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Agronomie
Et si on profitait de l’été pour «faux semer» ?

Le niveau d’efficacité du désherbage chimique sur les céréales d’automne est loin d’être satisfaisant cette année ! La progression de parcelles «sales» en vulpins et ray grass, et les tentatives infructueuses de rattrapage chimique au printemps sont très inquiétantes. La conséquence de tout cela est la production d’un stock de graines conséquent qui ne demandera qu’à s’exprimer sur les prochaines campagnes. 

En plus d’une grande vigilance sur les stratégies de désherbage à mettre en œuvre dans ces situations, il faudra également agir sur ce stock de graines dès cet été grâce aux faux semis.

 

À quoi sert un faux semis ? 

Technique traditionnelle tombée en désuétude au profit des désherbages jusque là facilités par la chimie, le faux semis retrouve de son intérêt. Le principe est simple : chercher à faire germer les graines adventices en interculture afin de réduire mathématiquement la proportion de graines qui lèveront ensuite dans les cultures. Pour être vraiment pertinente, la technique doit s’inscrire idéalement dans la durée et donc à l’échelle de la rotation.

 

Comment procéder efficacement ?

Tout dépendra des adventices que l’on vise ! C’est pour cela qu’il faut d’abord bien se renseigner sur la biologie des adventices problématiques de la parcelle. Les paramètres à prendre en compte en priorité sont la période de levée préférentielle, et la profondeur de germination. Dans notre cas, vulpins et ray grass ont une grosse période de levée préférentielles sur le début d’automne et une autre période sur le début du printemps (mars-avril). Les faux semis de fin d’été début automne sont donc bien positionnés. Ensuite, ces adventices sont en capacité de lever sur un horizon maximal de 5 cm. C’est là où il faut bien faire la différence entre un déchaumage et un faux semis. Le faux semis cherchera à ne travailler que ces premiers centimètres de sol, là ou des graines sont en capacité à germer. Pour être le plus efficace possible, on veillera à bien affiner ce lit de semences et à le rappuyer afin d’optimiser le contact sol graine. Les déchaumeurs à disques indépendants avec rouleaux de rappui sont les outils tout indiqués pour ce type de travaux, en alliant gestion des résidus et rapidité d’exécution, contrairement aux outils de préparation de lit de semences. 

 

Quand le réaliser ?

Idéalement, on réalise le faux semis avant une pluie, ou si on peut, le plus tôt possible derrière la récolte afin de profiter de conditions de sols encore travaillables. Démarrer tôt donnera la possibilité de réaliser deux ou trois faux semis sur l’interculture. Néanmoins, il est inutile de renouveler l’opération si le faux semis précédent n’a pu bénéficier d’humidité suffisante pour provoquer une première levée. 

Dans tous les cas, il ne faut pas perdre de vue les objectifs prioritaires que l’on se donne pour la parcelle lors de l’interculture, au premier rang desquels le maintien d’une bonne structure du sol. On différenciera deux situations. 

- En interculture courte (avant un semis d’automne), si il faut «faire du fond», cette opération devra être menée préalablement aux faux semis. Ici, l’objectif est de déstocker le futur lit de semences et de réduire les mouvements de sol lors du semis de la future culture afin de limiter de nouvelles levées adventices en même temps que la culture. À l’implantation de cette dernière, il sera bien souvent nécessaire de réaliser un désherbage chimique non sélectif afin d’éviter les repiquages…

- En interculture longue, l’objectif sera plutôt de déstocker dans une optique plus long terme. La plupart du temps, un travail du sol profond sera réalisé en fin d’automne ou plus tard. On pourra donc réaliser des faux semis en préalable des autres façons culturales. 

 

Quelles contreparties ?

Bien évidemment, on ne peut pas courir tous les lièvres en même temps ! et donc, si nous réalisons des faux semis, cela se fera au détriment des couverts d’interculture. Il faudra donc veiller à ajuster l’investissement réalisé sur les couverts aux objectifs «limités» attendus. Un couvert multi espèces comportant de nombreuses légumineuses semé en septembre ne pourra que vous décevoir, car ces dernières n’auront pas le temps de se développer. De même, les techniques de faux semis efficaces avec déchaumeurs à disques ont tendance à favoriser les vivaces par multiplication des rhizomes. 

En résumé, la pratique du faux semis ne s’improvise pas sur un coup de tête, mais se planifie dans l’itinéraire technique. De plus, les conditions météo sont juges de paix ! La Recherche travaille actuellement sur la mise en œuvre d’OAD simples sur le positionnement idéal des interventions de faux semis en fonction des conditions météo estivales. La chambre d’agriculture participe à ces travaux et ne manquera pas de vous revenir sur les prochaines avancées.  

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