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Des bornes “Ecopaille” pour exprimer le ras-le-bol des campagnes

Contre les taxes et les réglementations qui s’empilent, la Fdsea et les JA de la Somme ont manifesté silencieusement le 29 novembre.

Plus d’une centaine de bornes "Ecopaille" ont été installées au bord des routes dans pratiquement tous les cantons de la Somme.
Plus d’une centaine de bornes "Ecopaille" ont été installées au bord des routes dans pratiquement tous les cantons de la Somme.
© AAP


Des ballots de paille, de la bâche, des messages forts et un ras-le-bol général. La Fdsea et les Jeunes Agriculteurs de la Somme avaient réunis tous les ingrédients pour mener avec brio leur campagne de communication en tournant à la dérision les bornes écotaxe. C’est, en effet, en utilisant la symbolique de ces bornes que les agriculteurs ont manifesté leur mécontentement vendredi 29 novembre.
Une centaine de bornes «Ecopaille» ont été installées au bord des routes de la Somme, arborant différents slogans : «Laissez les campagnes travailler», «Des réformes oui, des taxes non», «+ de taxes, + de contraintes= + de chômage»… Autant de messages que l'on peut résumer par un simple mot : «STOP» !
"Contraintes environnementales, réglementaires, taxes… ces derniers mois, les mauvaises nouvelles ont fusé. L’écotaxe, dernière annonce en date, a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase", a expliqué Laurent Degenne, président de la Fdsea. "Avec les jeunes agriculteurs nous aurions pu choisir de manifester de manière plus forte, dans les rues d’Amiens par exemple. Mais nous avons préféré une méthode plus douce, la violence n’étant pas la solution à tout".

Trop de taxes, trop de contraintes
Afin d’expliquer leur mécontentement, la Fdsea et les JA ont organisé une conférence de presse à Maizicourt, dans l'exploitation laitière d'Ingrid et Antoine Septier. « On a l’impression d’être pénalisé tout le temps », a d’emblée lancé Ingrid Septier. Située dans la vallée de l’Authie, classée depuis quelques mois en zone vulnérable, son exploitation va de nouveau devoir être mise aux normes. «Notre bâtiment a été construit en 2003, avec en-dessous une fosse à lisier qui peut contenir, comme la réglementation l’imposait à l’époque, les effluents produits pendant quatre mois. Aujourd’hui avec le nouveau zonage, il faut une fosse capable de contenir les effluents pendant six mois et demi», a-t-elle expliqué. Les deux exploitants n'ont pas encore remboursé leur précédent investissement qu’ils doivent de nouveau investir…. Un cas loin d’être isolé. Et Antoine Septier de surenchérir, «nous n’aurons rien de plus en installant cette nouvelle fosse, je préférerai investir dans de vrais projets qui génèrent de l’activité». Une preuve que les contraintes environnementales qui s'accumulent cassent le dynamisme de l'agriculture.
«Nous avons besoin de signes positifs pour continuer à exercer notre métier. Ce que l'on demande aujourd'hui, c'est de nous laisser travailler !», a insisté Marc Hossart, président des Jeunes Agriculteurs de la Somme. Et il a rappelé qu' «un agriculteur crée six à sept emplois, directs et indirects». D’autres corps de métiers gravitent autour de l’agriculture. Patrick Cornille, vétérinaire à Auxi-le-Château et un salarié de Gènes Diffusion étaient venus témoigner. «En imposant toujours plus de contraintes aux agriculteurs, les marges des exploitations baissent, et les gens se découragent. Il faut au contraire leur donner les moyens de se développer, il faut les encourager», a lancé le vétérinaire.
Les responsables agricoles ont également insisté sur l'augmentation des taxes. «La profession agricole a les moyens de donner un souffle à l’économie locale, le gouvernement doit nous y aider», a conclu Laurent Degenne. A quand, un peu d’oxygène ?

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