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Cuma : une aide spécifique pour remplacer les prêts bonifiés

Enveloppe financière maintenue mais dispositif changé pour le soutien financier aux Cuma.

Stéphane Gérard, président de la Fédération : «Les Cuma sont un copier-coller des demandes agricoles, d’où leur évolution actuelle».
Stéphane Gérard, président de la Fédération : «Les Cuma sont un copier-coller des demandes agricoles, d’où leur évolution actuelle».
© Actuagri

Les quelques 2,5 millions d’euros dédiés au soutien financier des Cuma seront maintenus, a assuré Philippe Mauguin, le directeur de cabinet de Stéphane Le Foll, à l’assemblée générale de la Fédération nationale des Cuma qui s’est déroulée à Charenton-le-Pont, en banlieue parisienne, les 26 et 27 mai. Mais le mécanisme de soutien va changer. Les prêts bonifiés qui ont financé, depuis 1982 entre 50 % et 12 % des investissements des Cuma sont abandonnés. Les nouveaux crédits seront affectés «aux investissements immatériels et aux hangars et autres bâtiments», a précisé le représentant du ministre.
La FNCuma a bien accueilli cette annonce en insistant sur les besoins en formation et en conseil des membres des Cuma et des salariés et sur le fait que «le hangar est un élément structurant de la vie d’un groupe et très souvent, une condition préalable à la création d’emploi en Cuma». D’ailleurs la construction de hangars en zone agricole qui était régulièrement contestée sera désormais autorisée.
En revanche, la mesure de soutien exceptionnel à l’investissement annoncée, le 8 avril dernier par le Gouvernement, n’est pas éligible aux Cuma, en raison de l’opposition de Bercy, même si le ministre de l’Agriculture considère qu’il s’agit là d’une injustice à corriger et que les investissements collectifs doivent être privilégiés.

Réorganisation
La FNCuma propose pour sa part des mesures de compensation telles que des dispositifs spécifiques d’aide à l’investissement en Cuma ou un crédit d’impôt pour les adhérents.
Comme toutes les coopératives agricoles, les Cuma ne sont pas éligibles au crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi. Aussi, Stéphane Gérard, le président de la Fédération, plaide-t-il pour qu’elles bénéficient de mesures de réduction du coût du travail équivalentes, «comme un crédit d’impôt en faveur des adhérents qui feraient appel à la prestation main d’œuvre d’une Cuma avec son matériel».
En attendant, la FNCuma a lancé un vaste chantier de rénovation et de réforme de son fonctionnement, en lien avec la nouvelle carte territoriale. «Nous voulons faire en sorte qu’en 2016, un nouveau dispositif d’appui et une nouvelle organisation fédérative soient mise en place», a indiqué Stéphane Gérard.
Autre problème abordé, celui de l’embauche. Les membres des Cuma n’ont effectivement plus le temps de piloter et leur exploitation et la Cuma. Les technologies deviennent de plus en plus pointues au point que, pour Gilles Picard, directeur de la Fédération des Cuma de l'Ouest, «votre voisin agriculteur ne monte plus dans une machine pour vous dépanner pendant un quart d’heure. C’est un métier que de conduire ces engins», un métier qui fait malheureusement peu rêver.
L’embauche de salariés reste donc compliquée. Anticiper, innover, embaucher nécessitent des rentrées financières, d’où la volonté des Cuma de s’orienter vers l’apport de services, notamment dans la transformation à la ferme et les circuits courts. Finalement la Cuma ne serait plus une coopérative d’utilisation de matériel agricole. Elle s’orienterait vers le statut d’une coopérative tout court proposant des services similaires à d’autres organismes agricoles.

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