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Betteraves
Déterrage des betteraves : la montée de l'avaleur

Débat à l'assemblée générale du syndicat betteravier de la Somme.

Les constructeurs ont présenté leurs avaleurs de silos.
Les constructeurs ont présenté leurs avaleurs de silos.
© AAP

La seconde table ronde était consacrée au déterrage. En Picardie, 83% des betteraves sont aujourd'hui déterrées et ce pourcentage devrait encore croître sachant que SVI était le seul industriel à ne pas déterrer. La France se distingue en la matière puisqu'elle est le seul pays betteravier où la trémie est très majoritairement utilisée. Néanmoins, l'avaleur commence à prendre une place appelée à se développer. Il y en aura 23 en service cette année pour un peu plus de 80 trémies. Les représentants des trois constructeurs de ce type de matériel : Ropa, Grimme (Kleine) et Holmer ont chacun à tour de rôle présenté les caractéristiques de leurs avaleurs qui étaient par ailleurs exposés  sur le site. Aujourd'hui, les avaleurs sont proposés en 10 m de largeur ou 8 m avec vis découpeur de tas.
Martial Amourette, patron de l'entreprise de travaux agricoles Picardie récolte, travaille avec des avaleurs. Il a témoigné sur l'utilisation de ce matériel. Il y voit plusieurs avantages : économie de carburant (un seul moteur) de personnel (un chauffeur qualifié en moins, celui de la grue), plus de sécurité dans l'utilisation, moins de gêne dans les déplacements sur route, l'avaleur roule plus vite qu'une grue.
Les problèmes, "toujours les mêmes", dit-il, c'est la distance entre les silos et les camions, les fonds de silos souvent irréguliers, la qualité d'arrachage : avoir des betteraves les plus propres possible au départ car le déterreur ne fait que la moitié du travail. La visibilité routière est un autre problème soulevé : "il faut placer le silo en se souciant du positionnement des camions et des autres usagers de la route". Dans le même ordre d'idée, il déplore que l'accès au silo est souvent difficile et ne facilite guère le chargement. "Il faut 15 m d'espace vide autour du silo", insiste-t-il.
Du point de vue coût, l'Asbs a calculé que l'avaleur revient à 1,10 euro la tonne de betterave déterrée, alors que l'on arrive a 1,25 euro pour le tandem trémie grue. Ce qui ferait, à raison de 20 Mt de betteraves déterrées en France en 2012, une économie de 3 millions d'euros. Mais cette économie bénéficie essentiellement aux industriels.
"Il nous faut là aussi discuter sur un plan interprofessionnel pour partager les avantages et inconvénients de l'utilisation de ce type de matériel", commente Dominique Fiévez, président de l'Asbs. "On est habitué à la trémie, plus souple et plus adaptable, mais il faut reconnaître une meilleure qualité de déterrage avec l'avaleur".

Simplification des réceptions :  une expérimentation en 2013

Lors de la dernière campagne, la tare collet a beaucoup augmenté (voir encadré page précédente). "Nous avons du intervenir dans certains cas. Cela a permis de relancer le dossier récurrent de la simplification des réceptions", a déclaré Dominique Fiévez, lors de l'assemblée de l'Asbs. "Après la fin de non recevoir des industriels en 2011, nous avons trouvé une solution pour ne plus avoir de discussions sur ce sujet. Il s'agit de forfaitiser la tare collet, Ce n'est pas l'achat de la betterave entière, mais un calcul permettant de respecter l'équilibre économique entre les planteurs et les industriels", a-t-il indiqué.
Ce calcul part de la tare collet moyenne des cinq dernières années. On mesure ensuite l'écart de richesse entre la betterave décolletée et non décolletée. On tient compte aussi du taux de betteraves malades.
"Bien entendu, il revient aux planteurs de s'assurer de la qualité des betteraves livrées, c'est à dire correctement effeuillées, qualité que l'on observera sur la table de tri en sortie de laveuse. Cette observation se fera sur un échantillon réduit. Le prélèvement sera fait avec une seule sonde au lieu des trois", précise Dominique Fiévez. "La réception gagnera ainsi en fiabilité, il n'y aura plus d'intervention manuelle, et elle sera facilement contrôlable par la présence ou non de feuilles".

Attin va tester le système
Tereos et Cristal Union vont expérimenter cette simplification à titre dérogatoire la prochaine campagne : à Attin et Lillers d'une part, à Sillery et Erstein d'autre part. Et cette expérience fera l'objet d'un suivi interprofessionnel.
"Je suis optimiste. Ce qui va être pratiqué est proche de nos demandes. On pourra étendre le prélèvement à une sonde à condition que le déterrage soit systématique", a commenté Eric Lainé.
Le président de la CGB a par ailleurs soulevé la question du lavage des échantillons qui est, regrette-t-il, souvent source de contentieux. "Nous avons constaté une amplification des pertes au lavage au fur et à mesure que les betteraves livrées sont plus propres. Nous avons donc demandé au fabricants que l'on réduise l'écartement entre le bord du plateau et le corps de la laveuse. Nous attendons la réponse".

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