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Des faucheurs volontaires détruisent plusieurs tonnes de semences de tournesol

Ce n’est pas la première fois que l’entreprise RAGT, basée dans l’Aveyron est la cible de militants anti-OGM. Les réactions d’indignation se multiplient.

© Pixabay

Pas moins de 80 faucheurs volontaires se sont introduits dans les locaux de l'entreprise RAGT de Calmont (Aveyron) le 10 novembre. Ils ont détruit plusieurs tonnes de semences de tournesol Vollcano Clearfield qu’ils considèrent « illégales ».

Brandissant des drapeaux des "faucheurs volontaires" et portant une pancarte indiquant « inspection citoyenne en cours », ils ont mélangé ces graines de tournesol avec du maïs afin de les rendre inutilisables.

Ces graines de tournesol ont été obtenues par New breeding techniques (NBT), technique qui a valu à la Française, Emmanuelle Charpentier, le prix Nobel de chimie en octobre 2020. Les NBT permettent de modifier le génome des plantes sans insertion de gêne étranger (transgénèse). Mais ils sont considérés comme des organismes génétiquement modifiés par les anti-OGM.

Cette action intervient deux jours après la décision du Conseil qui, le 8 novembre, a sursis à statuer sur le dossier de la mutagénèse en raison d'une différenciation entre mutagénèse aléatoire in vitro et mutagénèse aléatoire in vivo non conforme au droit européen. Dans sa décision, le Conseil d’Etat renvoie le sujet devant la Cour de Justice Européenne en utilisant une procédure accélérée. Ces mêmes faucheurs volontaires avaient détruit une parcelle de tournesol en août dernier dans la commune d’Ambeyrac (Aveyron). 

La FNSEA réclame justice

« C'est inacceptable dans un État de droit. C'est inacceptable dans une démocratie qui permet à chacun de s'exprimer. C'est inacceptable pour quiconque fait le choix d'une société apaisée, bâtie sur le respect des biens et des personnes et attachée au respect des valeurs républicaines qui fondent le vivre-ensemble », a vivement réagi le 12 novembre la FNSEA.

En appelant « l'Etat et la Justice à réagir vigoureusement à cette multiplication d'actions violentes et illégales », le syndicat agricole majoritaire dénonce également « les messages de ces marchands de peur » qui détruisent le travail de toute une filière. Fustigeant « les fakes news et les mensonges » utilisés par ces personnes « pour créer un climat de suspicion et d'opposition chez les citoyens », la FNSEA demande que le Gouvernement et le Parlement s’engagent dans « une réflexion de fond urgente pour lutter, par des voies législatives et juridiques, contre ce type de propagande insidieuse et dangereuse ». 

Parmi les autres réactions, celle de l’ancien président des JA et député européen Jérémy Decerle qui a fait part de son indignation, le 12 novembre sur Twitter : « Après les bassines, les semences… », regrette-t-il, constatant des « actes irrespectueux » qui « affaiblissent l’agriculture en crachant sur les pratiques actuelles, en saccageant la recherche, et refusant l’innovation et le progrès agroécologiques ».

Un autre élu agriculteur, le député LREM de la Creuse, Jean-Baptiste Moreau a réagi le 11 novembre en apportant son soutien à l’entreprise RAGT : « Mais où se croient ces gens et pour qui se prennent-ils ? », a-t-il écrit sur Twitter, en référence aux auteurs des dégradations qu’il qualifie de « guignols » et de « voyous ». « Cela en dit long sur leur conception de la democratie : tout ce qui est contraire à notre dogme doit être détruit (…) Les pouvoirs publics contrôlent ce qu'il y a à contrôler », a-t-il assuré.

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