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Des retenues d’eau possibles sous conditions

Le directeur de l’Agence de l’eau Artois Picardie, Thierry Vatin, n’est pas foncièrement contre la possibilité de créer des retenues d’eau pour lutter contre les phénomènes de sécheresse, mais pose ses conditions.

Avant de donner son aval ou non à la création de retenues artificielles d’eau, l’Agence de l’eau Artois Picardie aimerait travailler le sujet de ses différentes utilisations et les moyens de les réduire.
Avant de donner son aval ou non à la création de retenues artificielles d’eau, l’Agence de l’eau Artois Picardie aimerait travailler le sujet de ses différentes utilisations et les moyens de les réduire.
© Pixabay



Créer des retenues d’eau pour collecter les eaux pluviales et permettre aux agriculteurs de poursuivre leurs travaux d’irrigation lorsque les besoins s’en font sentir, c’est l’idée défendue avec force et depuis longtemps par la profession agricole. En août dernier, l’association des irrigants de France rappelait ainsi que «l’irrigation et le stockage de l’eau sont des solutions pour prévenir et lutter contre les incendies de forêt». Mais l’expérience vécue dans plusieurs régions de France – Caussade, Sivens - est là pour le rappeler : pas facile d’envisager un projet de construction de retenue d’eau sans s’attirer les foudres d’associations environnementales, de collectifs d’opposants en tous genres ou de pouvoirs publics locaux.

«Pas de réponse unique»
Dans la région Hauts-de-France, si l’Agence de l’eau Artois Picardie ne s’oppose pas de manière formelle à la création de retenues d’eau artificielles, son directeur Thierry Vatin émettait quelques réserves sur le sujet, en ce milieu de semaine, à l’heure de présenter le lancement une démarche de concertation autour du futur Schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux 2022-2027 sur le bassin Artois-Picardie : «La réflexion est nécessaire. Il n’y a pas de réponse unique, a ainsi déclaré M. Vatin. Ce qui est sûr, ce que l’on ne peut pas gérer la ressource comme on l’a fait jusqu’à présent.» Partant de ce constat, le responsable de l’Agence de l’eau Artois-Picardie dit vouloir organiser une concertation la plus large possible, sans dogmatisme : «Il ne faut pas être des ayatollah, d’une manière ou d’une autre.» «Si on crée des retenues d’eau, poursuit M. Vatin, on doit le faire de façon judicieuse.»

Partage et économie de la ressource
Pour cela, assure le directeur de l’Agence de l’eau Artois Picardie, «dans les secteurs en tension, il faut que tout le monde se mette autour de la table et que l’on regarde les ressources et les besoins». Prudent dans ses réponses, il rappelle son inquiétude face au risque de rupture du grand cycle naturel de l’eau : «Le risque de laisser chacun capter l’eau dont il a besoin en ne considérant que ses besoins est de rompre le grand cycle de l’eau et de ne plus permettre la recharge des nappes», a-t-il défendu. Et de citer d’autres alternatives à la création de retenues d’eau, à commencer par une utilisation de la ressource plus raisonnée ou l’aide à l’investissement dans des matériels plus économes. Pour l’Agence de l’eau Artois-Picardie, cette seconde option pourrait s’accompagner de la mise en œuvre d’appels à projets dédiés. Quant à Irrigants de France, le discours est pour le moins tranché. En août, l’association appelait ainsi «à libérer la réalisation d’infrastructures de stockage d’eau dans le cadre des projets de territoire afin que ces ouvrages, certes garants de l’activité agricole, soient aussi au service de tous les usager». Ce qui constitue en l’état au moins un point d’accord avec les Agences de l’eau.

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