désherbage post flufenacet
Disparition du flufénacet en céréales : quelles alternatives ?
En quelques années, le flufénacet est devenu la matière active pivot des programmes de désherbage chimique sur les principales céréales d’automne. On le retrouve dans de nombreuses spécialités commerciales distribuées dans la région, telles que Fosburi, Battle Delta, Trooper, Glosset 600 ou encore Mateno. Avec son arrêt d’utilisation programmé au 10 décembre de cette nouvelle année, les solutions alternatives sont très attendues.
En quelques années, le flufénacet est devenu la matière active pivot des programmes de désherbage chimique sur les principales céréales d’automne. On le retrouve dans de nombreuses spécialités commerciales distribuées dans la région, telles que Fosburi, Battle Delta, Trooper, Glosset 600 ou encore Mateno. Avec son arrêt d’utilisation programmé au 10 décembre de cette nouvelle année, les solutions alternatives sont très attendues.
Un pour un ?
Du côté des solutions de désherbage chimique, les «remplaçants» au flufenacet sont fortement attendus. Deux molécules sont «candidates» à sa succession : le luximo (cinméthyline) et l’isoflex (bixlozone). Annoncées depuis plusieurs années, ces nouveautés devraient être disponibles à partir de l’automne 2027, sous condition de passer les nombreux obstacles à l’homologation.
La chambre d’agriculture teste depuis 2024 des solutions de désherbage sans flufenacet. Illustré dans le tableau ci-dessous, l’essai mené l’an dernier a mis en avant les bonnes efficacités du luximo (l’isoflex n’a pu être testé). Nous retrouvons ainsi la molécule dans les modalités affichant les meilleures efficacités finales, exprimées ici en nombre d’épis de ray-grass présents en fin de cycle de la culture. Le luximo y est toujours appliqué en post-levée précoce, associé ou non, laissant entrevoir différentes associations futures. Dans les conditions de l’année, l’utilisation d’aclonifene en prélevée a marqué le blé, aboutissant à des rendements pouvant être légèrement en retrait. La moyenne de rendement des modalités contenant de l’aclonifene se situe 2,1 qx/ha en dessous de la moyenne de l’essai (81,9 contre 84 qx/ha de moyenne générale). De manière assez surprenante, la stratégie de référence actuelle à base de flufénacet (applications en post-semis de Mateno puis en post-levée de Defi + Celio) déçoit dans cet essai, aussi bien d’un point de vue efficacité que sélectivité. Enfin, il est intéressant de noter que la modalité ne contenant pas de luximo obtient des résultats assez proches des meilleures modalités. Cependant cette dernière se base sur l’utilisation de cinq matières actives, appliquées sur une stratégie en trois passages, avec rattrapage en sortie d’hiver. Les autres modalités (non présentées ici) affichent des niveaux d’efficacités inférieurs (plus de 100 épis de ray-grass en fin de cycle), et des rendements souvent également inférieurs.
En 2026, l’essai en cours sur notre plateforme de Bouchon donne des premières tendances intéressantes. Si le luximo confirme son intérêt, d’autres stratégies alternatives montrent des performances jusqu’à présent quasi équivalentes. Avec des conditions météorologiques automnales plutôt poussantes, les cumuls d’eau reçus par l’essai permettent de nouveau de pointer le manque de sélectivité que peut provoquer l’aclonifene. Ainsi, les modalités ayant reçu cette molécule avant le passage pluvieux accusent des pertes de peuplement de 13 à 20 % (comptage de début décembre). Il est bien évidemment trop tôt pour avancer des conclusions, mais la visite de cet essai lors de notre journée technique promet déjà de beaux enseignements.
La chimie seule ne suffit plus
Bien que des modalités apportent des résultats globalement satisfaisants, on notera tout de même que les populations finales de ray-grass restent significatives et engendrent une nuisibilité indirecte relativement élevée. En effet, avec une concentration d’adventices au minimum d’une vingtaine d’épis de ray-grass/m², l’augmentation du potentiel grainier à la parcelle est inquiétante. Quand on sait qu’un pied de ray-grass peut produire entre 500 et 5 000 graines, la situation peut vite devenir ingérable. La chimie ne peut donc plus résoudre à elle seule la problématique. Le recours aux leviers agronomiques apparaît donc comme le complément indispensable à une gestion durable de l’enherbement. Sur le papier, leur mise en œuvre est fluide. Dans la pratique, cela peut vite devenir un sérieux casse-tête ! Si la réunion des bonnes conditions d’application des herbicides devient un sésame de plus en plus rare et précieux, la planification de mise en œuvre des leviers agronomiques est un cran encore plus complexe. Planifier des décalages de semis sur des parcelles problématiques, des labours ou autres façons culturales permettant des faux semis, peut être fortement chamboulé avec des conditions météo de moins en moins prévisibles. Et le résultat final, une désillusion… Partant de ce constat, la chambre d’agriculture a orienté sa plateforme technique de gestion du désherbage sur cette philosophie de test et d’illustration des leviers mobilisables aujourd’hui et demain au sein de nos exploitations, mais aussi sur les conditions de mises en œuvre de ces dernières. Rendez-vous ce printemps !
SAVE THE DATE
Forte de la réussite d’une première édition en 2023, la chambre d’agriculture organisera le jeudi 28 mai 2026 une nouvelle journée technique sur la gestion des adventices de nos systèmes de culture régionaux.
Avec l’appui de nombreux partenaires, la programmation se veut très diversifiée :
- Une vision large et complète : gestion des graminées et des dicotylédones, sur cultures d’automne et de printemps
- De nombreux leviers abordés : chimiques, agronomiques, robotiques, numériques…
- Des ateliers riches et diversifiés : visites d’essais, démos, mini conférence, ateliers participatifs…
Prenez date dans vos agendas, et venez échanger avec nos experts !
Renseignement : Matthieu Preudhomme : 06 20 03 76 48 ; m.preudhomme@somme.chambagri.fr