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Fertilisation azotée des prairies : ce qu'il faut savoir

Depuis le 1er septembre 2018, la réglementation concernant la fertilisation azotée des prairies dans la région Hauts-de-France a évolué. Ce qu’il faut savoir.

© AAP



Les tableaux ci-dessus permettent de connaître la dose d’azote plafond annuelle (kg N/ha) en fonction du chargement moyen de l’exploitation et du potentiel de la prairie. Le potentiel de la prairie est déterminé en fonction des caractéristiques suivantes. En potentiel bon, les prairies ont peu de facteurs limitant le potentiel de rendement.  On retrouve ces caractéristiques dans des sols profonds (limons, limons-argileux), qui présentent peu ou pas d’asphyxie, une faible sensibilité à la sécheresse d’été et une flore de qualité.
En potentiel moyen, les prairies présentent un seul facteur limitant le potentiel de rendement : manque ou excès d’eau, pente, sol superficiel… Enfin, en potentiel réduit, les prairies présentent structurellement plusieurs facteurs limitant le potentiel de rendement : sol superficiel, réserve utile réduite pouvant occasionner une sécheresse, pente…
Le chargement moyen correspond à la surface totale des prairies pâturées et mixtes (pâturées et fauchées) divisée par le total des UGB pâturants.

Valoriser les engrais de ferme
Les effluents d’élevage de type lisier doivent être épandus au moment où la plante en a besoin, soit 200°C base 1er janvier. Un apport peut aussi se faire en fin d’été pour une valorisation d’automne de la pousse d’herbe (exemple : 30 m³ x 2U N/m³ = 60 U N/ha).
Dans tous les cas, il est encore possible également d’épandre du fumier sur prairies à condition qu’il soit bien fait ou, encore mieux, composté. Toutefois, l’effet de l’azote sera plus lent qu’avec des engrais minéraux ou du lisier. Il est fortement recommandé d’effectuer des analyses de ces différents produits pour gérer plus finement la fertilisation.
D’une manière générale, il vaut mieux réserver les épandages de fumier et lisier aux prairies destinées à la fauche. A noter que les déjections de volailles sont à exclure sur prairies à cause des risques sanitaires liés à ces produits.
Enfin, les épandages d’effluents d’élevages ne peuvent se réaliser que dans le respect de la réglementation en vigueur (périodes d’interdiction d’épandage, distances vis-à-vis des tiers, des cours d’eau….).

Fractionner les apports
Il est conseillé de fractionner les apports lorsque la dose annuelle à apporter est supérieure ou égale à 80 unités équivalent minéral. Ce fractionnement permet d’étaler la pousse de l’herbe, que ce soit pour la fauche ou le pâturage. L’étalement des apports évitera de se retrouver avec trop d’herbe en même temps.
Pour les parcelles fauchées, il est recommandé d’apporter 2/3 de la dose annuelle pour la première coupe, et le reste pour les fauches suivantes. En épandage de lisier, veillez à ne pas dépasser 20 m³/ha à chaque passage pour ne pas créer une acidification de surface néfaste à l’assimilation des nutriments.
Sur votre exploitation, la fertilisation des prairies se raisonne selon le mode d’exploitation des parcelles. A bientôt au travers des chroniques de mesures des pousses d’herbe.

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