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Elevage : comment baisser les coûts de mécanisation à la ferme

Dans un contexte où l’élevage traverse une crise structurelle et conjoncturelle, l’Institut de l’élevage et FranceAgriMer se sont penchés sur les caractéristiques des élevages les plus résilients en production bovine.

Il est parfois plus rentable de payer un salarié que d’investir dans une nouvelle salle de traite.
Il est parfois plus rentable de payer un salarié que d’investir dans une nouvelle salle de traite.
© GEA


Deux études, un même objectif : connaître les structures d’élevage d’avenir en lait comme en viande. FranceAgriMer a ainsi publié en octobre une étude portant sur «Les systèmes de productions d’avenir pour le lait de vache français», et l’Institut de l’élevage (Idele) a présenté dix ans d’analyse économique de systèmes de production en viande bovine.
Au final, une composante commune à ces deux études apparaît : le poids des charges de mécanisation dans les coûts de production. Et cela grève le revenu des éleveurs. «En moyenne, les charges de mécanisation sont de 80 €/1 000 litres et, pour 25 % des exploitations, elles sont supérieures à 100 €/1 000 l», relève FranceAgriMer. L’Institut de l’élevage note une hausse de 23 % des charges de mécanisation entre 2005 et 2015 dans les élevages bovins à viande et une baisse de 10 % du coût du travail.
En parallèle, dans ces systèmes de production, comme en production laitière, les structures se sont agrandies, avec des gains de productivité importants : + 15 % de SAU, + 15 % de surface fourragère principale, + 16 % de vêlages en dix ans, + 5 % de production de viande vive par unité de gros bovin.

Deux chevaux par ha au lieu de cinq
«Les économies d’échelle attendues sont contrecarrées par les investissements en matériel», souligne Philippe Dimon, chef de projet à l’Idele. «En cette période d’incertitude économique, il faut proscrire les stratégies fiscales s’appuyant sur un renouvellement trop rapide du matériel, observe de son côté FranceAgriMer. Ainsi, il convient de s’orienter vers de nouvelles techniques culturales et de réfléchir aux possibilités de réaménagements de parcellaires.
Dans une exploitation laitière spécialisée, il est possible de travailler rationnellement avec moins de 2 ch/ha alors qu’il n’est pas rare de constater des puissances de 4 à 5 ch/ha. Philippe Dimon justifie cette sur-mécanisation par «une sorte d’assurance pour faire le travail». Le montant élevé des charges de mécanisation dans l’analyse des coûts de production est donc encore aujourd’hui pointé du doigt comme facteur limitant la compétitivité des élevages.

Quelle stratégie alimentaire choisir ?
Les deux études ont aussi mis en avant les charges liées à l’alimentation du troupeau, en hausse elles aussi (+ 29 % en dix ans en élevage bovin à viande). «Il s’agit de définir une stratégie alimentaire et une stratégie fourragère cohérentes entre elles, et avec les caractéristiques de l’exploitation», relève FranceAgriMer, mais aussi Philippe Dimon. Ce dernier constate à ce sujet un recours accru, en dix ans, à l’achat de concentré (+ 30 % en dix ans chez les éleveurs naisseurs) et à l’utilisation «de l’enrubannage et de l’ensilage au détriment du foin».
Les deux organismes se veulent positifs, mais ne définissent pas clairement les systèmes de production d’avenir. FranceAgriMer note cependant que «pour tous les systèmes de production, la baisse du prix du lait est l’aléa le plus préjudiciable, suivi par l’aléa climatique. L’efficience économique et la maîtrise de l’endettement permettent une meilleure résistance aux aléas». Et de consacrer tout un chapitre sur l’importance des aspects humains sur l’exploitation, notamment dans la filière laitière du fait de l’astreinte liée à la traite.

Un salarié moins cher qu’une nouvelle salle de traite ?

Dans le cas de l’installation d’une nouvelle salle de traite, «le coût de l’investissement supplémentaire pour réduire le temps de travail doit être inférieur au coût de celui-ci», relève FranceAgriMer.
Chiffres à l’appui, FranceAgriMer montre ainsi qu’il est parfois plus rentable de payer un salarié que d’investir dans une nouvelle salle de traite. Pour gagner quinze minutes de temps de travail, soit 183 heures/an, le coût d’un salarié couvrant ces heures serait de 2 400 € (salaires + charges-CICE) alors que l’investissement dans une nouvelle salle de traite (type TPA) serait de 3 400 € par an.

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