Semences potagères
Épinards : peu de surfaces de semences à faire et des producteurs verts
Près de cinquante agriculteurs de la région Hauts-de-France ont participé à une réunion d’information sur la production de semences d’épinards le 16 février à Amiens. Au final, les surfaces recherchées restent modestes pour 2026, selon des critères sélectifs.
Près de cinquante agriculteurs de la région Hauts-de-France ont participé à une réunion d’information sur la production de semences d’épinards le 16 février à Amiens. Au final, les surfaces recherchées restent modestes pour 2026, selon des critères sélectifs.
Il n’y en aura pas pour tout le monde. Parmi la cinquantaine d’agriculteurs venus assister à une réunion de présentation de la production de semences d’épinards par la société Vikima France, plusieurs sont repartis déçus. La raison ? Vikima France, qui cherche en ce moment des agriculteurs partenaires pour la culture de semences d’épinards dans les Hauts-de-France, a annoncé la couleur : une trentaine d’hectares répartis en 5 à 6 blocs de 5 à 6 hectares, d’ici le printemps 2026. La frustration est d’autant plus présente chez les agriculteurs les plus éloignés de la zone visée par Vikima France. Le producteur de semences aimerait en effet concentrer ses futures parcelles «entre Beauvais et Amiens, dans des limons profonds». La ressource en eau et la disponibilité d’un matériel d’irrigation seront aussi des critères prioritaires. Enfin, dernier critère, et pas des moindres, disposer de cellules de stockage avec système de ventilation.
Irrigation, stockage, récolte
Face à la déception, Sylvain Cousseins rassure : «Si la zone est fiable, on pourra envisager de faire plus dans les années à venir. Nous sommes en repérage. Si on vient, ce n’est pas pour une année seulement. On montera en puissance progressivement.» Pour le semencier, confronté au changement climatique, «l’idée, c’est de répartir le risque sur la zone France». Et insiste sur le rôle de l’irrigation, «à adapter en fonction des sols et des pics de chaleur». La graine d’épinard se sème «en surface, comme une betterave». Quant à la production de semences d’épinards, elle se concentre actuellement sur deux zones : la Beauce et le sud-ouest. Sur le plan agronomique, Vikima France recommande d’intégrer l’épinard dans une rotation de sept ans, «pour éviter les maladies du sol». Concernant le mildiou, «ce n’est pas une culture trop sensible», rapporte Sylvain Cousseins.
Marge brute autour de 2 000 €/ha
Le stade récolte est atteint une fois que les feuilles et branches ont pris une couleur marron foncé, vers la fin du mois de juillet, «en évitant la surmaturité». La récolte s’effectue avec une moissonneuse-batteuse, par l’agriculteur, qui a également la responsabilité du stockage. L’expédition s’effectue ensuite par big-bag, de la France jusqu’au Danemark.
Sur le plan économique, Vikima France table sur un chiffre d’affaires de 3 900 €/ha, sur la base d’un rendement de
1 200 kilos de semences par hectare, pour une marge brute à l’hectare autour de 2 072 €. Face à ces chiffres, «la production de semences d’épinards peut être concurrencée, reconnaît Sylvain Cousseins, mais Vikima a une politique de prix stable». Une manière de dire que la production de semences n’a pas fini de faire parler d’elle.