Aller au contenu principal

Semences
Des semences fourragères séduisantes, mais délicates

Les associés du Gaec du Bois Roland, à Laleu (80), cultivent de la semence fourragère pour la première année. Une production exigeante, qui leur permet de diversifier l’assolement et les revenus.

Matthieu Pegard et ses associés produisent des semences de ray-grass anglais et de trèfle de Micheli (photo) pour la première année. «Cette culture nécessite du temps, surtout à la récolte», prévient-il.
Matthieu Pegard et ses associés produisent des semences de ray-grass anglais et de trèfle de Micheli (photo) pour la première année. «Cette culture nécessite du temps, surtout à la récolte», prévient-il.
© A. P.



Quelle première année ! Matthieu Pegard, Romuald Caure et Olivier Parcy, associés du Gaec du Bois Roland, à Laleu, récoltent 10 ha de ray-grass anglais fourrager et 2,60 ha de trèfle de Micheli pour la première fois cette année, plus de la fétuque sous couvert de pois, qui sera récoltée l’an prochain. Et pour les deux premières productions, l’opération s’avère réussie, puisque l’année est «exceptionnelle pour les semences fourragères», assurent les professionnels du secteur, notamment grâce à la chaleur qui a écarté les risques de maladie en fin de cycle.
«Nous cherchions une nouvelle tête d’assolement dans nos terres blanches, pour remplacer le colza. Celui-ci rencontre des problèmes de résistance aux altises, et nous plafonnons en rendement», explique Matthieu Pegard. Noriap activité SFP (semences fourragères de Picardie) cherchait de nouveaux producteurs, et les agriculteurs ont saisi l’opportunité. Eux faisaient déjà de la semence de céréales. Les fourragères les ont séduits : «Elles sont semées en septembre et sont récoltées à la moisson. Elles offrent donc un couvert dix mois de l’année, donc agronomiquement, c’est intéressant. Le Ray-grass anglais nous offre aussi une production de fourrage pour notre élevage de cent mères charolaises.» Les 40 ha de colza cultivés il y a encore quatre ans ont ainsi été réduits par deux, et les
20 ha de blé sur blé qui subsistaient dans la rotation ont pu être supprimés.

Du temps à consacrer
Mais Matthieu prévient : «Les semences fourragères sont une diversification intéressante, mais une culture délicate, qui nécessite du temps. Tout le monde ne peut pas se lancer dans le ray-grass !»
Premier critère à respecter : semer dans une terre propre, bien préparée, de la même manière qu’une terre à betteraves, assez plate et fine. «La problématique des semences fourragères est le vulpin. Le désherbage est donc un élément important.» Mathieu a bénéficié des conseils avisés des techniciens de Noriap activité SFP pour gérer les traitements. «Je me suis senti bien accompagné. C’est important, car une nouvelle culture soulève toujours des questions. D’autant que je ne connaissais pas les produits à utiliser.» Cinq passages ont été nécessaires : deux désherbages, un régulateur et deux fongicides.
Mais la partie la plus coûteuse en temps est la récolte. «Elle se fait à la moisson, donc il faut être certain d’avoir le matériel disponible.» Au Gaec du Bois Roland, un arrêt de contrat en blé a justement permis de dégager du temps pour se consacrer aux semences. Reste que l’opération nécessite de la précision. «Les graines sont très fines et légères. Le réglage de la moissonneuse doit être juste», ajoute Matthieu. Lui a pu bénéficier d’une formation sur le sujet en juin, avec SFP, et un technicien était présent le 22 juillet, pour le premier jour de récolte.
La valeur ajoutée apportée à l’exploitation ? Il est encore tôt pour le dire, mais les agriculteurs ont bon espoir, puisque la qualité et le rendement sont au rendez-vous. Ils ont d’ailleurs prévu d’augmenter un peu les surfaces pour la prochaine campagne.

L’assolement

159 ha de blé
38 ha de pommes de terre fécules
31 ha de lin
28 ha de betteraves
18 ha de colza
14 ha de pois
11 ha d’avoine (semences)
10 ha de ray-gray anglais (semences)
8 ha d’escourgeon
2,60 ha de trèfle de Micheli + surfaces fourragères

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout {nom-site}.

Les plus lus

Au coeur de nos terres avec Mathilde Seigner
« Au cœur de nos terres » et les tensions du monde agricole sur France 2

Entre drame familial et enjeux fonciers, la fiction « Au cœur de nos terres » met en lumière les fragilités et les…

Prix 2026 : la douche froide pour les producteurs de Vecquemont

L’industriel Roquette a précisé le prix de base des pommes de terre fécule pour 2026. Comme attendu, car annoncé lors de l’…

Rencontres, dégustations et animations : le stand de la Somme attire petits  et grands au Sia.
La Somme à l’honneur au Salon international de l’agriculture 2026

Pour la 3e année consécutive, la Chambre d’agriculture de la Somme, en partenariat avec le Conseil départemental,…

Rima Hassan insulte Laurent Duplomb
PPL Duplomb : une députée LFI préfère l’insulte au débat

La proposition de loi du sénateur Laurent Duplomb sur la réautorisation de certains produits phytosanitaires ravive un débat…

À Mouflers, trois listes pour 96 habitants

À Mouflers, 96 habitants et certainement moins de 80 votants, remporter la mairie tient presque du concours de popularité… et…

Olivier Parcy : «Nous ne sommes pas récompensés financièrement des services que rend l’élevage à l’environnement. Pourtant, les prairies humides sont des puits de carbone.»
Olivier Parcy et ses charolaises portent la vallée de la Somme au sommet

En moyenne vallée de la Somme, une prairie fauchée des marais de Fontaine-sur-Somme a interpellé le jury départemental des…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 1 € par semaine
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Action Agricole Picarde
Consultez les versions numériques de l'Action Agricole Picarde et du site, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de l'Action Agricole Picarde