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Réglementation
Dans les Bas-Champs, est-il possible de décoincer les situations des fermes ?

La DDTM s’apprête à étudier des exploitations et des corps de ferme des Bas-Champs. Leurs exploitants font part des «besoins d’évolution» qu’ils rencontrent et qui leur sont aujourd’hui interdit. Des solutions pourraient enfin être trouvées.

L’accalmie commence à poindre dans le secteur de Cayeux-sur-Mer ce 23 février, quand Xavier Rousset, Directeur de la DDTM (Direction départementale des territoires et de la mer) de la Somme était accueilli par Thibaut Hénocque, président du syndicat Vimeu Maritime, Edouard Brunet, et Emmanuel Noiret, conseiller départemental. Accompagné de Catherine Bollotte, il s’est rendu sur plusieurs points décrivant le fonctionnement hydraulique de la zone des Bas Champs Sud, et dans les fermes des deux derniers, celles-ci situées sur la commune de Cayeux-sur-Mer et illustrant l’impasse de la zone en termes d’évolution depuis bientôt vingt ans.
Retour en arrière. En 1990, la mer submerge la zone des Bas-Champs en rompant la digue de la façade maritime au sud de Cayeux. Plus de 3 500 hectares sous l’eau pendant trois semaines, et un questionnement de prévention des risques qui se met en place… et qui dure dix-sept ans ! En 2007, le Plan de prévention des risques naturels (PPRN) est adopté, et interdit toute construction à moins de 7,5 m d’altimétrie. Y compris les bâtiments agricoles. C’est ainsi toute une zone qui est mise en pause. Les débats sur la hauteur retenue et les mesures de protection tourneront court avec, qui plus est, la tempête Xynthia qui a marqué les esprits en 2010. 
Depuis, les agriculteurs du secteur n’ont de cesse de demander la souplesse pour faire évoluer les bâtiments au sein des corps de ferme, montrant la relativité des choses : déjà, en 1990, il n’y a eu à déplorer aucune perte d’animaux, la solidarité ayant permis d’en évacuer une grande partie avant l’envahissement des terres. Ensuite, le sentiment perdure d’un traitement du risque injustement différencié, entre l’ouverture du secteur au tourisme qui décuple la population à certains moments permettant, et les interdictions pour les riverains. Face à cette impasse sévère, le préfet de la Somme et le Conseil départemental s’interrogent sur la possibilité d’étudier «au cas par cas» les besoins d’évolution de la douzaine de fermes concernées. Et c’est en préambule de ces travaux que Xavier Rousset s’est imprégné des problématiques agricoles du secteur.
En premier lieu, pour appréhender la situation, Edouard Brunet et Emmanuel Noiret ont expliqué sur le terrain les fonctionnements des Bas-Champs. Ainsi, à la porte à flot du Hourdel, on mesure l’importance de l’évacuation de l’eau des deux canaux qui se rejoignent vers la Maison de l’oiseau, mais aussi de la régulation en période sèche. De là, on s’interroge aussi sur la digue de la gaité qui relie le Hourdel à Saint-Valéry, pour laquelle d’importants travaux de renforcement vont être conduits alors qu’il s’agit d’une digue «de baie» et non d’une digue de front de mer exposée à la houle. On y voit aussi les digues intérieures, qui façonne des «casiers» qui ralentiraient une éventuelle submersion. Enfin, on y voit le futur fonctionnement du bassin de chasse prévu à l’emplacement de la ferme de la Caroline, censé permettre de désensabler la zone.

Des infrastructures saturées
En second lieu, Xavier Rousset s’est rendu sur les fermes du Gaec Noiret et du Geac Brunet, qui sont des cas typiques du secteur fermes de polyculture élevage, pour lesquelles les infrastructures sont saturées et ne permettent pas d’évolution : ni modernisation, ni agrandissement, ni installation avec projet de développement en l’état. «On a besoin de savoir si l’État accepte et permet qu’on se modernise un peu ou si on condamne l’agriculture du secteur», a dit Emmanuel Noriet. Et Edouard Brunet de poursuivre : «l’activité agricole préserve les équilibres, la biodiversité et le bon fonctionnement hydraulique qui permet l’attractivité de la zone ; il suffit de voir ce qui se passe quand il n’y a plus d’agriculture : la friche coûte très cher à l’État !». Sans omettre de lister les «ratés» du passé : le zonage ICHN qui intégrait la zone… avant de nouveau de l’exclure, les MAE entretien de haies qui ont obligé à la taille manuelle, etc. Des ratés qui coûtent à l’agriculture, et qui ne rendent pas service au biotope.
Xavier Rousset a précisé le sens de l’action qu’il entend conduire sous égide du préfet. «On doit se projeter à trente ans, en intégrant les risques liés au réchauffement climatique, que ce soit la montée des eaux, la violence ou la fréquence des épisodes, mais aussi prendre en compte ce dont l’agriculture a besoin pour perdurer, et ce sans s’exposer aux risques.» La conclusion de la visite est un travail dans les toutes prochaines semaines, en lien avec le Conseil départemental et la Chambre d’agriculture , qui se ferait en deux temps : d’abord, une réunion collégiale pour tous exploitants dont le corps de ferme est situé dans la zone non constructible ; puis en second temps un audit dans chaque ferme pour définir ses pro-jets, ses perspectives, et ses besoins d’aménagement du bâti actuel. Ce sera ensuite aux autorités d’analyser ces dossiers, pour accorder une éventuelle dérogation temporaire permettant de procéder aux aménagements qui auront été identifiés. Enfin une ouverture possible ? Réponse dans l’année.

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