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Elevage : gagner en autonomie alimentaire

Le programme Reine Mathilde, après huit années d’essais, livre son bilan et ses enseignements dans le but d’améliorer l’autonomie alimentaire des élevages bovins.

Entre 2011 et 2018, de nombreux essais culturaux ont été mis en place sur trois fermes normandes. Ces résultats peuvent désormais profiter à tous les éleveurs de bovins bio ou conventionnels du territoire.
Entre 2011 et 2018, de nombreux essais culturaux ont été mis en place sur trois fermes normandes. Ces résultats peuvent désormais profiter à tous les éleveurs de bovins bio ou conventionnels du territoire.
© C. D.



Lancé en 2010 par l’Institut de l’élevage, à la demande de la laiterie Les Prés rient Bios, filiale de Danone, le programme Reine Mathilde a pour vocation d’améliorer l’autonomie alimentaire des élevages laitiers normands afin d’encourager les éleveurs à se convertir à l’agriculture biologique.
Devenu depuis un véritable plan de filière, avec de nombreux partenaires (1), le projet a conduit de nombreux essais culturaux sur trois fermes normandes, dont l’une vitrine, celle du Gaec Guilbert à Tracy-Bocage, dans le Calvados, où, sur sept hectares, six thématiques ont été étudiées : associations céréales-protéagineux en grains, associations hyper-protéagineux à ensiler, maïs associé et fourrages de printemps, implantation ou rénovation de prairies, prairies temporaires à récolter et, enfin, prairies temporaires à pâturer.

Beaucoup d’associations
Au total, cent sept modalités ont été testées au Gaec Guilbert : soixante-dix sur cultures annuelles, trente sur prairies. «On a intégré le projet avec pour ambition de devenir autonome et d’améliorer notre système cultural. Auparavant, on conduisait toutes les cultures en pur. Aujourd’hui, on le fait principalement en mélange. Cette année, on teste une association sorgho-haricots», note Carl Guilbert, à la tête, avec son frère Arnaud, d’un troupeau de cent cinquante vaches laitières Prim’Holstein (5 200 l par vache et par an), conduites depuis mai 2011 en agriculture biologique sur 229 hectares (dont 172 hectares de SFP).
«On a commencé par tester des méteils riches en protéagineux à ensiler avec du triticale, du pois fourrager et de l’avoine. Actuellement, ce que l’on cultive le plus, ce sont des associations orge-pois, semées à une densité 60-60 pour ramener de la protéine et des associations triticale-féverole, récoltées en grains, semées à une densité 60-60 et distribuées aux vaches. L’association orge-pois alimente les vaches en production.»
Lorsque les vaches ont du maïs dans la ration, c’est une association féverole-pois protéagineux-pois fourrager à ensiler qui est ajoutée. Elle permet d’apporter davantage d’azote. «Pour la récolte, on utilise une faucheuse sans conditionneur. On en soulève le tapis pour éviter que le pois ne s’accroche sur les côtés.» Un conservateur est adjoint à chaque coupe. L’ensilage est un peu noir quand on le distribue, «mais il n’y a pas de problème d’appétence. Attention également à respecter le temps de séchage au sol, soit de trois jours.»

Trois options pour le semis de la féverole
Trois solutions sont possibles pour semer la féverole. Elle peut être semée à la volée avant labour et semis de la céréale. On peut la semer en même temps que la céréale, avec un combiné de semis mais. Dans ce cas, attention au risque de gel ou de déficit hydrique. On peut aussi réaliser un semis à la volée après un labour, avec semis de la céréale dans un second temps.
L’exploitation a également introduit l’épeautre dans ses rotations. Il est distribué aux petites génisses. «Cela permet de ralentir le transit des veaux pour éviter les diarrhées. Désormais, on implante également 100 % des praires au printemps sous couverts. On a arrêté le semis d’automne, qui ne fonctionne pas sur nos terres.»

(1)Stonyfield France, Chambres d’agriculture de Normandie, Institut de l’élevage, Agronat, Littoral Normand, Association Bio Normande.

En savoir plus

Vous pouvez retrouver les résultats détaillés des essais sur le site de la chambre du Calvados (dans la rubrique publication). Huit thématiques ont été abordées : associations céréales-protéagineux en grains, associations riches en protéagineux à ensiler, association lupin avec céréales, les mélanges prairiaux à pâturer, associations maïs avec plantes compagnes, céréales/maïs et protéagineux cultivés en pur, semis de prairies sous couvert de cultures annuelles.

Le projet continue et va connaître une double extension. Une extension de territoire est une autre technique avec des essais sur le travail du sol, dans le but de le préserver en termes de biodiversité, de préservation de l’eau et de carbone. Des expérimentations relatives au bien-être animal seront également engagées, et ce, sur une durée de trois ou quatre ans.

http://idele.fr/reseaux-et-partenariats/reine-mathilde.html

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