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Emploi : des initiatives dans la Somme

Même conseil d’administration, mais deux associations distinctes : le service de remplacement et le récent groupement d’employeurs de la Somme ont pour vocation de répondre aux besoins spécifiques de main-d’œuvre des agriculteurs.

© AAP

Se former, prendre des congés, assurer la pérennité de son exploitation en cas d’accident ou de maladie : voilà l’intérêt du service de remplacement (SR) de la Somme, qui couvre tout le département hormis le Vimeux, qui bénéficie de son propre service. «Il existe depuis 1986, confie Emile Foirest, le président. Mais il s’est essoufflé dans les années 2000 avec le durcissement des revenus agricoles. Nous avons décidé de le relancer, car je ne pouvais pas admettre qu’un exploitant tombe malade sans solution.»
Le nombre d’adhérents a doublé en quelques mois, passant de deux cents à quatre cents. Trente-deux fiches de paie ont été éditées ce mois-ci. Les plus demandeurs sont à 80 % des éleveurs laitiers. Traite matin et soir oblige. L’engagement du SR : proposer une solution de remplacement dans les 24h qui suivent la demande. «Ce qui fait  la complexité de notre mission.»
Quand le remplacement peut être anticipé, le salarié se rend quelques jours avant dans l’exploitation. «Un remplacement réussi réside surtout dans la bonne transmission. Nous éditons d’ailleurs une fiche de consignes que l’agriculteur doit remplir.» La responsable du planning, Sandrine Cordov, se creuse aussi les méninges pour placer le plus approprié à chaque ferme parmi les trente agents (dont six temps plein en CDI). «Certains ne font que la plaine, d’autres uniquement l’élevage, explique-t-elle. Je fais en sorte que la tâche plaise à l’agent. Car quand on aime, on veut bien faire.»
Combien cela coûte-t-il à l’employeur ? «Le SR est à vocation sociale, précise Emile Foirest, donc la MSA et la mutuelle prennent une partie en charge lorsqu’il s’agit d’un remplacement maladie, d’un congé parental ou de l’aide au répis (quatorze jours de remplacement au maximum, ndlr).» Le Conseil départemental partipe aussi sous conditions, ainsi que la Région, qui offre une journée de remplacement à un éleveur laitier primo-adhérent. Lors de vacances, l’agriculteur bénéficie d’un crédit d’impôt de 50 %, et le Casdar participe aux frais lorsqu’il s’agit d’une formation.
Pour répondre à des besoins plus réguliers de main-d’œuvre, les élus du SR ont créé cette année un groupement d’employeurs départemental. «Le fonctionnement est différent, explique Emile Foirest. Cette fois, les besoins sont anticipés et un contrat engagement est élaboré entre l’agriculteur et nous.» Du partage de salarié, qui permet à ces derniers de travailler à temps plein et aux agriculteurs de bénéficier du seul coup de main dont ils ont besoin. En clair : le groupement est l’employeur, et les agriculteurs payent une prestation qui comprend le salaire, les charges sociales, les déplacements et le coup de fonctionnement. Dix-sept exploitants sont aujourd’hui adhérents.
Une enquête est en cours pour déterminer les principaux besoins, mais les premiers mois dégagent déjà les tendances : les chauffeurs de tracteurs-bennes lors de la moisson ou de la campagne pommes de terre et betteraves, ainsi que du renfort pour le désherbage, notamment en bio, sont demandés. «Nous avons aussi un gérant de structure équestre qui a besoin d’une personne tous les mardis pour curer les boxes, un autre qui s’est lancé dans la diversification et cherchait quelqu’un pour l’aider à abattre des poulets une fois par semaine, un autre encore qui embauche pour trier ses œufs…»
Une solution qui permet de «pérenniser l’agriculture à forte valeur ajoutée de la Somme». Dix fiches de paie ont été éditées en juin. Là aussi, la recherche de bras est active. Le Groupement d’employeur recrute dans différents domaines, en CDD et CDI. Et le salaire à de quoi motiver : «Comptez en moyenne 1 500 euros avec primes de panier et frais de déplacements

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