Syndicalisme
D’un parlement à l’autre, une grosse manif attendue le 20 janvier à Strasbourg
Face à l’adoption imminente de l’accord de libre‑échange entre l’Union européenne et le Mercosur, les organisations agricoles françaises appellent à une manifestation nationale à Strasbourg, près du Parlement européen, le 20 janvier.
Face à l’adoption imminente de l’accord de libre‑échange entre l’Union européenne et le Mercosur, les organisations agricoles françaises appellent à une manifestation nationale à Strasbourg, près du Parlement européen, le 20 janvier.
Dans un contexte de tensions croissantes et de mobilisations agricoles répétées à travers la France, les organisations agricoles appellent à une manifestation nationale à Strasbourg le mardi 20 janvier 2026, devant le Parlement européen. Cette initiative, portée notamment par la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) et les Jeunes Agriculteurs, intervient au terme de semaines de protestations contre un accord de libre‑échange jugé dangereux pour l’agriculture européenne.
Un traité Mercosur au cœur de la contestation
La principale cause de mécontentement des agriculteurs est l’accord de libre‑échange entre l’Union européenne et le Mercosur. Après des mois de négociations, ce texte a reçu le soutien de la majorité des États membres de l’UE en décembre 2025, malgré l’opposition de plusieurs pays, dont la France.
Pour les syndicats agricoles, cet accord menace directement les exploitations françaises et européennes : il ouvrirait le marché à des produits agricoles importés à bas coût et souvent produits dans des conditions sanitaires et environnementales jugées moins strictes que celles en vigueur dans l’Union européenne. Cette concurrence accrue, estiment‑ils, pèse sur les prix, les filières locales et la viabilité des exploitations.
À leurs yeux, la prochaine étape cruciale se jouera au Parlement européen lors de la plénière des 19, 20 et 21 janvier, où les eurodéputés pourraient décider de saisir la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) pour obtenir une suspension temporaire de l’accord, le temps que sa conformité aux traités soit examinée. C’est précisément pour faire pression sur les députés européens et obtenir cette saisine qu’est organisée la mobilisation strasbourgeoise.
Des mobilisations répétées partout en France
La perspective de l’adoption du Mercosur n’est pas la seule source de frustration. Depuis plusieurs mois, la profession agricole multiplie les actions sur le terrain : tracteurs dans Paris, contrôles symboliques de marchandises importées, blocages et barrages sur des axes routiers, interventions devant des sites logistiques…
Le 13 janvier, par exemple, environ 350 tracteurs ont convergé vers Paris pour exprimer l’exaspération des agriculteurs sur la question du Mercosur et des revenus agricoles, perturbant la circulation et attirant l’attention médiatique nationale.
Des attentes bien au‑delà du Mercosur
Les syndicats rappellent que la mobilisation n’est pas seulement dirigée contre un traité commercial : elle s’inscrit aussi dans une crise structurelle plus large du secteur. Hausse des coûts des intrants (énergie, carburant, fertilisants), normes environnementales jugées lourdes, revenus en tension… Autant de facteurs qui alimentent un sentiment d’abandon et d’injustice parmi les exploitants, notamment les plus fragiles.
La FNSEA et les Jeunes Agriculteurs insistent ainsi sur la nécessité d’« actes concrets et immédiats » de la part des pouvoirs publics, au‑delà de simples déclarations de soutien. L’appel à Strasbourg est présenté comme un message fort adressé non seulement aux eurodéputés, mais aussi à l’ensemble des décideurs publics européens et nationaux.
Un rendez‑vous qui dépasse les frontières nationales
Si l’essentiel de la mobilisation s’organise autour des organisations françaises, les appels à manifester à Strasbourg devraient, selon les syndicats, rassembler également des agriculteurs d’autres pays de l’Union européenne. Des délégations italiennes ou allemandes pourraient ainsi se joindre au rassemblement, soulignant que la question du Mercosur dépasse les seules frontières hexagonales.
La FDSEA de la Somme organise plusieurs départs vers Strasbourg, dans la nuit du 19 au 20 janvier, pour rejoindre la mobilisation. Modalités et inscriptions en suivant le lien ci-contre :
https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLScoDQ7wNsn_v-5fX96awoGWxqGofmS…