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Faune sauvage
Des nichoirs à mésanges pour lutter contre les chenilles processionnaires

Les Fédérations des chasseurs des Hauts-de-France mettent à disposition quelque 20 000 nichoirs dans le cadre de d’une action de lutte coordonnée, avec le soutien de la Région Hauts-de-France, de l’Office Français de la biodiversité (OFB) et de la Fédération Nationale des Chasseurs (FNC).

Les chenilles processionnaires sont un véritable problème sanitaire dans la région des Hauts-de-France. Outre les dégâts occasionnés sur les arbres qu’elles dévorent, leurs poils urticants se disséminent dans l’air, provoquant de véritables gènes. Pour lutter de manière naturelle contre ce nouveau fléau – la région des Hauts-de-France connait une recrudescence saisonnière des chenilles processionnaires depuis 2020 –, la Fédération des chasseurs des Hauts-de-France met en place la distribution de nichoirs à mésanges. La mésange figure en effet au rang des meilleurs prédateurs de la chenille processionnaire. L’opération de fourniture des nichoirs à mésanges bénéficie du soutien financier de l’OFB, de la Région Hauts-de-France et de la Fédération nationale des chasseurs.

Deux types de chenilles
Il existe dans la nature deux types de chenilles processionnaires : la Processionnaire du pin (Thaumetopea pityocamp) et la Processionnaire du chêne (Thaumetopoea procession). Depuis le 27 avril 2022, ces deux espèces sont connues pour leurs chenilles classées «nuisibles pour la santé humaine». L’adjectif «processionnaire» vient de leurs déplacements en file indienne. Grégaires, ces chenilles tissent des nids de soies dans les arbres et en sortent la nuit pour en manger les feuilles. Les deux espèces se différencient par leur couleur : du brun orangé pour la chenille du pin et du gris argenté pour la chenille du chêne. Leur taille peut atteindre 4 centimètres en plus des poils urticants. D’après la Fredon Hauts-de-France, l’espèce la plus présente dans la région est la chenille processionnaire du chêne, «mais la chenille du pin est également présente», d’où «l’importance de surveiller le développement de ces espèces».

Un contact dangereux
La dangerosité des chenilles processionnaires, qu’elles soient du pin ou du chêne, est liée à la volatilité de leurs soies urticantes. Le souffle du vent ou un simple contact suffisent en effet à ce qu’elles se détachent. Elles sont à l’origine de fortes démangeaisons, de conjonctivites, de vomissements, de troubles respiratoires ou d’allergies. Si la plupart de ces symptômes s’estompent après quelques jours, ils peuvent être graves dans certains cas, notamment en cas d’exposition prolongée.
La mésange, pourtant, semble ne pas y être sensible. Elle fait même de la chenille processionnaire l’un de ses repas favoris. Qu’elle soit bleue ou charbonnière, la mésange est en effet le seul prédateur à en consommer à tous les stades larvaires. Pour alimenter ses oisillons, une famille de mésanges peut consommer jusqu’à 500 chenilles quotidiennement. «Favoriser le plus possible les mésanges dans les zones de recrudescence de chenilles processionnaires est un moyen de lutter naturellement contre ces insectes nuisibles», rapporte la FRC des Hauts-de-France. De quelle manière ? En installant des nichoirs qui serviront à «sédentariser» les mésanges à proximité des arbres. La pose des nichoirs – communes et particuliers peuvent bénéficier de l’opération –, doit se faire au début de l’automne, à une hauteur minimum d’1,8 m. Le trou d’entrée devra être orienté de manière à abriter la couvée des vents dominants et des rayons du soleil. Le nichoir devra enfin être correctement fixé à un arbre pour éviter tout mouvement. Ensuite ? Il n’y a plus qu’à observer et laisser les mésanges faire leur mission de régulateur naturel.

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