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Lin
Des clés pour bien protéger son lin

Ravageurs, adventices, maladies, verse… Arvalis-Institut du végétal a livré ses conseils en protection intégrée du lin fibre lors d’un webinaire. 

La maîtrise des techniques culturales constitue la principale méthode de lutte contre la verse.
La maîtrise des techniques culturales constitue la principale méthode de lutte contre la verse.
© Arvalis

L’altise, ce petit coléoptère friand de lin, est une des bêtes noires des producteurs. «Lors d’un cycle, les altises du lin donnent naissance à deux générations : une vers mars, et une autre vers juillet. Cette deuxième génération s’attaque au lin de printemps alors qu’il est en plein développement et peuvent causer de grands dégâts», prévient Benoît Normand, ingénieur régional chez Arvalis. Le premier levier de lutte est l’agronomie. «Bien réduire les résidus de culture, préparer son sol de manière homogène et éviter les mottes, semer dans un sol bien réchauffé pour une croissance rapide de la plante.» La présence de l’insecte doit ensuite être surveillée jusqu’à un stade 3 à 5 cm. 

En lutte directe, plusieurs produits de contact sont homologués. Les conditions d’application sont alors primordiales. «Il faut que les altises soient présentes dans la parcelle. Il faut aussi limiter le risque de volatilisation. La meilleure période pour traiter est la fin de journée.» L’intervention peut être déclenchée au niveau de risque moyen (grille Arvalis), avec une solution à base de Lambda Cyhalothrine (ex : Karate Zeon à 0,075 l/ha), et à risque élevé avec par exemples : Trebon 30 EC à 0,2 l/ha dès les premières attaques ; Karate Zeon (ou équivalent) à 0,075 l/ha dès les premières attaques puis Boravi WG à 1 kg/ha ; Karaté Zeon (ou équivalent) à 0,075 l/ha en double application. Arvalis a aussi testé différentes nouvelles modalités dans des micro-parcelles d’essais, notamment avec des produits de biocontrôle. «Ce sont des pistes intéressantes à travailler qu’il faut tester à plus grande échelle.»

 

À bas les adventices !

Pour lutter contre les adventices, la réglementation en matière de solutions a évolué. «L’Emblem Flo a disparu, mais l’homologation de l’Allie SX, une solution de post-levée à action systémique, est une solution», note Cynthia Torrecillias, ingénieure régionale. Un essai a été conduit sur le plateau du Neubourg, dans l’Eure. Sa note d’efficacité est comprise entre 80 et 85 % lorsqu’il est associé (Allie SX 15 kg/ha + Metiss 0,25 l/ha, ou Lontrel 100 0,6 l/ha, ou Gratil 15 g/ha). Elle frôle même les 100 % lorsqu’un traitement de pré-levée a été réalisé en amont. «Plus on intervient tôt sur les adventices dans les linières, mieux on arrive à les contrôler», conclut Cynthia Torrecillias.

Des stratégies post-levées ont aussi été menées à Reviers (14) et à Ramburelles (80). Au bout de deux années d’expérimentation, Arvalis ne recommande pas la spécialité Fox. «Elle manque de sélectivité sur la culture de lin fibre et peut même cause une perte de rendement.» L’Allie SX peut être envisagé, mais des précautions sont à prendre pour optimiser son efficacité : «appliquer sur un lin bien enraciné, à une température supérieurs à 0°C, éviter les traitements sur sols asphyxiés, mal ressuyés, en alternance gel/dégel et sur plantes déchaussées. Le volume de bouillie doit être de 100 à 300 l/ha. Sur vivaces, privilégiez un volume compris entre 250 et 300 l/ha.»

 

Désherbage mécanique, quelle faisabilité ? 

Le désherbage mécanique, lui, reste complexe. Arvalis a créé le modèle J-Dispo, pour calculer le nombre de jours disponibles pour un désherbage mécanique. Le sol doit être suffisamment ressuyé pour éviter la compaction, et les conditions après le passage doivent être sèches pour éviter le repiquage. Il s’avère que la période pour désherber est faible dans la Somme (entre un et trois jours). «Sous 3 cm du lin, celui-ci risque d’être fragilisé, mais au-dessus de 15-20 cm, le lin peut se mettre sur la caméra GPS de la bineuse. Les stades des adventices entrent aussi en compte : la herse étrille est efficace au stade filament blanc. Au-delà, elle perd de l’efficacité», précise Pauline Bregeon. Les essais ont aussi montré que le désherbage mécanique est efficace sur les dycotylédones à un stade jeune, mais il ne permet pas de lutter contre les vivaces. 

 

Gestion des maladies et de la verse

Oïdium, septoriose et verse ont également causé du souci aux liniculteurs en 2021. La verse a été très souvent constatée. Résultat : 6 qx/ha de lin teillé en moins en moyenne pour les parcelles les plus touchées. L’Heliosoufre S s’avère un bon allié dans la lutte pour la septoriose. «Il a bénéficié d’une dérogation pour la campagne 2021, et nouvelle dérogation sera déposée pour la prochaine campagne», assure Benoît Normand. 

Pour lutter contre la verse, des stratégies de régulation sont à mener. «La maîtrise des techniques culturales constitue la principale méthode de lutte.» Le choix variétal est à faire en tenant compte du contexte pédo-climatique, la densité de semis doit être maîtrisée (maximum 1 600 plantes/m2), et la fertilisation azotée mesurée (au-delà de 10 cm, l’excès d’azote affaibli les lins). «Attention aux interventions avec régulateurs qui affaiblissent le rendement.» 

 

Le replay du webinaire est disponible sur la chaîne Youtube ArvalisTV

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