Commerce
Feu vert à l’adoption du traité de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur
Après plus de vingt-cinq ans de négociations, l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur a franchi une étape décisive. Vendredi 9 janvier, une majorité qualifiée d’États membres a donné son aval politique au texte, ouvrant la voie à une signature officielle lundi au Paraguay. Une décision qui ravive les inquiétudes du monde agricole, notamment en France, farouchement opposée au traité.
Après plus de vingt-cinq ans de négociations, l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur a franchi une étape décisive. Vendredi 9 janvier, une majorité qualifiée d’États membres a donné son aval politique au texte, ouvrant la voie à une signature officielle lundi au Paraguay. Une décision qui ravive les inquiétudes du monde agricole, notamment en France, farouchement opposée au traité.
Sans réelle surprise, les ministres des États membres réunis à Bruxelles ont approuvé l’accord commercial liant l’Union européenne au Brésil, à l’Argentine, à l’Uruguay et au Paraguay. Ce feu vert permet à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, de se rendre dès lundi à Asunción pour signer le traité.
Selon plusieurs sources diplomatiques citées par l’AFP, le soutien de l’Italie a été déterminant pour atteindre la majorité qualifiée requise. L’Allemagne, l’Espagne, les Pays-Bas ou encore les pays nordiques ont également voté en faveur du texte, au nom de la compétitivité européenne et de l’ouverture commerciale.
À l’inverse, la France a confirmé son opposition, aux côtés notamment de l’Autriche et de l’Irlande, pays où les filières agricoles redoutent une concurrence accrue. Paris entend désormais porter le combat au Parlement européen, où la ratification s’annonce incertaine.
« Nous ne pouvons pas accepter un accord qui met en concurrence directe nos agriculteurs avec des productions ne respectant pas les mêmes normes sanitaires et environnementales », a déclaré la ministre français de l’Agriculture, citée par Le Monde.
L’une des plus vastes zones de libre-échange au monde
Négocié depuis 1999, l’accord UE-Mercosur vise à créer l’une des plus grandes zones de libre-échange de la planète, représentant plus de 700 millions de consommateurs. Il prévoit la suppression progressive d’une large part des droits de douane sur les échanges industriels et agricoles.
Pour les partisans du traité, l’enjeu est stratégique. Dans un contexte de ralentissement économique européen, de concurrence chinoise accrue et de tensions commerciales avec les États-Unis, l’accord offrirait de nouveaux débouchés aux exportations européennes : automobiles, machines industrielles, vins, spiritueux et fromages notamment.
Des conséquences lourdes pour l’agriculture européenne
Côté agricole, les inquiétudes restent vives. L’accord facilite l’entrée sur le marché européen de produits sud-américains sensibles : bœuf, volaille, sucre, riz, miel ou soja, via des quotas à droits de douane réduits, voire nuls. Autant de filières déjà fragilisées par la hausse des charges et la volatilité des prix.
Les organisations agricoles françaises dénoncent une concurrence jugée déloyale, pointant des normes environnementales et sanitaires moins strictes dans les pays du Mercosur, ainsi qu’un risque de pression à la baisse sur les prix payés aux producteurs.