Elevage
Déchets verts dans les pâtures : un risque sanitaire avéré pour les ruminants
Le dépôt de déchets de tonte et de résidus végétaux dans les prairies d’élevage expose les bovins à des risques sanitaires. Via les réseaux sociaux, les Jeunes Agriculteurs de la Somme alertent sur les conséquences zootechniques et vétérinaires de ces apports non maîtrisés.
Le dépôt de déchets de tonte et de résidus végétaux dans les prairies d’élevage expose les bovins à des risques sanitaires. Via les réseaux sociaux, les Jeunes Agriculteurs de la Somme alertent sur les conséquences zootechniques et vétérinaires de ces apports non maîtrisés.
Sur le plan digestif, l’ingestion d’herbe coupée en tas diffère profondément du pâturage. Les matières végétales accumulées fermentent rapidement, entraînant une production d’acides et de gaz susceptible de déséquilibrer le fonctionnement du rumen. Ce phénomène peut conduire à des épisodes d’acidose ruminale, caractérisés par une chute du pH, une altération de la flore microbienne et des troubles cliniques allant de la baisse d’ingestion à des formes graves potentiellement mortelles. Par ailleurs, l’ingestion rapide de quantités importantes de matière fermentescible favorise les phénomènes de météorisation (ballonnement), autre pathologie aiguë des ruminants.
Une « nourriture » pas saine
Le risque infectieux est également identifié. La présence de matières organiques en décomposition dans des conditions anaérobies favorise le développement de bactéries telles que Clostridium botulinum, agent du botulisme bovin. Cette intoxication, liée à la production de neurotoxines, est régulièrement signalée en élevage bovin et peut entraîner des mortalités importantes au sein d’un troupeau.
À ces risques s’ajoute l’absence de maîtrise de la composition des déchets verts déposés. Ceux-ci peuvent contenir des plantes toxiques, des résidus de produits phytosanitaires ou encore des corps étrangers (plastiques, ficelles), susceptibles de provoquer des intoxications ou des accidents digestifs (occlusions, perforations).
D’autres solutions existent
Les autorités sanitaires, notamment l’ANSES, ainsi que les instituts techniques et organisations professionnelles agricoles, rappellent que ces pratiques constituent un facteur de risque évitable. Les prairies ne doivent en aucun cas servir de lieu de dépôt pour des déchets verts issus de l’entretien des espaces privés ou publics. Pour les Jeunes Agriculteurs de la Somme, plusieurs autres « solutions » pour se débarrasser des déchets de tonte existent : paillage au jardin, compostage à domicile ou encore apport en déchetterie.