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Coop féculière de Vecquemont: franchir les 800 000 t

La coopérative féculière de Vecquemont était réunie en assemblée générale, à Salouël, le 19 décembre. Actualités de la filière et perspectives.

De g.à dr. : Arnaud Dupont, directeur de l’usine Roquette de Vecquemont, Pierangelo Marconi, directeur achat 
chez Roquette, Olivier Brasset, président de la coopérative et Bruno Poutrain, son directeur.
De g.à dr. : Arnaud Dupont, directeur de l’usine Roquette de Vecquemont, Pierangelo Marconi, directeur achat
chez Roquette, Olivier Brasset, président de la coopérative et Bruno Poutrain, son directeur.
© © F. G.



Ce n’est pas la campagne en cours qui, malheureusement, va changer la donne en termes de rendement. Après un rendement moyen, pour la récolte de 2017 à 51,7 t/ha pour une richesse à 17, les estimations du rendement moyen pour la récolte 2018 dépasseront à peine les 41 t/ha pour une richesse à 17. Soit le plus mauvais rendement depuis 2001. «C’est encore une immense déception», avoue le président de la coopérative féculière de Vecquemont, Olivier Brasset. Et de s’interroger : «Cette dégradation de nos résultats techniques est-elle une accumulation de scénarios climatiques tout à fait inédits ou allons-nous vers une tendance climatique qui s’accélère venant remettre en cause notre modèle économique de production ? Nous devons nous poser la question

Hectares et volumes
Cette déception, aussi palpable auprès des quelque trois cents participants à l’assemblée générale, l’est d’autant que 2 000 ha supplémentaires ont été dédiés à la culture de la pomme de terre féculière pour cette nouvelle campagne, faisant passer le nombre d’hectares de 12 535 en 2017 à 14 600 en 2018. Point positif cependant, témoignant de «la solidité et de l’attrait de nos propositions dans le contexte agricole de notre grande région […] Aussi, même si 2018 nous ralentit dans notre élan, c’est bien un premier palier de 800 000 t que nous ambitionnons de franchir pour la première fois en 2019», ajoute Olivier Brasset. Reste que, pour la récolte 2019, en raison du manque de plants, les surfaces de pommes de terre féculières ne pourront pas augmenter.
Pour la récolte 2017, ce sont 680 000 t qui ont été contractées. 95,5 % du contrat avec Roquette a été honoré, 60 000 t ont été achetées à des tiers. Pour 2018, ce sont 760 000 t qui ont été contractées. «Au vu des rendements estimés, on devrait en livrer autour de 600 000 t. On va en acheter un peu auprès de Tereos, mais pas plus, car la pomme de terre de consommation d’industrie est trop chère sur les marchés. Si on livre, au final, 620 000 t, ce sera le maximum», pense Bruno Poutrain. Heureusement, du côté de la rémunération, la tendance est dans le sens opposé.

Rémunérations
Le prix minimum pour la récolte 2017 avait été fixé à 59 €. Avec les compléments de prix, les bonus et les transports, le prix moyen a atteint 73,80 €. Pour la récolte 2018, le prix minimum est de 60 €, et devrait atteindre les 64 €en prix moyen, 4 € de plus étant versés en juin prochain. Ce prix sera-t-il boosté ? «On n’en sait rien. Il faut d’abord avancer sur les ventes», précise Olivier Brasset.
Enfin, en 2019, le prix minimum sera en moyenne de 62 €. La nouveauté sera la mise en place de la modulation à la semaine, allant de 60 à 67,50 € afin de compenser au mieux ceux qui livrent en début de campagne ou à la fin. Dans tous les cas, en matière de rémunération, «les perspectives encourageantes de cette campagne vont inéluctablement se transposer sur la récolte 2019», conclut-il.

INTERVIEW Les attentes de Roquette

Point de situation avec Arnaud Dupont, directeur de l’usine de Roquette, à Vecquemont.

760 000 t de pommes de terre féculières ont été contractées pour la récolte 2018. Les estimations de rendement ne permettront pas de les atteindre. Vous vous attendez à quel volume ?
Le volume livré par la coopérative devrait être autour de 600 000 à 650 000 t. Et compte tenu des prix pratiques sur le marché et de l’absence de pommes de terre fécule sur l’ensemble du marché européen, il sera difficile d’avoir un volume supérieur. Cela aura donc une incidence sur nos charges fixes pour l’année prochaine, que l’on n’arrivera pas à diminuer, et la campagne se terminera plus tôt, soit autour du 15 janvier.

Est-ce que cela peut remettre en cause la pérennité de l’outil industriel ?
Non, la question ne se pose pas, car la fécule est une filière à part entière chez Roquette. Le fait d’avoir un produit transformé permet de maintenir une rentabilité, mais il est vrai qu’avoir des années répétées à 40 t/ha, c’est difficile à soutenir pour les féculiers. Une fois cela dit, même si c’est une année difficile qui ne nous permet pas de répondre à tous nos contrats, notre stratégie est d’orienter la faiblesse de la production sur des marchés à plus forte valeur ajoutée tels que l’alimentaire et le pharmaceutique avec des produits mix.

Quelles sont vos attentes par rapport aux producteurs ?
La terre, c’est du volume. Il faut donc poursuivre l’effort sur la diminution de la tare terre, même si les producteurs ont bien avancé sur cette question. Il en est de même sur la tare cailloux, même si elle a bien baissé, soit autour de 3 %. Reste que les cailloux sont gênants pour notre activité au vu des dégâts qu’ils provoquent sur l’outil industriel. Une même attention doit être apportée sur les fanes, que l’on retrouve essentiellement en début de campagne, car celles-ci peuvent entraîner des arrêts de l’usine. De même, il nous faut tous travailler sur la surcharge des transports.

Un manque de plants féculiers se fait aussi jour. Comment allez-vous pouvoir faire face à celui-ci ?
Le manque de disponibilité de plants est évalué autour de 20 %, chez nous avec nos planteurs, comme chez les autres dans toute l’Europe. Si, sur la récolte précédente, nous avions été confrontés à la même difficulté, cela était à cause de l’augmentation des surfaces. Pour la campagne prochaine, cela est dû au manque de rendement. Il va donc falloir aller chercher des plants ailleurs, et des plants semi-féculiers en France, comme à l’étranger, car on ne trouvera pas de plants féculiers. S’il n’y a pas de risque sur le plan sanitaire, l’incidence de l’utilisation de plants semi-féculiers risque d’être sur des baisses de rendement possibles. L’avantage, en revanche, c’est que ce sont des plants plus précoces que ceux de la pomme de terre féculière. Quant à la répartition des plants parmi nos producteurs, elle se fera sur la base de l’équité. Nous sommes en train de mettre en place les critères qui la détermineront.
Propos recueillis par F. G.

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