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Légumes
Endives et chicorées comptent leurs amis pour leur survie

Plus de 300 personnes se sont réunies le mardi 20 février au siège de la Région Hauts-de-France à Lille pour débattre des problématiques et enjeux des filières endives et chicorées.

Plus de 300 personnes ont manifesté leur soutien aux filières endives et chicorées à Lille, en ce début de semaine.
Plus de 300 personnes ont manifesté leur soutien aux filières endives et chicorées à Lille, en ce début de semaine.
© Région Hauts-de-France

Que serait la région Hauts-de-France sans ses endives et ses chicorées ? C’est pour ne pas avoir à faire à cette éventualité que les représentants des deux filières «emblématiques» ont convié leurs soutiens ce mardi 20 février au siège du Conseil régional à Lille où tous ont été reçus en… amis.

À l’occasion d’une première table ronde, producteurs, transformateurs, distributeurs ont tous tiré la sonnette d’alarme et pointé le risque d’un abandon de la production si le contexte dans lequel évoluent ces deux filières continue à se dégrader. Après la flambée des coûts de production, et en particulier celui de l’électricité, producteurs d’endives et de chicorées s’apprêtent à faire face à la disparition de matières actives qui leur permettent de protéger des ravageurs et adventices leurs parcelles. Pour la vice-présidente de la Région Hauts-de-France, Marie-Sophie Lesne, la disparition de centaines d’hectares d’endives et de chicorées de la surface agricole de la région serait «contraire aux discours sur la souveraineté alimentaire». Et l’élue d’appeler «en haut lieu» à «arrêter de se tirer des balles dans le pied». Comme elle, au sein de l’Association des producteurs d’endives de France (Apef), on a la dent dure contre le ministre de l’Agriculture, Marc Fesneau : «Quand nous avions rencontré le ministre sur le sujet de l’énergie, nous lui avions parlé de l’interdiction prochaine de la benfluraline et des conséquences pour le désherbage de l’endive. Quelques mois plus tard, on apprend que la France a voté contre la réautorisation de cette matière active lors d’un vote à la Commission européenne…», rappelait le président de l’Apef, Philippe Bréhon. Alors que 2024 est la dernière année d’utilisation de la benfluraline (Bonalan), deux autres solutions sont elles aussi interdites d’utilisation d’ici quelques mois : l’herbicide triflusulfuron-méthyl (Safari) utilisé en post-levée et le spirotétramate (Movento), un insecticide utilisé contre le puceron lanigère.

 

S’unir pour peser

Ancien président de l’Union des endiviers, Daniel Bouquillon jure que tout n’est pas perdu, sous conditions : «Ce que l’on demande aujourd’hui, c’est du temps. On va y arriver comme par le passé puisque des crises, on en a déjà connu, mais il va falloir s’unir au niveau européen, cette fois.» Et le producteur de prôner «une union européenne des endiviers. Si la Belgique obtient une dérogation à la fin de l’utilisation du Bonalan, c’est très bien, mais ça ne suffira pas…»

Sur l’intérêt des nouvelles technologies, Daniel Bouquillon comme d’autres producteurs affirment «ne pas être fermés, bien au contraire», mais «on en est encore qu’aux prémices. Il faudra d’abord trouver la bonne technique avant de l’industrialiser.» En matière de sélection variétale, autrement dit chez les semenciers, on aimerait aussi avoir des choses à proposer… mais pour l’heure, il est encore trop tôt, à en croire Stéphane Hoquet (Boquet Graines) : «Pour lancer une nouvelle variété, il faut du temps», a-t-il dit. Et le semencier de citer les «réussites» passées en évoquant des variétés moins sensibles aux maladies, mais aussi les «échecs» face au puceron lanigère.

 

Des messages entendus ?

Du côté de la Région Hauts-de-France, on l’assure : «On continuera à soutenir l’Apef dans ses travaux de recherche», a dit Xavier Bertrand. «Nous devons renforcer les projets en recherche et développement. Et pour cela, vous devez nous dire, vous, acteurs, comment la Région peut être la plus efficace pour vous venir en aide. Nous sommes à votre disposition», a conclu le président de Région.

Alors qu’un certain nombre de critiques ont pu être formulées à l’encontre des pouvoirs publics nationaux – à commencer contre le ministre de l’Agriculture Marc Fesneau –, le co-président de Légumes de France, Cyril Pogu, a tenu à rassurer : «Tout est possible quand on décide de se mettre autour de la table. Votre force, c’est d’être nombreux et organisés.» Pour lui, pas de doute, les messages lancés depuis plusieurs mois par les producteurs d’endives et de chicorées ont été entendus : «Je n’ai jamais vu une filière avoir autant de soutien que les vôtres. Des projets de recherche ont été déposés et ils seront soutenus par le ministère de l’Agriculture. Cela a été confirmé.» De même, a poursuivi M. Pogu, «le ministère a aussi pris l’engagement de mettre à disposition des molécules auxquelles vous n’avez pas accès aujourd’hui. Alors ne vous trompez pas de cible…»

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