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Des plantes fourragères aux bénéfices multiples

Pour chaque situation, il existe des plantes adaptées, des itinéraires culturaux possibles et des modes d'exploitation envisageables, rappelle le Gnis.

Une grande diversité d'espèces et de variétés permet de répondre aux attentes des éleveurs.
Une grande diversité d'espèces et de variétés permet de répondre aux attentes des éleveurs.
© Gnis




Sur les 10 millions d'hectares de prairies naturelles en France, au moins la moitié ne pourront jamais être des terres, à proprement parler, cultivées. Les causes sont multiples et cela peut être dû à des raisons pédoclimatiques, de relief, de sources, de roche, ou encore à d'autres contraintes naturelles. Les graminées et les légumineuses fourragères sont cependant capables de valoriser ces espaces pour l'alimentation humaine, par l'intermédiaire de l'animal et, de surcroît, en denrées de grande qualité diététique : viande rouge et produits laitiers les plus variés.

L'avis d'une diététicienne
«Les produits carnés offrent des protéines en bonne quantité (20 gr pour 100 gr de viande rouge, soit 30 % des besoins journaliers) et surtout de bonne qualité. Les protéines d'origine animale sont très bien assimilées par l'organisme permettant, entre autre, le maintien de la masse musculaire. Nous y retrouvons aussi du fer et des vitamines du groupe B, dont la B12, indispensable au transport sanguin de l'oxygène et totalement absente des aliments d'origine végétale. Le lait et ses dérivés sont notre principale source de calcium, essentiel au maintien de notre capital osseux. ¼ de litre de lait recouvre ¼ de nos besoins en calcium. Le lait, c'est aussi des protéines de bonne qualité : 32 gr/litre», déclare Marie O, diététicienne.
Il est important d'intégrer cet aspect des choses, car si la France subvient aux besoins alimentaires humains en calories, elle ne subvient pas en matière de protéines, que ce soit pour l'alimentation humaine ou animale. Le pays est même nettement déficitaire.

Un équilibre énergie et protéines
Les graminées et les légumineuses fourragères produisent une alimentation non seulement la mieux adaptée à l'herbivore, mais aussi presque toujours équilibrée en énergie/protéines. D'autre part, les prairies assurent des fonctions essentielles pour l'environnement. Elles contribuent à la gestion de l'eau, au stockage de carbone, à la biodiversité des insectes, de la faune et de la flore. Elles sont également une composante importante des paysages et du cadre de vie.
La productivité, voire l'intensification, est tout à fait compatible avec ces préoccupations environnementales et sociétales. Elle devient aussi une nécessité face aux besoins de l'humanité qui augmentent et aux surfaces agraires qui régressent.
Pour chaque situation, il existe des plantes adaptées, des itinéraires culturaux possibles et des modes d'exploitation envisageables. Ces contraintes peuvent être liées à des excès ou des déficits d'eau, prolongés ou de courtes durées, exceptionnels ou réguliers. Mais les contraintes peuvent aussi porter sur les températures, froid en hiver, canicule estivale. Enfin, le mode d'exploitation envisagé, pâturage, fauche ou mixte, finira de déterminer les bonnes espèces à choisir.

Des techniques simples pour favoriser les bonnes espèces prairiales
Pour que ces espèces sélectionnées et adaptées au contexte climatique expriment leur potentiel, il ne faut pas négliger de raisonner la fertilité. Cette fertilité est d'abord liée à l'activité biologique du sol qui, elle-même, est liée au pH et aux échanges d'air entre l'air atmosphérique et l'air du sol. Une trop forte accumulation de matières végétales peut former une barrière étanche à ces échanges gazeux. Le hersage, en réduisant cette litière, peut permettre de restaurer une bonne activité biologique et faciliter l'activité des vers de terre. Ces derniers assurent des fonctions essentielles. Ils brassent les différents horizons du sol et leurs galeries aèrent, drainent et favorisent l'enracinement profond. Avec l'activité biologique, des amendements peuvent être envisagés sous forme organique ou minérale. Il ne faut pas oublier que pour chaque tonne de matière sèche produite, il a fallu 25 unités d'azote, 8 unités de phosphore et 28 unités de potasse. Il ne s'agit pas là d'une préconisation d'apport ! Il faut tenir compte de la restitution des déjections des animaux, de leur répartition et, enfin, de la présence de légumineuses.
Ces sols sont souvent difficiles à semer. Des interventions trop profondes peuvent perturber le bon équilibre de la vie du sol. Des solutions existent : semis direct avec ou sans désherbage total ou sélectif. Il est possible d'utiliser des matériels divers et variés tels que les semoirs à disques ou encore les semoirs sur herses de prairie et tout cela sans labour. Quatre règles simples sont essentielles pour réussir une implantation : chaleur suffisante, humidité, bon contact terre-graine (enfouie à 1 cm) puis un accès facile à la lumière pour les premières feuilles afin que les jeunes plantules puissent faire de la photosynthèse.
On peut donc résumer l'amélioration de ces nombreuses surfaces prairiales en cinq points : éliminer les causes de dégradation, introduire des nouvelles espèces adaptées aux contraintes naturelles et à l'utilisation, créer des conditions de fertilité optimum, adapter le mode d'exploitation (stade de l'herbe, hauteur au pâturage, déprimage) et aménager les parcelles : chemin, points d'eau, zones d'ombre, rigoles si nécessaire.

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