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Du colza bas carbone valorisé auprès des industriels

Le bas carbone fait partie de l’objectif de campagne 2020-2021 de la coopérative NatUp, et cela pour plusieurs filières. Parmi elles, la culture de colza est passée à la loupe en termes de quantité de gaz à effet de serre émise et de carbone stocké dans le sol.

Dans la Somme, 626 g équivalent CO2 sont nécessaires pour produire 1 kg de graines de colza. Des coopérateurs NatUp ont pour objectif de réduire très largement cet impact.
Dans la Somme, 626 g équivalent CO2 sont nécessaires pour produire 1 kg de graines de colza. Des coopérateurs NatUp ont pour objectif de réduire très largement cet impact.
© Pixabay



626 g eq CO2/kg de matière sèche : c’est le bilan carbone de la culture de colza dans la Somme. Autrement dit, 626 g équivalent CO2 sont nécessaires pour produire 1 kg de graines de colza. «Notre objectif est d’accompagner nos coopérateurs volontaires à réduire très fortement ce taux», annonce Anne Plovie en charge du dossier gaz à effet de serre chez NatUp.
Cette initiative intègre en réalité une démarche globale de d’accompagnement de l’amélioration des pratiques des agriculteurs pour un objectif bas carbone de la coopérative isarienne. En juin 2020, NatUp a réalisé une étude auprès de deux-mille producteurs. Elle dispose donc désormais d’un diagnostic initial des pratiques sur la culture du colza. «Sur la base de cette enquête, l’agriculteur sait d’où il part et il peut engager des démarches de progrès qui seront mesurables. Deux domaines sont particulièrement pris en compte : la quantité de gaz à effet de serre émise et la quantité de carbone stockée dans le sol», précise la coopérative. Plusieurs axes de travail ont été identifiés pour améliorer le bilan.  

Fertilisation et rendement liés
Les émissions étant principalement liées aux pratiques de la fertilisation azotée, c’est le levier sur lequel l’action a un impact pondérable et immédiat. «Mais la fertilisation ne peut pas être envisagée sans un objectif de rendement car, dans l’équation du carbone, le rendement est le diviseur», assure Anne Plovie. Entendez que plus le rendement est élevé, plus la quantité de CO2 produit par kg de MS sera faible, et inversement.
Le colza a un besoin d’azote, de phosphore et de potasse important en début de cycle, donc la fertilisation est primordiale. «On encourage donc à utiliser davantage les engrais organiques, le digestat issu de la méthanisation… De plus en plus d’industries agroalimentaires ou de communes peuvent en fournir, et notre travail est de mettre tout le monde en relation.» Autre piste : des solutions nutritives technologiques proposées par les fabricants d’engrais sont évaluées par le service expérimentation de NatUp. On y retrouve de nouvelles techniques d‘enrobage ou de process de fabrication limitant les pertes ammoniacales par volatilisation, par exemple. Une solution qui a déjà fait ses preuves est proposée aux adhérents et pourra contribuer à l’amélioration de leur bilan.
À cela s’ajoutent des outils développés de longue date tels que la fertilisation de précision avec la réalisation d’analyses de sol, assurées localement par le laboratoire de la coopérative (Proxilabo), l’élaboration de plans de fumure (Epiclès) et la réalisation de diagnostics et de conseils en modulation intraparcellaire (Farmstar et beApi).

Stocker du carbone : actions à long terme
Augmenter sa quantité de carbone stocké dans le sol, en revanche, est un travail de longue haleine. La coopérative accompagne également ses adhérents à optimiser leurs pratiques agronomiques, tant sur les assolements que sur le travail du sol. «Ces deux thématiques sont au cœur des réflexions des groupes Explor depuis 2019, qui sont le fruit d’une démarche d’accompagnement de collectifs d’agriculteurs souhaitant travailler ensemble sur de nouveaux projets. Ces agriculteurs mettent en commun leurs idées et expérimentent de nouvelles pratiques avant de les partager avec l’ensemble des adhérents», explique NatUp.
La couverture des sols, enjeu important pour le stockage du carbone, fait partie des sujets abordés : les groupes Explor testent localement des couverts végétaux ou des cultures avec des plantes associées (betterave & féverole, colza & fenugrec, pomme de terre & féverole ...) et les techniques culturales qui les accompagnent (technique de semis, d’entretien ou de destruction).

Des primes à la clé
Réduire son bilan carbone et forcément un atout pour l’agriculteur. Mais l’investissement réalisé mérite d’être récompensé. Dès cette année, cela pourrait être le cas. «Des clients sont prêts à nous acheter plus cher notre colza bas carbone», assure Anne Plovie. Des primes, situées entre 0 et 40 €/t, selon le prix du carbone (marché mondial) et le niveau d’émission de GES, pourront ainsi être versés aux professionnels qui auraient adopté des pratiques vertueuses. Les faibles rendements de cette campagne semblent cependant plutôt décevants, et pourraient impacter le résultat.
NatUp ambitionne d’élargir cette démarche à d’autres cultures prochainement.


Des filières rémunératrices

L’une des clés, pour atteindre l’objectif bas carbone à l’échelle d’une exploitation, est la diversification des cultures. «Ce travail nécessite de disposer d’un débouché à la culture proposée et de la création de filières, mais la faisabilité agronomique doit également être validée», prévient Natup. À ce titre, la coopérative est partenaire du projet Proveg avec Unilasalle, la Région Normandie, l’université de Caen et le lycée agricole d’Yvetot. Ce projet étudie la faisabilité de filières légumineuses en Normandie. Pois, féveroles, lupin, soja et quinoa (même si ce dernier n’est pas une légumineuse), font partie du projet.
«Les légumineuses sont très intéressantes sur le plan agronomique puisqu’elles nécessitent peu d’intrants et permettent de gérer des problèmes de désherbage, ajoute Anne Plovie. Mais ces arguments ne suffisent pas à convaincre les agriculteurs, car les rendements restent très aléatoires et les débouchés peu rémunérateurs.»
NatUp travaille donc à la mise en place de solutions pour lutter contre les aphanomyces, responsables d’une pourriture racinaire des légumineuses, ou contre les bruches, ces petits insectes qui se logent à l’intérieur de la graine, par exemples. Il s’agira ensuite de commercialiser au mieux ces productions. En bref, «leur donner un nouveau souffle».

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