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Elle crée sa chèvrerie pour s’installer à la ferme

Avec sa chèvrerie, Claire Floury a trouvé l’atelier qui lui correspond pour s’installer avec son mari sur l’exploitation familiale de Sailly-le-Sec. Un projet mûrement réfléchi, beaucoup d’huile de coude et du cœur ont été nécessaires. Il n’y a plus qu’à…

Il y a cinq ans, lors d’une excursion familiale en Normandie, Claire Floury a eu un déclic : elle deviendrait chevrière. Une visite dans une chèvrerie l’a séduite : des animaux proches de l’homme, faciles à manipuler, des aménagements accessibles, peut volumineux… «Mon mari, Nicolas, est installé à Sailly-le-Sec depuis 2004 sur 120 ha, avec un petit atelier d’engraissement de bovins. Nous cherchions une diversification pour que je puisse m’installer aussi sur l’exploitation», confie-t-elle. Aujourd’hui, la mère de famille de deux enfants, qui a travaillé de nombreuses années à l’extérieur, dans un cabinet comptable puis dans un regroupement scolaire, ouvre sa propre chèvrerie, avec atelier de transformation et vente à la ferme. Ne reste plus que l’autorisation de commercialiser à recevoir avant d’ouvrir. Les produits seront aussi  commercialisés à la Ruche qui dit oui de Corbie.
Le projet est mûrement réfléchi. «Nous avons multiplié les visites pour recueillir les témoignages des professionnels et pour étudier les aménagements. On s’est un peu creusé la tête», sourit Nicolas. Le touche à tout du bricolage a presque tout fait lui-même. «L’objectif était de ne pas dépasser les 25 000 E d’investissement». Tout est pensé pour le confort de travail. Le laboratoire et l’espace de vente sont à l’intérieur du hangar, juste à côté de l’enclos des chèvres. Celui-ci est en litière de paille. Pour le curage, environ une fois par mois, une longue barrière en métal permet de regrouper le troupeau dans une partie pour laisser l’accès à un engin. Le quai de traite, encore en construction, est à hauteur d’homme. Une cellule à cailloux a été récupérée pour y stocke 4 t de concentrés. «Il y aura certainement des améliorations au fur et à mesure, mais nous faisons en sorte de construire du solide, qui durera dans le temps

Apprendre en allant 
Quand au métier, Claire l’apprend «sur le tas». Elle a tout de même suivi une formation sur les risques sanitaires en fromagerie et devrait en suivre une autre sur la fabrication du fromage. «Deux chevrettes m’ont été offertes il y a deux ans. Elles ont mis bas mi-avril l’année dernière, et cela fait un an que je les trais.» Dans sa cuisine, elle a déjà expérimenté de nombreuses recettes de yaourts, fromages frais et affinés. «Je cherche à me démarquer, en mettant par exemple au point un camembert et un bleu au lait de chèvre.»
Le troupeau est désormais composé de seize mères, achetées à un éleveur du Pas-de-Calais qui prenait sa retraite, essentiellement des Alpines. «Quelques-unes sont croisées, et nous avons deux Saanens. Les Alpines ont l’avantage de produire un lait riche en matières grasses, parfait pour la transformation en fromage.» La reproduction a été confiée à Réglisse, un jeune bouc de race Alpine. Toutes les mères ont mis bas vers le 15 mars et sont déjà traites. Les treize chevrettes sont conservées pour le renouvellement, puisque Claire espère atteindre vingt-cinq chèvres, qui devraient produire un peu plus de 4 l par jour en pic de lactation. Elles sont traites dix mois de l’année environ, avec un dernier mois à une traite par jour. «Elles seront inséminées en octobre pour une mise bas en mars. On arrête de les traire environ deux mois avant», précise-t-elle.
La jeune chevrière apprend à connaître ses bêtes, avec lesquelles elle passe au moins deux heures le matin et deux heures le soir. «Elles sont affectueuses avec nous, mais agressives entre elles», s’étonne-t-elle encore. Les boiteries sont souvent dues à des coups de corne, mais l’écornage n’est pas envisagé : «c’est une opération délicate, et les cornes sont pratiques pour les manipuler».

Une complémentarité cultures et élevage
Claire a aussi dû trouver la ration la plus adaptée à son troupeau. Les chèvres resteront à l’intérieur, pour une bonne gestion du parasitisme et pour une alimentation régulière, qui assure un goût maîtrisé des produits transformés. «Elles sont nourries au foin, à la luzerne et aux concentrés. Le tout est de bien équilibrer chaque aliment pour éviter les diarrhées.» Mise à part le concentré, tout est produit sur l’exploitation. «La paille est pressée à la récolte du blé. Nous avons 4 ha de prairies autour des ruines du château de Vaux-sur-Somme que nous ne pouvons pas retourner. En plus du pâturage des bovins, les chèvres permettent de valoriser le foin. J’ai aussi semé 4 ha de luzerne, en place pour quatre ans. Dans une rotation culturale, c’est intéressant», approuve Nicolas. Les chèvres elles, contribueront (un peu) aux apports organiques des sols. «D’après les estimations, cela représentera 200 U d’apport par an. Ce n’est pas grand chose, mais ça se prend toujours !»

Quels débouchés pour les chevreaux ?

De la conduite de son troupeau, en passant par la traite, la transformation et la vente, Claire Floury a pensé à toutes les phases de son projet de chèvrerie. Un aspect lui échappe cependant : le débouché pour les chevreaux, qui doivent être commercialisés vers deux ou trois mois. «Pour l’instant, je n’ai pas de piste», regrette-t-elle. Il faut dire que la filière traverse une grave crise liée à l’épidémie de Covid-19, qui a placé les week-ends de Pâques 2020 et 2021 en confinement, alors que la consommation de viande de chevreau connaît habituellement un pic à cette période.
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