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Eclatement du grain à l’ensilage de maïs

Le réglage de l’ensileuse lors du chantier de récolte est un sujet délicat à étudier dans la rapidité du chantier. Il est essentiel d’avoir des repères pour analyser rapidement la qualité du travail.

© D. R.

Que recherche-t-on en priorité ? L’éclatement du grain est la priorité lors du chantier de récolte. Plusieurs tamis ou autre outils permettent d’analyser précisément ce critère, mais il existe une solution bien plus simple. Vous prenez 1 à 2 kg de maïs, vous le mettez dans un seau remplit d’eau. Après avoir mélangé, en laissant reposer, on arrive à séparer les grains (la phase amidon) de la plante. Les grains tombent dans le fond du seau, vous pouvez alors observer l’éclatement de tous les grains.
Une étude produite aux Etats-Unis est en cours de validation en France et indique que 70 % des grains doivent être coupés en quatre minimum pour obtenir moins de 3 % d’amidon dans les bouses (à condition que la ration soit correctement établie). Pour environ 5-8 kg  de MS de bouse par vache par jour, on cherche à obtenir moins de 0,2 kg d’amidon. Cette donnée est analysable seulement en laboratoire. Cependant, s’il y a fréquemment des grains dans les bouses, la valeur est largement dépassée.
Pour parvenir à l’éclatement optimum, il faut tout d’abord ensiler au bon stade, soit 32 % de MS. Vient ensuite la technologie de récolte propre aux constructeurs. Typiquement, le Shredlage est un procédé qui assure l’éclatement du grain en conservant une coupe de maïs longue. Il y a deux intérêts à cette technique : éclater le grain pour assurer l’assimilation de l’amidon par la vache et augmenter la longueur de coupe pour que le maïs ensilage possède une valeur mécanique en faveur de la rumination. Pour le moment, aucune étude ne montre un intérêt économique de la méthode pour l’éleveur entre une technologie conventionnelle et le Shredlage. L’éleveur aura cependant plus d’assurance par rapport à la qualité d’éclatement du grain. Il faut aussi penser aux outils de reprise et de distribution du fourrage pour adapter la coupe.
Attention, il ne faut pas chercher à couper plus long le maïs avec des technologies conventionnelles pour imiter le Shredlage (maximum 18-19mm en conventionnel). La priorité reste l’éclatement du grain et toutes les technologies ne permettent pas d’allonger le hachage et de conserver un éclatement du grain optimum.
Cette année, les taux de matières sèches peuvent être plus élevés à la récolte car une partie de la plante s’est desséchée avec le déficit hydrique estival. Avec un taux de matière sèche plus élevé et plus de feuilles sénescentes, il est judicieux de couper plus court le maïs pour assurer le tassage et la conservation. De même, la technologie Shredlage a été élaborée pour ensiler des maïs qui avoisine les 36-40 % de MS en zone très sèche de l’autre côté de l’atlantique et ce n’est pas pour autant que la longueur de coupe est supérieure à 19 mmm. Pour rappel, on cherche à obtenir un maïs à l’auge coupé entre 12 et 14 mm.
Les conservateurs sont à envisager sérieusement cette année. Si vous hachez à plus de 15 mm un maïs desséché à 50 % ou plus, il est judicieux d’introduire un conservateur. Le conservateur choisi doit permettre une bonne acidification du silo de maïs. L’acide formique est le plus utilisé mais des précautions doivent être prises par rapport à leur effet corrosif. Les bactéries lactobacille (homo-fermentaires) permettront une dégradation rapide des sucres moins présents dans les plantes desséchées.
Les enzymes sont en général associées aux bactéries. Elles permettent de libérer plus facilement les sucres. On les privilégie pour les fourrages pauvres en sucre (luzerne) et ligneux avec une teneur en cellulose plus élevée (récolte tardive). Les bactéries lactobacille (hétéro-fermentaires) vont permettre une inhibition des levures et des moisissures, ce qui permettra un fourrage de qualité si la fermentation s’effectue correctement. On l’utilise quand le fourrage est supérieur à 40 % de MS, présente beaucoup de champignons (moisissures) à la récolte ou en contact avec le sol.
Le sel ne permet pas la fermentation du silo. Il peut cependant bloquer les fermentations butyriques (3kg/m3).

Suivi de matière sèche

Les conseillers de la chambre d’agriculture effectuent un suivi de l’évolution de la teneur en MS des maïs de la Somme. L’année est caractéristique : il faut surveiller les maïs de près car nos repères sont bouleversés.
Les récoltes sont annoncées à partir de la fin de semaine à l’Est d’Amiens. La pluie est enfin arrivée et nos maïs reprennent de l’état, la finition de l’épi se déroulera correctement si la fécondation a eu lieu. Cette année, les repères tombent. La pluie généralisée sur le département autour du 15 août n’a pas fait ralentir l’avancement des maïs. En effet, les situations types comptent 2 à 3 points de MS en plus en huit jours depuis le 7 août. La lentille vitreuse commence à apparaître dans 50 % des cas.
Pour les semaines à venir, peu de pluie est prévue, comptez 3-4 points de MS par semaine. Pour les moins avancées en stade, la récolte s’effectuera après le 10 septembre et l’arrivée à 33 % de MS sera plus lente en septembre qu’en août.
Les situations du Ponthoile non irrigué et de Bethencourt-sur-mer restent autour de 22 % de MS. Ce sont deux maïs qui possèdent très peu d’épis et la plante est desséchée d’un tiers. Dans ce cas, il ne faut pas attendre 35 % de MS sous peine de voir la plante se dessécher entièrement s’il n’y a pas d’eau d’ici fin août.

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