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Fertilisation azotée : les bons réflexes

Le point sur les bonnes stratégies de fertilisation azotée pour concilier rendement et qualité.

Comme chaque année, les reliquats sortie hiver (RSH) sont en cours depuis quelques jours afin d’ajuster la méthode du bilan, et ainsi optimiser la fertilisation azotée. Pour plus de précision dans les résultats d’analyse, il est conseillé de réaliser le prélèvement au plus près des apports, soit à partir de début février pour les céréales, les betteraves et le lin, ou à partir de la première quinzaine de mars pour les pommes de terre et le maïs.

Mi-mars une synthèse départementale est réalisée par la chambre d’agriculture sur ces RSH en collaboration avec les différents organismes de stockage  du département. Pour divulguer des résultats objectifs aux agriculteurs samariens, les RSH sont classifiés suivant le précédent,  leur type de sol (profond ou superficiel), et suivant leur secteur (PPN – PPS – SV – PV). 

La méthode des bilans permettra de réaliser les plans prévisionnels de fumure azotées (PPFA) afin de déterminer une dose bilan à la parcelle. Les références nécessaires au calcul de ces doses sont présentes dans les logiciels de traçabilité tel que mesp@rcelles.

Au cours des vingt dernières années, les essais azote sur blé tendre d’hiver réalisés par la Chambre d’agriculture de la Somme montrent que la dose bilan (X) permet d’atteindre l’optimum de rendement dans 60 % des cas, aussi bien en limon qu’en craie. La dose bilan est cependant trop faible dans 20 % des cas en limon et dans  40 %  des cas en craie pour atteindre le niveau de rendement optimum, ainsi que le seuil protéique de 11%. 

C’est pourquoi un outil d’aide à la décision (OAD) réalisé avant le dernier apport azoté, peut permettre d’ajuster la fertilisation azotée afin d’obtenir l’optimum de rendement et maximiser le taux de protéines des parcelles. De plus, réglementairement, ces outils peuvent déplafonner la dose bilan. 

Sur blé tendre d’hiver, plusieurs OAD sont proposés avant le dernier apport azotée (3 nœuds ou dernière feuille étalée) afin d’évaluer l’indice de nutrition azotée, ou le taux de chlorophylle de la parcelle pour optimiser ce dernier apport :

• au niveau «local» via un échantillonnage sur la parcelle, tels que Jubil®, N-Tester®, N-Pilot®. Ces OAD donnent une préconisation azotée moyenne pour l’ensemble de la parcelle. Ces outils faciles et rapides ont un intérêt dans les parcelles homogènes (sol et précédent identiques). 

• à l’échelle de la parcelle,  tels que les OAD Farmstar®, mesdronimages®, mesatimages®… Cette acquisition de données sur l’ensemble de la parcelle permet de générer des cartes de modulation automatique directement intégrables dans les consoles. Pour les exploitations non équipées, un conseil moyen et une carte de zonage sont fournis pour permettre de moduler manuellement. 

Les OAD à l’échelle de la parcelle sont aujourd’hui à un coût relativement faible puisque nous sommes passés de 15 €/ha à 7 €/ha. 

 

Conditions d’application

La pluviométrie de ces derniers jours est plutôt favorable aux applications en azote liquide, même si la portance des sols s’annonce compliquée à cause du dégel.

En période sèche, nous conseillerons plutôt des apports sous forme solide car les risques de pertes par volatilisation (cf. graphe de l’essai Arvalis) sont moindres et permettent ainsi une meilleure valorisation de l’azote, et donc une meilleure marge nette (cf. graphe essai CA80 2017).

De même, en 2017 sur un essai réalisé par la Chambre d’agriculture de la Somme, un écart de 6,5 qx a été obtenu en faveur de l’ammonitrate par rapport à la solution azotée. Cette année-là, le gain moyen de 65 €/ha pour l’achat de solution azotée ne compensait pas la perte de produit de 105 €/ha (160 €/t).  Malgré un prix d’achat plus élevé l’ammonitrate permettait donc de gagner 40 €/ha.

Les conditions sèches de ces dernières années sont de nature à nous questionner sur la stratégie des apports à appliquer. En effet, certains optent pour une stratégie en deux apports en soldant la dose au stade épi 1 cm pour favoriser une absorption précoce de l’azote avant les périodes trop sèches. 

À ce stade de l’année il est difficile de pronostiquer une année sèche, aussi nous ne conseillons pas cette stratégie, car les besoins en azote de la plante ne seront pas comblés tout au long de la montaison dégradant ainsi le potentiel de rendement et le surtout le taux protéines.

De plus, une suralimentation en début de cycle (avant épi 1 cm) favorise la croissance de talles secondaires susceptibles de régresser au cours de la montaison si la concurrence avec les talles principales est trop forte. Ces talles ne contribuent pas au rendement, consomment de l’azote et de l’eau au détriment des talles primaires et favorisent la verse.

Nos conseils restent donc inchangés : après un premier apport de 40uN/ha (limon et précédent riche) à 60uN/ha (terres superficielles ou précédents pauvres) au stade tallage, apportez 75 % de la dose bilan pour le stade épi 1 cm, et gardez 40uN/ha en réserve à appliquer à la fin montaison pour favoriser la protéine. Et si besoin apportez l’azote minérale restante au stade 1-2N.

 

Nos conseils

• Réaliser un reliquat sortie hiver par précédent afin de calculer au mieux les doses bilans de vos parcelles.
• Privilégier les formes solides pour une meilleure disponibilité et limiter les pertes par volatilisation, d’autant plus en conditions sèches.
• Fractionnement 3 ou 4 apports suivant la dose bilan et type engrais utilisés.
• Apporter 75 % de la dose bilan pour le stade Epi 1 cm, et ne pas hésiter à anticiper pour bénéficier de la pluie.
• Ajustez la dose du dernier apport par la réalisation d’un OAD et d’autant plus si la valorisation du premier apport est incertaine
• Ne pas oublier la fertilisation souffrée sur les céréales d’hiver, au stade redressement, pour assurer une meilleure assimilation de l’azote et répondre aux besoins de la plante.
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