meilleure compétitivité, ils estiment que l’allongement des durées de campagne permettrait de regagner de la compétitivité industrielle. Avec des campagnes de 120 à 130 jours, le coût passerait à 370 € tonne, alors qu’aujourd’hui les campagnes sont de l’ordre de 105 jours. Evidemment, cet allongement doit être compensé financièrement pour les planteurs. «Nous avons un marché à l’export en croissance, là est notre atout», conclut Jean-Jacques Fatous.
Pour terminer cette assemblée, Olivier Thibaut, président des producteurs de lait de la Somme, a évoqué les problèmes liés à la production de lait, en rappelant que «l’on est dans une crise européenne» et «à fond dans le libéralisme». Il reconnaît que la gestion des volumes est difficile à gérer, d’autant que les pays nordiques y sont opposés.

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