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Recensement agricole 2020
Des exploitants agricoles de plus en plus âgés

Entre 2010 et 2020, la France a perdu 18 % de ses exploitants agricoles. L’hémorragie va se poursuive puisque un quart des exploitations agricoles étaient dirigées au moins par un exploitant âgé de plus de 60 ans en 2020.

La moitié des exploitations recensées en 2020 en France métropolitaine étaient dirigées par au moins un exploitant âgé de 55 ans et plus.
© Pixabay

En 2020, 496 365 chefs et coexploitants dirigeaient une exploitation agricole en France métropolitaine, selon le dernier recensement agricole. Soit 18 % de moins que lors de la précédente édition en 2010. Parmi eux, un peu plus d’un quart étaient des femmes, une proportion quasi-identique à celle de 2010. Le nombre d’agriculteurs diminue dans toutes les tranches d’âge sauf entre 60 et 75 ans. En termes d’âge moyen peu d’évolution significative : les exploitants avaient en moyenne 51,4 ans en 2020, contre 50,2 ans dix ans plus tôt, soit un an de plus. Même si la part des moins de 40 ans se maintient autour de 20 %, celle des 60 ans et plus est passée de 20 % à 25 % entre les deux recensements.

55 ans et plus sur la moitié des exploitations
Les exploitants considérés comme «séniors» à partir de 55 ans qui sont déjà ou seront concernés par l’ouverture des droits à la retraite dans la décennie à venir, représentent désormais 43 % des effectifs, soit sept points de plus qu’en 2010. Ils sont particulièrement nombreux dans l’Ouest francilien, en Normandie et dans le Sud-Ouest ainsi qu’autour littoral méditerranéen. A contrario, la proportion d’exploitants âgés de 55 ans et plus est plus faible dans les Pays de la Loire et en Bourgogne-Franche-Comté.
La moitié des exploitations recensées en 2020 en France métropolitaine étaient dirigées par au moins un exploitant âgé de 55 ans et plus. Cette proportion était plus élevée en cultures fruitières (55 %) et en grandes cultures (54 %). Elle était également plus importante que la moyenne dans les exploitations de viande bovine (52 %) et en viticulture (51 %). En revanche, elle était plus faible dans le maraîchage-horticulture ou dans les élevages de porcs et de volailles. Autre observation : les exploitations dirigées par un agriculteur «sénior» sont à 60 % des micros ou des petites exploitations, soit six points de plus que celles dirigées par des exploitants de moins de 40 ans. Ces exploitations à la tête desquelles se trouvent des «séniors» sont moins souvent conduites en agriculture biologique (9 % contre 19 %) et moins fréquemment impliquées dans la vente en circuit court (19 % contre 31 %).

Avenir incertain
Parmi les exploitations dirigées par des «séniors», se pose la question de leur devenir pour celles où travaille au moins un exploitant ayant déjà dépassé 60 ans. En 2020, elles représentaient un peu plus d’un quart des exploitations (104 000) et cultivaient 5,1 millions d’hectares. Dans ces fermes, un tiers des agriculteurs concernés ne savaient pas ce que va devenir leur ferme dans les trois prochaines années. Cette incertitude était particulièrement marquée dans les micro-exploitations et se réduisait au fur et à mesure que la taille économique augmentait. Un autre tiers n’envisageait pas pour l’instant leur départ, une tendance plus fréquente chez éleveurs ovins-caprins (40 %), les arboriculteurs (39 %) et les viticulteurs (38 %). Un quart seulement prévoyait une reprise de l’exploitation par un membre de la famille ou par un tiers. Cette part étant plus importante dans les unités de grande taille économique. Enfin peu d’agriculteurs prévoient une disparition de leur exploitation pour l’agrandissement d’autres fermes et encore moins pour un usage non agricole. Ce qui à terme pose la question du modèle traditionnellement familial des exploitations agricoles françaises.

 

Les jeunes plus impliqués dans les circuits courts et en agriculture biologique

Le recensement s’est livré à une analyse des exploitants qui se sont installés entre 2010 et 2020. Sans surprise, ils sont en moyenne plus jeunes (41,7 ans contre 55,6 ans pour ceux qui se sont installés en 2010 ou avant). Les femmes sont mieux représentées 32 % contre 18 % dans la population de ceux qui se sont installés avant 2010. Moins souvent installés dans le cadre familial, ces chefs ont un niveau de formation plus élevé (74 % au niveau baccalauréat, 44 % en formation supérieure contre respectivement 48 % et 22 % pour les autres). Ils sont souvent à la tête de micro ou de petites exploitations dans 61 % des cas (vs 52 %). En effet, ces fermes sont plus fréquemment conduites en circuit court ( 32 % contre 20 %) ou en agriculture biologique (19 % contre 10 %). Logiquement on les trouve davantage dans la production de légumes (42 %) et moins en élevage bovin (19, 18 et 17 % selon l’orientation viande, lait et mixte).
 

Les salariés de plus en plus présents

En 2020, d’après le recensement agricole, 758 000 personnes travaillaient de façon permanente sur les exploitations agricoles en France métropolitaine, soit 208 000 de moins qu’en 2010 (-21,5 %). Ces personnes sont d’abord des chefs d’exploitation et les éventuels coexploitants (65,4 % des actifs permanents). Les membres de leur famille qu’ils emploient représentent 12,1 % des actifs et les salariés non familiaux (22,5 %). L’ensemble de ces actifs assurait 88 % du volume du travail agricole, soit
583 000 équivalents temps plein ou ETP, le solde étant réalisé essentiellement par la main d’œuvre saisonnière ou occasionnelle, soit 75 600 ETP. Le volume de travail total (659 500 ETP) a diminué de 10,8 % en dix ans.
Concrètement sur la période, le travail familial a fortement diminué en lien avec le recul marqué du nombre de chefs, de coexploitants et de permanents familiaux. Le recul atteint -27,5 % en nombre de personnes et -16,5 % en ETP mais il a été partiellement compensé par l’accroissement de l’emploi permanent salarié non familial (+8,2 % en ETP). Cette hausse du salariat, est particulièrement significative dans les formes sociétaires ( EARL, Gaec…) dont le nombre s’est accru de 9,2 % sur la période. Bref, en 2020, 68 % du volume de travail agricole était réalisé dans une exploitation sociétaire.
Parallèlement au développement du salariat, 56 % des exploitations ont eu recours à des prestations de service réalisées par des entreprises de travaux agricoles (ETA) ou un autre prestataire. Un chiffre identique à celui de 2010. Mais le volume de travail externalisé a fortement progressé. Il est estimé à 23 400 ETP dont 14 800 ETP pour les ETA, soit pour cette dernière forme de sous-traitance une hausse de près de 40 % en dix ans. Le recours aux prestataires extérieurs est d’autant plus élevé que le potentiel économique de l’exploitation est important, note le ministère de l’Agriculture.
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