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Betteraves : "Au moins 25,31 €/t" chez SLS en 2022

Filiale du groupe allemand Südzucker, l’entreprise Saint Louis Sucre (SLS) a annoncé, le mercredi 16 juin, que le prix contractuel auquel il achètera des betteraves à ses planteurs sera de 25,31 € «au minimum», et affiche sa sérénité face à l’avenir.

Les responsables de Saint Louis Sucre (SLS) – Thomas Nuytten, directeur betteravier à gauche – lors d’une réunion  en vision ouverte aux planteurs le mercredi 16 juin qui aura réuni plus d’un millier de participants. 
Les responsables de Saint Louis Sucre (SLS) – Thomas Nuytten, directeur betteravier à gauche – lors d’une réunion en vision ouverte aux planteurs le mercredi 16 juin qui aura réuni plus d’un millier de participants.
© D. R.

Pour assurer la rentabilité de ses deux usines françaises, à Étrepagny (27) et Roye (80), il faudra à Saint Louis Sucre des betteraves, beaucoup de betteraves et une durée de campagne de 135 jours. Pour s’assurer de cet approvisionnement, la filiale française du groupe allemand Südzucker met la main à la poche en annonçant que le prix contractuel qu’elle proposera dans les prochains jours, et pour la campagne 2022, sera de 25,31 E par tonne à 16° équivalent forfait collet, soit 23,54 € par tonne pour des betteraves entières. 

Pour le directeur betteravier de Saint Louis Sucre, Thomas Nuytten, l’annonce de ce prix n’est toutefois pas la seule «bonne nouvelle» qui justifiait son enthousiasme, milieu de semaine. Alors qu’en 2020, Saint Louis Sucre ne garantissait un prix que pour 70 % des volumes contractualisés avec ses planteurs, le prix minimum garanti concernera 100 % des volumes contractualisés pour 2022. Une façon pour Saint Louis Sucre de «donner de la visibilité». 

 

Un prix qui fait réfléchir

L’autre nouveauté du contrat 2022 est la mise en place d’un échéancier précis quant au règlement des betteraves aux planteurs livrant Saint Louis Sucre : «Le 10 du mois suivant la livraison, le producteur touchera un acompte de 14,5 par tonne de betteraves entières (soit 15,60 par tonne au forfait collet), explique ainsi Thomas Nuytten. Le solde du prix minimum garanti est versé le 31 mars et la plus-value liée au marché, s’il y en a, est versé en juin.» La négociation de cette prime revient à la commission de répartition de valeur (CRV). 

Réunie dans le courant de la semaine dernière, la CRV a fixé à 25,56 € par tonne équivalent forfait collet le prix de la tonne de betterave livrée à Saint Louis en 2020 ; «ce qui en fait le meilleur prix de France, pour la deuxième année consécutive», s’est félicité le directeur betteravier de Saint-Louis Sucre. En ce qui concerne les propositions de contrat 2022 qu’ils recevront dans les prochains jours, les producteurs déjà engagés avec SLS auront quelques semaines pour réfléchir : «Les contrats devront nous être renvoyés pour la fin du mois d’août», souligne M. Nuytten. Une fois le décompte des surfaces engagées auprès de ses planteurs «historiques», c’est seulement à partir de cette date que des volumes pourront être proposés à de nouveaux planteurs. 

 

À Étrepagny, une ferme-vitrine pour SLS

Avant de présenter les spécificités du contrat «betteraves» de 2022 proposé par Saint Louis Sucre, et son prix d’achat des betteraves, les responsables de l’entreprise sont longuement revenus sur ses engagements pour une agriculture plus durable : investissements dans les deux usines françaises «qui sont complémentaires», travail sur le packaging du produit fini, recours à la robotique, engagement à améliorer la biodiversité… Pour aller plus loin et accompagner ses producteurs dans la transition agroécologique, SLS a décidé de consacrer les 80 hectares de la ferme qui jouxte son usine à l’expérimentation et aux essais de plein champ. «C’est un projet d’envergure, constate Thomas Nuytten, puisqu’il s’agit de conduire l’intégralité de la ferme en agriculture de conservation des sols». L’exploitation qui faisait déjà partie du réseau des Fermes Mont Blanc du sucrier veut désormais franchir une étape supplémentaire, en partenariat avec une coopérative céréalière, la Chambre d’agriculture de Normandie ou encore des start-up. Cette exploitation-pilote devrait servir de support à la production de références «pour mesurer l’incidence des techniques d’ACS», explique Pierre Guerreau, responsable du pôle agronomie de Saint Louis Sucre. Il y sera notamment question de réduction des IFT, de gestion et de réduction des gaz à effet de serre, de gestion de l’azote, de quantification de la biodiversité ou encore de l’analyse du rendement et de la marge brute. Thomas Nuytten en est convaincu : «C’est une belle aventure qui se prépare.»
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