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Evolution de la population dans les Hauts-de-France

D’après l’Insee, dans trente ans, les Hauts-de-France connaîtront des évolutions démographiques contrastées en fonction des départements. Ils garderaient leur place de province plus jeune de France, malgré un vieillissement global.

Croissance démographique annuelle moyenne dans les Hauts-de-France, de 2013 à 2050. 
Croissance démographique annuelle moyenne dans les Hauts-de-France, de 2013 à 2050. 
© © Insee Hauts-de-France

De plus en plus de Ch’tis-Picards ! Comme les prévisions démographiques au niveau national, l’Insee Hauts-de-France révèle dans une récente enquête que la population de la région devrait croître de 4,3 % dans une trentaine d’années. «Nous projetons un chiffre de 6,2 millions d’habitants en 2050», précise Jean-Christophe Fanouillet, directeur régional.
Une croissance cependant modérée car, en France métropolitaine, la croissance moyenne des régions est de 12,5 %. Les Hauts-de-France se feraient même sortir du podium des régions les plus peuplées (actuellement troisième derrière l’Ile-de-France et l’Auvergne-Rhône-Alpes) par l’Occitanie, troisième en 2050, et la Nouvelle-Aquitaine, quatrième en 2050. Les raisons sont multiples : départ des jeunes après le baccalauréat pour leurs études, comme partout en France, mais difficulté de les attirer à nouveau dans le territoire une fois diplômés, car le marché du travail est tendu, ou encore le vieillissement de la population, qui implique moins de naissances… A l’intérieur même de la région, les projections sont différentes entre chaque département.

Nord : le plus peuplé de France
Les Nordistes continueront d’être les plus nombreux de France, car le département du Nord devrait gagner plus de 150 000 habitants et compterait 2 750 000 habitants en 2050, soit 4 200 habitants de plus chaque année. Près d’un habitant sur deux des Hauts-de-France (44 % exactement) habiterait dans le Nord. L’arrondissement de Lille serait le principal moteur démographique du département et, plus largement, de la région. Il gagnerait 181 200 habitants. Celui de Valenciennes serait aussi dynamique, avec 12 600 Valenciennois de plus.
La raison ? Une natalité dynamique (+ 0,44 % de solde naturel). En revanche, le Nord affiche le solde migratoire le plus important de la région (- 0,28 %). En clair : plus de bébés que de déménagements.
Les habitants seront aussi plus âgés, avec une part de 65 ans ou plus en progression de 15 % à 22 %, même si le vieillissement de la population serait moins prononcé que dans les autres départements : 632 000 seniors en 2050, soit 253 000 de plus qu’en 2013. L’indice de vieillissement s’établirait à 95 personnes âgées pour 100 jeunes en 2050, contre 55 en 2013. Ce vieillissement toucherait l’ensemble des arrondissements, notamment ceux de Dunkerque, d’Avesnes-sur-Helpe, de Cambrai et de Douai.

Pas-de-Calais : stabilité
Le Pas-de-Calais, lui, devrait gagner un tout petit 240 habitants par an, pour atteindre 1 474 100 habitants en 2050. Une croissance démographique parmi les plus faibles de la région, dont le seul moteur serait l’excédent naturel. Il reste cependant le deuxième département de la région le plus peuplé. Avec le vieillissement de la population, le dynamisme naturel devrait se réduire sensiblement, car le nombre de naissances compenserait juste celui des décès. Le déficit migratoire resterait, quant à lui, stable à partir de 2020.
La croissance serait la plus forte dans l’arrondissement d’Arras (+ 0,26 % par an). Suivent ceux de Béthune et de Saint-Omer. A l’opposé, la population baisserait dans les arrondissements de Boulogne-sur-Mer, Montreuil et Lens.
Dans ce département, seule la population des seniors devrait augmenter, avec un habitant sur quatre de 65 ans ou plus en 2050, soit près de deux fois plus qu’en 2013. C’est le deuxième département de la région qui vieillirait le plus, après l’Aisne. Le Pas-de-Calais perdrait ainsi sa place de seizième département le plus jeune en 2013, et serait relégué au rang de vingt-huitième en 2050.
Ce vieillissement serait le plus prononcé dans l’arrondissement de Montreuil (avec 34 % de 65 ans et plus, et 20 % de  75 ans et plus) et de Boulogne. La paisibilité de la côte et le climat marin semblent attirer les seniors.

Oise : département le plus dynamique
De tous les départements de la région, c’est l’Oise qui gagnerait le plus d’habitants : il compterait 896 500 habitants en 2050, soit 80 000 personnes de plus qu’en 2013. Deux fois plus de croissance qu’ailleurs dans les Hauts-de-France.
L’excédent des naissances sur les décès expliquerait à lui seul cette croissance démographique, puisque les départs seraient légèrement supérieurs aux arrivées. Et cela, dans l’ensemble des arrondissements isariens, mais surtout à Beauvais (+ 0,34 % en rythme annuel entre 2013 et 2050). L’augmentation de la population serait portée par l’excès des naissances sur les décès dans tous les arrondissements.
Le vieillissement de la population est même moins marquée dans l’Oise : le département compterait 107 personnes âgées de 65 ans ou plus pour 100 jeunes de moins de 20 ans en 2050, soit deux fois plus qu’en 2013. Le nombre de seniors doublerait néanmoins, avec 227 800 personnes âgées de 65 ans ou plus d’ici 2050. Les seniors représenteraient alors 25,4 % de la population isarienne, contre 14,3 % en 2013. La part des 75 ans ou plus doublerait aussi dans tous les arrondissements de l’Oise, notamment à Compiègne et Senlis. Cette proportion resterait toutefois inférieure comparée aux arrondissements du littoral comme Montreuil et Abbeville, où plus d’une personne sur trois aurait au moins 65 ans en 2050.

Somme : terre d’accueil des anciens
Il faut dire qu’en termes de vieillissement, certains secteurs de la Somme sont les champions. L’Insee a nommé : Abbeville et Péronne. Dans ce département, la proportion de personnes âgées de 65 ans ou plus atteindrait 26,7 % en 2050, soit 161 400 seniors en 2050 contre un peu moins de 100 000 en 2013. La population samarienne âgée d’au moins 75 ans doublerait, passant de 8,7 % de la population en 2013 à 16,2 % en 2050. Abbeville se distinguerait donc par la proportion de seniors la plus élevée de la région (35,5 %), position qu’elle occupait déjà en 2013, et Péronne se classerait au 4e rang (29,2 %). A l’opposé, Amiens se caractériserait par un vieillissement moins important, 22,9 % de seniors d’ici 2050, juste après Lille.
Mais la Somme gagnerait aussi 900 habitants par an, pour atteindre 605 000 habitants en 2050. Le solde naturel contribuerait à l’essentiel de cette croissance démographique (+ 0,12 % par an). Le solde migratoire serait, quant à lui, équilibré (+ 0,03 % par an). Dans les arrondissements d’Amiens et de Montdidier notamment, la population devrait croître. L’arrondissement d’Amiens, où résident plus de la moitié des Samariens, enregistrerait une croissance démographique portée exclusivement par l’excédent des naissances sur les décès (+ 0,37 %). La poursuite du mouvement de péri-urbanisation aggraverait en effet son déficit migratoire (- 0,08 %). Montdidier continuera, lui, de bénéficier de l’arrivée d’une population d’actifs âgés de 25 à 59 ans depuis l’arrondissement voisin d’Amiens.

Aisne : seul département moins peuplé
De plus en plus de Ch’tis-Picards, mais de moins en moins d’Axonais. Car si les tendances démographiques se poursuivaient, le département de l’Aisne compterait 519 000 habitants en 2050, soit 20 000 personnes de moins par rapport à 2013. Une perte annuelle de 560 habitants. Il resterait le département le moins peuplé de la région. Le déficit migratoire (- 0,11 % par an) contribuerait à l’essentiel de cette baisse de la population. Les arrondissements de Vervins et de Saint-Quentin seraient les plus touchés.
Seul l’arrondissement de Château-Thierry tirerait son épingle du jeu. En raison d’un solde migratoire positif, sa population augmenterait de 0,29 % par an. L ’arrondissement bénéficierait donc toujours de sa relative proximité avec les aires urbaines de Reims et de Paris.
Le vieillissement de la population dans l’Aisne serait également plus prononcé que dans l’ensemble de la région. Les seniors représenteraient 28,4 % de la population en 2050 contre 25 % pour la région. Entre 2013 et 2050, l’Aisne perdrait 22 000 jeunes de moins de 20 ans et gagnerait a contrario 54 000 personnes âgées de 65 ans ou plus. Château-Thierry et Soissons seraient les plus concernés.
Le département de l’Aisne, à l’instar de la région, se caractériserait toutefois par un vieillissement moindre que celui attendu dans les départements de France. Au niveau national, la région présenterait en effet l’indice de vieillissement le plus faible juste derrière l’Ile-de-France (respectivement 106 et 92).

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