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Filière betterave : rififi entre Saint Louis Sucre et la Sica Roye Déshydratation

Saint Louis Sucre refuse de renouveler le bail emphytéotique du terrain sur lequel les installations de la Sica sont établies depuis 1970.

La Sica Roye Déshydratation réunit 1 100 planteurs de Roye et d’Eppeville. Elle déshydrate les pulpes de ses adhérents et sous forme de travail à façon pour le compte de Saint Louis Sucre, celle de non adhérents.
La Sica Roye Déshydratation réunit 1 100 planteurs de Roye et d’Eppeville. Elle déshydrate les pulpes de ses adhérents et sous forme de travail à façon pour le compte de Saint Louis Sucre, celle de non adhérents.
© cgb hauts-de-france

Pendant que des planteurs de Saint Louis Sucre manifestaient, le 12 mars, devant le siège de Südzucker, à Mannheim, en Allemagne, d’autres se réunissaient à Montdidier pour l’assemblée générale annuelle de la Sica Roye Déshydratation. A l’ordre du jour, un autre sujet de fâcherie avec Saint Louis Sucre : le non-renouvellement du bail emphytéotique du terrain, cédé par l’industriel à la Sica pour cinquante ans, terrain où se trouvent les installations (outil de déshydratation, bâtiment de stockage, etc.) depuis les années 1970.
Ses raisons ? Tous les industriels sucriers ont repris l’activité de déshydratation des Sica avec lesquels ils travaillaient en partenariat. Dernière prise en date sur notre territoire : la Sica Pulpe Haute-Picardie passée entre les mains de Cristal Union. Saint Louis Sucre veut en faire autant avec la Sica Roye Déshydratation, mettant en avant sa volonté d’avoir la maîtrise totale de la production et d’en simplifier son fonctionnement sur le plan administratif.
Cet outil, qui produit entre 50 000 et 60 000 de pulpes sèches (pellets) et tout autant de pulpes surpressées à 28 % de matière sèche, pourrait revenir dans l’escarcelle de Saint Louis Sucre, si ce dernier ne renouvelle pas le bail emphytéotique. Juridiquement, le droit le permet, à condition toutefois qu’il verse une indemnité à la Sica. Mais cette dernière ne souhaite pas se défaire de cet outil qu’elle gère depuis cinquante ans.

Quelles garanties pour les planteurs ?
«Saint Louis Sucre ne cesse de répéter qu’il souhaite un partenariat étroit avec les planteurs et qu’il continuera à gérer le prix des pulpes avec nous. Comment le croire quand on voit qu’il est prêt à fermer deux usines en France, dont celle d’Eppeville ?», s’interroge Jean-Jaques Fatous, de la CGB Hauts-de-France. «Le partenariat que Saint Louis Sucre évoque existe avec les représentants planteurs d’Eppeville, mais cela fonctionne, car les discussions sont aussi basées sur ce qui se pratique dans les Sica voisines, dont la nôtre. Si, demain, la Sica Roye Déshydratation tombe entre les mains de Saint Louis Sucre, on n’aura plus de références pour discuter autour des prix, car nous n’aurons ni la maîtrise des charges, ni celle des coûts. Quand on voit comment cela se passe chez Tereos et Cristal Union, on peut être inquiet, car on ne sait rien de leurs critères de prix», relève Benoît Gerbaux, président de la Sica.
Aussi la Sica doit-elle conserver la maîtrise de son outil de déshydratation pour ne pas perdre la main sur sa gestion, un prix de livraison de la pulpe intéressant et stable aux éleveurs, et la rémunération aux betteraviers. Pour Benoît Gerbaux, «Saint Louis Sucre a tout intérêt à nous refaire un bail avec une durée intéressante car, au vu des baisses de surfaces et des annonces de fermeture d’usines, cela peut être un bon moyen pour lui de fidéliser les planteurs».
La suite ? Le bail arrivant à son terme le 1er mai 2020, le 1er mai prochain, le commissaire aux comptes pourra lancer une procédure d’alerte. Suivront alors des négociations entre les deux parties. En attendant, la Sica a bloqué tout investissement sur son outil. Affaire à suivre.

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