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Fécule : contrôler l’état de ses parcelles

Dans les conditions particulières de l’année, plusieurs préconisations s’imposent alors qu’un nombre conséquent de parcelles présentent des signes de reverdissement, mais aussi de repousse physiologique.

Les arrachages ont débuté en fin de semaine dernière, après un décalage d’une dizaine par rapport au planning envisagé au printemps.
Les arrachages ont débuté en fin de semaine dernière, après un décalage d’une dizaine par rapport au planning envisagé au printemps.
© Patrick Forget



Aux pluies régulières et localement intenses de la fin mai-début juin, qui avaient généré une forte pression mildiou dans les parcelles à cette époque, a succédé une météo estivale chaude et sèche ramenant régulièrement cette pression vers un risque souvent proche de zéro. La courbe épidémiologique ci-contre, extraite de Mileos® sur une parcelle type de Villers-Saint-Christophe, en donne un bon aperçu par l’évolution de la courbe enveloppe, représentant la «réserve de spores», et par le nombre et la hauteur des histogrammes traduisant le risque de contamination. La parcelle doit être sous protection si le seuil de spores produites est dépassé. Ce seuil est égal à 2 pour une variété sensible (Kaptah Vandel), à
3 pour une variété intermédiaire (Amyla), à 4 pour une variété résistante (Kardal).
Si des économies en produits fongicides ont ainsi pu être faites durant l’été, il conviendra de surveiller l’évolution du risque de contamination durant les prochaines semaines, pour prendre les décisions les plus opportunes. On observe, en effet, un début de remontée du risque depuis le début du mois de septembre à la faveur des quelques pluies répertoriées, complétées par le retour de rosées matinales.
Un regain de vigilance est donc recommandé, d’autant plus que le reverdissement des parcelles se traduit par l’apparition régulière de nouvelles pousses foliées à protéger, si le risque de contamination existe. Si tel est le cas, il est conseillé de considérer favorablement les produits antisporulants et sporicides compte tenu de la nécessité de garantir désormais, aujourd’hui, la protection des tubercules dans les buttes.

Pour le stockage de longue durée
La repousse physiologique et l’apparition d’une seconde génération de tubercules peuvent avoir de lourdes répercussions sur la qualité des tubercules récoltés, tout particulièrement si cette seconde génération se développe à partir des tubercules de première génération.
Les tubercules de seconde génération resteront en effet largement immatures jusqu’à la récolte, avec une richesse féculière limitée, mais ils risquent de puiser également leur alimentation à partir de ceux de première génération s’ils en sont issus. Dans ce cas, ceux-ci pourraient progressivement développer des symptômes de vitrosité à partir de la sénescence du feuillage ou du défanage. Dans une situation extrême, cette vitrosité peut provoquer une pourriture totale ou partielle des tubercules atteints, y compris en cours de conservation.
Ces considérations montrent combien il est important de surveiller l’évolution des parcelles et évaluer au mieux l’intensité de la repousse physiologique. Celle-ci étant la résultante d’une combinaison de nombreux facteurs (champ, structure du sol, variété, incubation du plant, conditions météorologiques …), il n’est pas possible de donner des conclusions générales, et c’est bien à chaque producteur de faire un état de l’évolution de ses parcelles en effectuant des prélèvements réguliers d’au moins trois fois 2 m linéaires pour parvenir à une certaine représentativité des échantillons prélevés. Il convient également de prendre en compte l’hétérogénéité éventuelle des parcelles.
Pour éviter tout déboire en conservation, il sera préférable de ne pas affecter si possible les lots présentant trop de repousses physiologiques pour les conservations de longue durée, mais plutôt de les réserver pour les enlèvements précoces. Pour ceux-ci, il est aussi souhaitable de n’effectuer l’arrachage que durant les jours précédant l’enlèvement, en privilégiant également un entreposage en silo de faible largeur (une remorque de large).

Equiper au mieux le bâtiment
Seule une ventilation efficace permettra d’intervenir sur les tubercules en cours de conservation et de gérer efficacement le stockage jusqu’à la livraison. Pour rappel, voici les principaux éléments à prendre en compte. Le premier est une ventilation performante de 100 m3/h par m3 de tubercules stockés délivrée par des ventilateurs de type basse pression. Le second est une distribution d’air homogène grâce à un réseau de gaines adaptées. Le troisième est une sonde de température de tas par tranche de 150 à 200 tonnes stockées et une sonde de température pour l’air extérieur. Enfin, le dernier élément à prendre en compte est une régulation automatique de mise en route des ventilateurs.

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