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Diversification économique : le credo du groupe Alliance

Après l’assemblée générale de la Cobevial, le 24 juin dernier, focus sur le groupe Alliance, dont le groupement de producteurs porcs et bovins détient 75 % des parts (34 % directement, le reste indirectement).

De g. à dr. : Hubert Parry, président du directoire du groupe Alliance, Eric Bettens, directeur général de la Cobevial, et Hervé Houdrin, président de la Cobevial et du conseil de surveillance du groupe Alliance.
De g. à dr. : Hubert Parry, président du directoire du groupe Alliance, Eric Bettens, directeur général de la Cobevial, et Hervé Houdrin, président de la Cobevial et du conseil de surveillance du groupe Alliance.
© AAP

Certes, les marchés porcins et bovins ne sont pas au beau fixe depuis quelque temps, avec des prix en chute et des exportations européennes subissant les aléas des politiques européenne et internationale (embargo russe prolongé d’un an par Vladimir Poutine en juin dernier, suspension des exportations vers la Grèce depuis une quinzaine de jours, etc.). Que faire ?
Attendre que l’orage passe ou bien parier sur l’avenir ? Le groupe Alliance a choisi. Avec ses douze filiales et deux participations minoritaires (Bigard et Touquet Savour), continue à jouer la carte de la diversification. Une «carte» posée sur le tapis, dès le début, par Jean-Pierre Heusele, celui qui a porté sur les fonts baptismaux le groupe Alliance en 1984, sorte de holding financière de la coopérative. Cette «carte», trente ans plus tard, n’a pas été remplacée par une autre.
Et ça marche, puisque de 2007 à aujourd’hui, le chiffre d’affaires du groupe Alliance a plus que doublé, atteignant les 400 millions d’euros en 2014, toutes filiales confondues, auxquels s’ajoutent les 80 millions d’euros de la Cobevial, et hors des parts de Bigard (4,5 milliards d’euros), premier transformateur de viande du secteur privé en France et partenaire du groupe (ce dernier participe à 29 % du capital de Bigard, ndlr).

Diversification autour de la viande, mais pas seulement
«A l’origine, rappelle Eric Bettens, directeur général de Cobevial, le groupe Alliance s’est construit autour de l’abattage, de la transformation et la commercialisation de la viande». Les magasins de vente au détail et en demi-gros (Centrale frais) sont ouverts d’abord dans la Somme (Ailly-sur-Somme, Amiens, Abbeville), puis un en Seine-Maritime, à Luneray, en 2006. Ils ont rapporté en tout 6 millions de chiffre d’affaires en 2014.
Le groupe franchit ensuite une autre étape. Il se lance dans l’élaboration de plus en plus poussée de la viande (filiale Alliance Elaborés, 95 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2014) et l’acquisition d’entreprises.
Au début des années 1990, il reprend Défial Normival, spécialiste de la transformation des produits carnés, frais et surgelés (60 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2014), puis Interpral-Ulysse (négoce international de produits de la mer, viandes exotiques et gibiers : 55 millions d’euros de chiffres d’affaires en 2014), ou encore 50 % des parts de Charal en 1997.
On retrouve aussi le groupe dans la logistique et les transports frigorifiques, avec sa filiale Frévial (25 millions d’euros de chiffres d’affaires en 2014). De nouvelles incursions sont faites dans les aliments minéraux, la pomme de terre, les légumes, la location de bureaux, de locaux artisanaux, commerciaux, associatifs ou encore les gros poissons, puisque le groupe acquiert des entreprises spécialisées dans chacun de ces secteurs (Ana, Touquet Savour, Sodéleg, Espace Alliance, National, charcuteries Bahier). Autant de filiales acquises, «dans l’ordre des opportunités», dixit Hervé Drouvin, président de Cobevial et du conseil de surveillance du groupe Alliance. «Mais notre cœur de métier est toujours le même, il se réalise autour de l’agro-alimentaire», ajoute Hubert Parry, président du directoire du groupe Alliance.

La stratégie de demain
Mais à trop brasser large, cette diversification ne représente-t-elle pas, à terme, un risque ? «Non, coupe ce dernier. Il suffit de regarder nos résultats. Toutes nos filiales ont progressé dans leurs chiffres d’affaires. La diversification est même un atout, car elle atténue, voire efface les à-coups que peuvent rencontrer les entreprises.» Puis, «toutes ces diversifications apportent aux adhérents de Cobevial (542 en tout, ndlr) la garantie de débouchés pour leur production, celle d’être payé et de recevoir des dividendes (depuis cinq ans, 2,4 millions d’euros, ndlr)», ajoute Eric Bettens.
Reste que, depuis 2009, le groupe n’a pas fait de nouvelles acquisitions. Pourquoi ? «Il n’a pas eu d’opportunités intéressantes, précise le président du directoire, mais les filiales, elles, ont continué à se développer». Et de citer les 13 millions d’euros investis chez Bahier pour la construction d’une plateforme logistique et celle d’une nouvelle unité de production, à Sceaux-sur-Huisne. Ou encore, les 10 millions investis à Foucarmont, dans une chambre froide de 65 000 m3, faisant passer la capacité du volume global à 115 000 m3.
Mais il est fort probable que le groupe relance sa politique d’acquisition sous peu. Quatre dossiers sont actuellement à l’étude. Lesquels ? Trop tôt pour en parler. «Ce que je peux vous dire, concède Hubert Parry, c’est qu’avec les quatre reprises potentielles, on ne se diversifiera pas plus qu’aujourd’hui.» Affaire à suivre.

La Cobevial : chiffres clés

Créée en 1954, la Cobevial est un groupement de producteurs porcs et bovins, historiquement implanté dans la Somme, le Nord-Pas-de-Calais, le nord de la Seine-Maritime et une partie de l’Oise. Son rôle principal est la mise en marché des productions bovines et porcines de ses adhérents, mais aussi l’accompagnement dans le développement de leurs élevages et des suivis technico-économiques.
En chiffres, la Cobevial, c’est 80 millions d’euros de chiffres d’affaires, 542 adhérents éleveurs, 32 salariés, 30 000 bovins, 300 000 porcins, 70 000 tonnes de co-produits pour bovins et porcs, et du matériel d’élevage.
Pour relancer les productions animales, la Cobevial développe de plus en plus ses filières qualité, même si elle ne représente encore que 10 % de l’activité bovine de la coopérative. Exemples : la filière Jeunes Bovins Mac Key, dont le client final est Mac Donald’s, ou encore la filière Blanc-Cœur qui cible les Blondes d’Aquitaine pour les magasins Match.

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