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Élevage : faut-il encore faire du lourd ?

La flambée du coût des matières premières pose beaucoup de questions. Est-ce réellement intéressant d’engraisser ses vaches, d’aller chercher du poids dans ses taurillons ? Autant de questions qui ne demandent pas qu’une seule réponse… en particulier en cette période de sécheresse et de manque de stock fourrager…

Votre vache part à la réforme : elle a fait une bêtise, elle n’a pas payé sa place cette année ou, tout simplement, c’est la fin de sa carrière ?
Peu importe la raison, la finalité est la même : il faut qu’elle parte !

Un petit calcul s’impose ! Prenons l’exemple de veaux que vous comptez sevrer. Vous les nourrissez en prairie et la pluie n’est pas au programme. Les vaches sélectionnées pour le départ sont «en état» et votre marchand dispose de la place nécessaire pour les emmener à l’abattoir. Vous allez perdre entre 30 et 50 kg concentrés. Alors faisons le calcul.

Scénario n°1 : imaginons une bonne vache à 5,10 €/kg carcasse abattue à 430 kg de carcasse le jour du sevrage. Elle ne vous aura coûté que l’enrubannage ou le foin apporté en prairie, mais finalement qui était destiné au veau. Vous en toucheriez 2 190 €. 

Cette même vache, vous l’engraissez à l’auge avec de l’enrubannage de luzerne, de la pulpe déshydratée et de l’orge (3,40 €/tête/jour). Le sevrage étant toujours délicat, il vous faut 75 jours pour terminer son engraissement. C’est donc 255 € de déboursés et 45 kg de carcasse de plus à 5,10 €, soit 230 € ((430 kg cc + 45 kg cc) x 5,10 €/kg cc = 2 422 € de vente - 255 € d’alimentation = 2 167 €).

Le résultat n’annonce pas de gain, il vaut donc mieux la vendre en l’état car rappelons-le, le plus important est ce qu’il reste !

Scénario n°2 : à l’inverse, dans le contexte où cette même vache ne serait pas en état pour partir à l’abattoir, votre marchand va devoir vous l’acheter à un prix intéressant pour la replacer chez un autre engraisseur. Avant de statuer sur le départ d’une bête, il est donc primordial de faire ce calcul prévisionnel !

De plus, le coût de ration variant d’un élevage à l’autre, si vous êtes couverts sur les contrats d’aliments, le coût de vos fourrages, votre type de ration… et il faut prendre en considération vos stocks fourragers pour ne pas pénaliser le troupeau restant. Chaque situation est différente, d’où l’importance de connaître le poids des animaux, le coût de la ration d’engraissement ainsi que le potentiel de son troupeau.

 

Qu’en est-il pour les taurillons ? 

L’analyse économique du groupe Engraisseurs de la Somme montrait encore en 2021, que c’est en faisant du poids que l’éleveur augmente sa marge brute. Même scénario qu’avec les vaches, entre l’augmentation des charges et le prix des broutards, seul le calcul peut aider l’éleveur à prendre la bonne décision ! 

Le coût de ration est connu tout comme le prix d’achat du broutard : il est donc indispensable de connaître ses croissances et d’anticiper la baisse de GMQ (Gain moyen quotidien) pour savoir à quel moment le coût de la ration au kg de croît devient moins intéressant. L’éleveur doit garder à l’esprit que plus il achète le broutard cher, plus il faudra l’engraisser pour dégager la même marge. 

 

Les broutards, une autre histoire ? 

Attention à ne pas brader trop vite vos animaux ! 

Non, non et non ! Le calcul reste le mot d’ordre encore et toujours. D’autant plus en ce moment, quand le maigre est en baisse. Il ne s’agit pas de vendre quand le marché est à la baisse ! Bien évidemment, il faut pouvoir les garder trois semaines ou un mois de plus, disposer de la place nécessaire et des stocks en fonction.  

Prendre le temps de réfléchir avant de décider !

L’hétérogénéité de la récolte de fourrage pénalise le stock pour l’hiver. Cette nette baisse de fourrages entraîne parfois des ventes prématurées d’animaux et, par conséquent, une moindre valorisation économique. Plus que jamais, il est indispensable de faire le point, par la réalisation d’un bilan fourrager pour prendre les décisions adaptées à la situation de l’élevage. 
Pour toute question ou avis consultatif avant de prendre votre décision, rapprochez-vous de votre conseiller Chambre d’agriculture.
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