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Fdsea et JA reçus par Manuel Valls en personne

Le fait est plutôt rare et l’actualité récente n’y est pas étrangère : le Premier ministre en personne a reçu une délégation de responsables de la Fdsea et des Jeunes Agriculteurs de la Somme, en présence de Marie Guittard, conseillère agriculture de son cabinet, et de Nicole Klein, préfète de région et de département, Jean-Claude Geney, sous-préfet d’Abbeville, François Bonnet, directeur de la Draaf, Damien Lamotte, directeur adjoint de la Ddtm.

30 juillet, sous-préfecture d’Abbeville : le Premier ministre rencontre  les représentants de la Fdsea, de la Frsea et des JA.
30 juillet, sous-préfecture d’Abbeville : le Premier ministre rencontre les représentants de la Fdsea, de la Frsea et des JA.
© Laurent villeret/Picturetank/matignon

 

Autour de Françoise Crété, présidente de la Fdsea, et Armand Paruch, président de JA, figuraient Laurent Degenne, président de la Frsea, Thibaut Hénocque, secrétaire général adjoint de la Fdsea, Olivier Thibaut, président de l’Uplp, ainsi qu’Olivier Vermès et Olivier Buiche, président et directeur de Lact’Union.
Premier temps de la rencontre, les responsables agricoles ont démontré et dénoncé le fait que les mesures du gouvernement «ne suffiront pas», selon les propres termes de Françoise Crété. En effet, la crise n’est pas que conjoncturelle (voir la réaction d’Olivier Buiche ci-dessus). Et il y a fort à craindre sur les niveaux de prix dans les prochains mois. «En annonçant un prix sur la fin d’année, le gouvernement s’est lui-même fixé un ultimatum», prévenait Françoise Crété, quelques jours après le blocage d’Amiens et d’Abbeville.
La seconde partie de cette entrevue a été consacrée à l’inadéquation entre cours mondiaux et normes françaises, avec force arguments et comparaisons en productions animales et végétales, notamment entre la France et la Belgique. Sur ce point, Marie Guittard a annoncé qu’un groupe de vingt personnes, dont plusieurs conseillers de différents ministères, vient d’achever une mission de comparaison France - Allemagne. Ses observations et préconisations seront rendues dans quelques semaines.
Pour sa part, le Premier ministre a montré une forte implication sur le terrain politique européen. «La France a obtenu un conseil des ministres exceptionnel le 7 septembre pour aller plus loin dans la gestion de la crise», a-t-il souligné. Et sur le terrain économique national : «Nous allons aider la filière viande bovine à être opérationnelle pour pouvoir répondre à des appels d’offre nationaux pour une partie desquels nous ne sommes pas en mesure de le faire aujourd’hui», a déclaré Manuel Valls.
Enfin, dernier point local, et avant sa visite au parc du Marquenterre, les représentants agricoles ont interpellé le Premier ministre et sa conseillère sur l’éligibilité des Bas champs aux aides de type Ichn (indemnité compensatrice de handicaps naturels). La polyculture élevage y domine, c’est un vivier de jeunes motivés, mais c’est un secteur fragile entre handicap agronomique et concentration de règlementations. Faute d’un appui spécifique, cette zone est menacée. «De par sa dimension économique et environnementale, cette agriculture rend un précieux service, et l’Etat a tout à gagner à la soutenir», ont insisté les élus.
Sur fond de tension et de crise, les échanges ont été aussi directs que constructifs. Même si nul ne croit à la solution miracle, la volonté d’aller de l’avant semble être unanime et fédératrice chez les deux parties.

 

REACTION
Françoise Crété, présidente de la Fdsea

«Le Premier ministre doit agir»
Si le Premier ministre s’implique, c’est qu’il a bien conscience du désarroi des éleveurs et de l’insuffisance de réponse et de présence du ministre de l’agriculture. Nos revendications, nos besoins, nos difficultés, il les connait. Sur les réponses, il y a du bon et du moins bon. Le moins bon, c’est qu’on ne voit pas à l’écouter d’embellie de prix à court terme. Hormis le conseil des ministres européens, sur ce sujet, il y a peu de perspectives. Le mieux, c’est sur la structuration des filières, notamment en matière d’exportations de viande, que l’on sent l’implication et l’engagement de l’exécutif. Pour l’heure, nous maintenons la mobilisation sous toutes ses formes. Même si l’écoute de Manuel Valls a été bonne, être entendu est encore loin de suffire. Le Premier ministre doit agir.

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