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Lutter contre des ravageurs bien trop friands de maïs

À l’occasion d’un webinaire d’automne, plusieurs experts d’Arvalis-Institut du végétal se sont succédé le 9 décembre pour présenter quelques pistes de lutte contre les ravageurs du maïs, avec un focus particulier sur les taupins et corvidés.

Qui veut la peau du maïs français ? Beaucoup de monde, à en croire une enquête de l’institut technique Arvalis qui organisait une rencontre virtuelle sur les ravageurs du maïs le 9 décembre dernier. En première ligne, le taupin reste bel et bien la principale cause de perte de rendement. Seulement, constatent les experts d’Arvalis, «depuis trois ans, nous avons de nombreux retours d’attaques de corvidés et de sangliers». Si ces attaques restent «très localisées» selon Thomas Joly, ingénieur régional Est et animateur de la filière maïs au sein d’Arvalis, «les dégâts sont importants quand ces espèces sont présents dans une parcelle». Dans l’ouest de la France, celle que l’on appelle la mouche des graminées ou mouche des plantules de maïs (geomyza tripunctata) fait aussi de plus en plus de dégâts. À l’opposé, dans l’est du pays, les captures de chrysomèles sont en hausse, de même que les dégâts liés à la prolifération de ce petit coléoptère. Dans une zone qui s’étend du grand sud-ouest au sud, alors qu’on note une pression des foreurs en baisse, «nettement plus modérée que lors de la campagne précédente», les sésamies ont fait leur apparition en fin de cycle. 

 

Pas de solution «miracle»

Pour lutter contre chacune de ces menaces, une succession de spécialistes travaillant ces sujets au sein d’Arvalis-Institut du végétal viennent expliquer qu’il n’existe pas de solution miracle et que les conséquences peuvent être graves. En ce qui concerne le taupin par exemple, Romain Tscheiller (Poitou-Charentes) constate que 10 % de pieds de maïs attaqués entraînent une diminution du rendement comprise entre 5 et 10 qx/ha. Comment le combattre ? «Ce n’est pas évident parce que le taupin a un cycle long, explique l’ingénieur. Différentes solutions ont été testées, notamment en Bretagne, mais les analyses de résultats sont en cours.» Ce qui est sûr, c’est que chacune des solutions testées (tefluthrine en TS, cyperméthrine, lambda-cyalothrine…) a un coût. L’utilisation de diffuseurs est par ailleurs «conseillée» pour améliorer la protection. Également testées, les plantes-appâts restent à ce jour «une piste de travail». Le principe ? Associer certaines plantes à la culture du maïs pour attirer le taupin sur ces premières et ainsi le détourner du maïs. Pour Romain Tscheiller, «il s’agit sans doute d’une technique d’avenir mais il faut encore travailler sur le positionnement de ces plantes, le choix des espèces et le mode de destruction».

 

Contre les corvidés

Si les semis 2021 ont été «relativement épargnés» selon Anne-Sophie Colart parce qu’ils ont été «groupés», d’une manière générale, les dégâts causés par les corvidés sont chaque année une préoccupation pour les agriculteurs. Sans plus attendre, les experts d’Arvalis rappellent l’importance de la déclaration administrative des dégâts pour contribuer au classement du corbeau comme espèce nuisible. Et ensuite permettre les opérations de régulation par le tir. Au champ, plusieurs leviers agronomiques peuvent être employées pour réduire la prédation : éviter «tant que possible» les semis décalés dans l’espace et dans le temps ; soigner la préparation du sol ; rappuyer correctement la ligne de semis et, enfin, privilégier un semis suffisamment profond (4-5 cm au minimum). Enfin, dans un contexte de forte prédation, Arvalis recommande l’utilisation de semences traitées avec le répulsif Korit 420 FS. Si son utilisation est remise en question depuis plusieurs années, on devrait néanmoins encore pouvoir y avoir recours en 2022. Arvalis note que si son efficacité est démontrée, elle reste toutefois insuffisante en cas de fortes attaques. «Utiliser Korit n’est pas une assurance contre les dégâts, mais c’est une solution efficace par rapport à d’autres», analyse Anne-Sophie Colart. Et cette dernière d’évoquer un sujet «préoccupant. Du jour au lendemain, on peut se retrouver sans protection». À l’avenir, «il faudra sans doute combiner différentes techniques», estime l’ingénieure régionale des Hauts-de-France chargée du suivi des pathologies végétale, céréales à paille et maïs ; ce qui n’est pas sans rappeler ce que l’on constate déjà au sein d’autres filières.

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