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Elevage : investir pour changer de production

En 2008, Olivier Chemin, installé à Honnecourt-sur-Escaut (59), décide de cesser la production laitière pour se tourner vers l’élevage allaitant. Son expérience démontre l’importance d’anticiper la décision, impliquant de nouveaux besoins techniques.

Pour Olivier Chemin, la réussite de la reconversion d’éleveur laitier en éleveur allaitant reposait sur la construction d’un bâtiment adapté. 
Pour Olivier Chemin, la réussite de la reconversion d’éleveur laitier en éleveur allaitant reposait sur la construction d’un bâtiment adapté. 
© © ACE



Les solutions de logement d’un troupeau laitier ne sont pas toutes adaptées au logement d’un troupeau allaitant. En 2008, lorsque le troupeau Charolais remplace les vaches laitières d’Olivier Chemin, à Honnecourt-sur-Escaut (59), les bâtiments d’élevage de l’exploitation n’étaient pas adaptés. Par conséquent, un bâtiment de stockage est aménagé pour loger les bovins allaitants l’hiver et y mettre les céréales l’été.
Cette solution n’était pas optimale d’après Olivier Chemin : «Le bâtiment était en tôle, aussi bien pour la couverture que pour le bardage. Il y avait beaucoup de condensation et peu, voire pas, de ventilation. Je comparais parfois mon bâtiment à une boîte de conserve !» En 2012, afin de pallier aux problèmes d’organisation, mais aussi et surtout, pour améliorer les conditions d’ambiance et de bien-être, il envisage la construction d’un nouveau bâtiment.
Pour un tel investissement, l’éleveur veut être sûr de faire les bons choix techniques et avoir une vision économique et administrative. «Un accompagnement indépendant permet de se poser les bonnes questions. Les recommandations techniques et le coût sont bien sûr importants, mais ce qui compte le plus dans la conception est la conduite technique du troupeau souhaitée.»
A titre d’exemple, le troupeau de quarante-quatre vaches allaitantes est divisé en deux lots, en fonction des périodes de vêlage. Le projet a donc été conçu pour s’adapter à cette pratique. Le bâtiment comporte deux box vaches, avec chacun un espace réservé aux vêlages et un autre aux veaux. De plus, tous ces parcs et box sont dotés d’un couloir d’alimentation et de surveillance spécifique. «Cette organisation fonctionne aujourd’hui très bien. Les vêlages sont groupés sur deux mois, ce qui me permet d’avoir des lots homogènes, élément essentiel pour adapter la conduite et obtenir une bonne croissance des animaux.»

Améliorer l’ambiance
Le bien-être des animaux est essentiellement lié à la gestion de la ventilation, qui assure une bonne ambiance dans le bâtiment. D’une manière générale, pour le logement de gros bovins, il faut favoriser la porosité avec, par exemple, des bardages brise vent, mais attention aux courants d’air !
Pour limiter ces derniers, une paroi de 2 m en béton protège les animaux. Elle est surmontée d’un bardage bois de 3 m ajouré (planches de 15 cm espacées de 2 cm). Cette solution offre un excellent compromis entre ventilation et protection contre la pluie et les courants d’air.
Pour faire cohabiter les gros bovins et les petits veaux, qui ont des besoins différents, les conseillers et Olivier Chemin ont pris une précaution : «Le couloir d’alimentation de 2 m est suffisant pour que les veaux soient isolés des parois froides. Les conseillers m’ont alerté sur l’importance des ouvertures en faîtières et de les accompagner d’éléments pare-vent. Grâce à tous ces éléments, mon bâtiment est bien ventilé, mais pas froid !»

Pour quels résultats ?
Il est toujours complexe d’estimer la part d’amélioration des résultats résultant du logement. Dans le cas présent, entre 2008 et 2018, grâce au nouveau bâtiment, mais aussi au suivi Bovins croissance, et bien sûr au travail de l’éleveur, les résultats ont réellement évolué : les poids âge type des veaux à deux cent dix jours sont passés de 270 kg à 349 kg. Les index valeur maternelle du troupeau sont passés de 98 à 102. L’IVV troupeau est aujourd’hui de 372 avec une mortalité de 6 %.
Passer de la production laitière à l’élevage allaitant peut parfois paraître «évident». Pourtant, cela nécessite une réflexion importante et parfois des investissements pour parvenir à construire un système cohérent. Pour Olivier Chemin, cette cohérence passait par la construction d’un bâtiment adapté à ses objectifs. «Pour optimiser le temps de travail, j’ai mis en place le groupage des vêlages et l’IA, qui me permettent de limiter la surveillance sur une courte période, tout en bénéficiant de lots de broutards homogènes. Ce qui représente un atout pour leur conduite, leur vente et leur valorisation.»




Les détails du bâtiment qui font la différence

- La zone d’affouragement en paille permet une consommation importante par les animaux
- Les abreuvoirs à boules fournissent une eau propre, tout en évitant les problèmes pendant les périodes de gel
- La caméra au-dessus des boxes de vêlages permet une surveillance à distance à 360°
- L’accès aux parcs à veaux lors de la pesée Bovins Croissance

Investir dans des repères

Dès 2008, Olivier Chemin investit dans le suivi de son troupeau en confiant à Bovins Croissance la pesée des veaux à cent vingt et deux cent dix jours. Les deux premières années, l’objectif d’accroissement du cheptel était prioritaire à l’amélioration génétique. Mais, dès 2010, la mise en place de l’IA en complément de la monte naturelle a permis d’améliorer les capacités laitières et de vêlage. Depuis 2015, tous les veaux sont issus d’IA.

«Avec la première pesée à cent vingt jours, j’évalue les qualités laitières de la mère. Celle à deux cent dix jours me permet de mesurer les croissances au pâturage et m’aide au sevrage. En complément, un conseiller ACE pointe les animaux pour choisir les taureaux d’IA. Une fois par an, je participe à un groupe d’éleveurs dans lequel nous comparons les résultats de chacun en matière de croissance, de mortalité… D’une manière générale, je dirais que, sans les services de Bovins croissance, ce serait pour moi faire de l’élevage les yeux bandés. Pour progresser, je souhaite intégrer l’aspect économique à ce suivi technique pour aborder, par exemple, l’augmentation du prix des pulpes sèches ou l’intérêt économique du retour de l’ensilage de maïs dans la ration.»

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