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Chasse
Des chasseurs déterminés à être sur plusieurs fronts

Président de la Fédération des chasseurs de la Somme, Yves Butel a livré, lors de l’assemblée générale du 4 avril, un discours offensif mêlant défense du monde de la chasse, soutien appuyé à l’agriculture et bilan d’une année marquée par des actions en faveur de la biodiversité.

© FDC 80

D’entrée, le ton de l’assemblée générale a été donné. Devant les adhérents réunis dans l’amphithéâtre du Lycée La Providence d’Amiens le samedi 4 avril, Yves Butel n’a pas caché son émotion après plusieurs mois sous pression judiciaire. «C’est un président particulièrement heureux et soulagé qui se présente devant vous aujourd’hui», a-t-il lancé. La raison ? Poursuivi avec d’autres élus régionaux après avoir émis un avis consultatif favorable à des subventions pour l’opération Hauts-de-France Propres, il a finalement été relaxé malgré des réquisitions lourdes. «La procureure […] demandait 50 000 € d’amende […] et deux ans d’inéligibilité», a-t-il rappelé, dénonçant une procédure qu’il juge disproportionnée. Avant de dénoncer une hostilité envers les chasseurs : «Ils n’acceptent pas que ce soient les chasseurs et les pêcheurs qui organisent cette magnifique action.»

Au-delà de son cas personnel, le président de la fédération a élargi le propos à une critique plus globale. «Je me pose la question de cette justice impartiale ou de cette justice vérolée par les anti-tout», a-t-il affirmé, pointant une «dérive écologiste liberticide».

L’Europe dans le viseur

Le discours s’est ensuite déplacé sur le terrain européen. Yves Butel a dénoncé une «technocratie hors sol» et une volonté de «cadrer nos vies, interdire, réglementer». «Toute cette règlementation européenne veut effacer nos racines, nos traditions, nos modes de vie», a-t-il estimé, appelant à un recentrage sur «la sécurité et l’économie». Dans son intervention, le président des chasseurs de la Somme a apporté un soutien inattendu à la profession agricole, pointant du doigt… les accords commerciaux internationaux : «Ils continuent de menacer l’économie du monde rural […] en permettant l’importation de viande produite dans des conditions […] bien inférieures aux nôtres.» Et d’ajouter, au sujet du Mercosur et de l’Australie : «Force est de constater que les élus ne font plus le poids face aux technocrates européens.»

Une feuille de route pour la chasse départementale

Revenant sur l’année écoulée, Yves Butel a mis en avant l’adoption du Schéma départemental de gestion cynégétique, «véritable feuille de route pour les six prochaines années». Validé par les services de l’État, ce document encadre une stratégie tournée vers «une chasse durable, responsable et respectueuse de l’environnement». Parmi les autres dossiers suivis de près, celui du classement Esod, travaillé «en étroite collaboration» avec les services de la DDTM.  Revendiquant un rôle important dans la préservation de l’environnement, la Fédération des chasseurs samariens est revenue sur l’opération Hauts-de-France Propres, avec «plus de 100 000 participants» et «des centaines de tonnes de déchets ramassés». Et de citer ensuite d’autres initiatives menées en 2025 : plantations de haies, vergers, jachères et cultures intermédiaires. «Pas moins de 21 km de plantations et 131 vergers» ont été réalisés, tandis que «plus de  170 ha» de cultures favorables à la biodiversité ont été implantés.

Petit et grand gibier : entre inquiétudes et mobilisation

Toutes ces initiatives, «j’ai l’intime conviction que c’est l’avenir», a insisté le président Butel, voyant dans ces actions «le renouveau de la politique petit gibier». Sur le plan purement cynégétique, la situation du petit gibier suscite en effet une vive inquiétude. «Je ne peux pas me résoudre à la disparition de la perdrix grise dans nos plaines samariennes», a déclaré Yves Butel, promettant une politique «ambitieuse». En ce qui concerne le grand gibier, la pression reste forte. Avec «6 500 sangliers» prélevés lors de la saison 2025-2026, les dégâts agricoles demeurent un enjeu majeur malgré «près de 900 kilomètres de clôtures».

Autre sujet de crispation : la baisse des aides publiques pour les dégâts de grand gibier. «Il manque 10 millions d’euros dans les promesses», a dénoncé Yves Butel. Une situation jugée préoccupante, alors que les chasseurs assument l’essentiel des indemnisations. Le président compte donc sur le niveau national pour faire évoluer les choses, rappelant que les chasseurs «indemnisent la totalité des dégâts […] alors qu’ils ne chassent que sur 70 % du territoire».

Gibier d’eau et gestion des milieux

Concernant le gibier d’eau, la fédération explique poursuivre ses travaux scientifiques et techniques : suivi des populations, baguage, analyse des prélèvements. Alors que l’outil ChassAdapt tend à s’imposer, Yves Butel l’assure : «C’est le seul moyen de sauver la chasse des oiseaux migrateurs.» Et d’insister également sur le travail des chasseurs dans l’entretien des zones humides, «des milliers d’hectares» gérés bénévolement.

La chasse, un lien social revendiqué

Au-delà des enjeux techniques et politiques, le président a tenu à rappeler la dimension humaine de la chasse. «Quel plaisir de se retrouver […] pour des moments de partage, de convivialité et de transmission», a-t-il souligné. En conclusion, Yves Butel a appelé à l’unité et à la fierté : «Soyons fiers d’être chasseurs et de faire partie de cette communauté qui véhicule des vraies valeurs humaines et de transmission.»

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