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Du safran sur les crêtes de la Somme

Sur les hauteurs de Lamotte-Warfusée, Anaïs Moineau a achevé sa première récolte de safran il y a quelques jours.



Le saviez-vous ? «Le safran est un anti-stress assez puissant… Beaucoup de gens connaissent le safran pour son utilisation en cuisine, mais peu savent qu’il a des propriétés médicinales», expliquait en milieu de semaine dernière Anaïs Moineau, au milieu de sa safranière installée sur la commune de Lamotte-Warfusée. Jusqu’à l’an dernier, Anaïs était salariée de la FDSEA de la Somme. Mais sa rencontre avec le safran via un proche l’a rendue «amoureuse» de cette plante. L’idée de créer une safranière pour l’exploiter de différentes manières a fini par faire son chemin. Culture à forte valeur ajoutée, le safran lui a permis de s’installer sur une parcelle clôturée de 2 000 m2 au milieu des champs de blé et d’orge. C’est son unique production.

45 000 bulbes plantés


La réussite d’une culture de safran tient d’abord à la qualité du sol : drainant, pas forcément très riche, avec un peu d’engrais. «Étant donné qu’il s’agit d’un bulbe, il pourrit s’il y a trop d’eau.» La plantation s’effectue en été, entre le 15 juillet et le 15 août, à la main – «très peu de producteurs arrivent à mécaniser cette production», constate Anaïs –, à une profondeur minimum de 15 centimètres. La durée de vie d’un bulbe peut atteindre dix ans. La jeune productrice samarienne sait, d’ores et déjà, qu’elle les renouvellera plus précocement. «Je prévois une rotation de trois ans», explique-t-elle. Divisée en deux, la parcelle doit accueillir en alternance bulbes de safran (45 000) et jachère fleurie. Celle-ci sert les intérêts d’un apiculteur installé à quelques centaines de mètres à vol d’abeilles, dans le marais d’Hamel. «La clôture, c’est pour protéger les bulbes contre les sangliers… Ils en sont friands !», explique la jeune femme, en la désignant du doigt. En ce début d’après-midi, les fleurs violacées ont quasiment disparu. Une situation somme toute logique puisque la récolte s’effectue le matin…

Ramassage et émondage à la main
Du début du mois d’octobre «jusqu’aux premières gelées», le ramassage des fleurs s’effectue lui aussi à la main, fleur par fleur, «pour garantir la qualité». Viendra ensuite la phase d’émondage qui consiste à séparer le pistil du reste de la fleur. Pour cette étape, il faut compter trois fois plus de temps que la récolte des fleurs en elle-même. Après l’émondage, les pistils de safran sont séchés puis maturés pendant environ trois semaines à un mois. Côté transformation, les idées ne manquent pas : «On peut en faire de la gelée, du sirop, en incorporer dans du thé, en infusion, en poudre pour colorer un plat…», énumère la productrice. Pour ce qui est de la commercialisation, l’épidémie de Covid-19 et ses conséquences sur l’activité des restaurateurs a quelque peu bousculé les choses. Mais Anaïs s’en accommode et poursuit son travail de marketing pour se faire connaître. D’ici peu, un site Internet lui permettra de commercialiser ses produits. En attendant, c’est sur les réseaux sociaux qu’elle inonde ses pages “La Vallée au safran” de jolies fleurs.

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