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Filière ovine : bilan 2017

L’Idele publie son bilan annuel de la filière ovine pour l’année 2017. Les abattages et les exportations sont en baisse. Ce marché, très saisonnier, a été pénalisé par un premier semestre engorgé et l’érosion de la consommation.

Le cheptel français de brebis et agnelles saillies s’est réduit de 2,6 % en 2017, par rapport à 2016, pour atteindre 5,25 millions.
Le cheptel français de brebis et agnelles saillies s’est réduit de 2,6 % en 2017, par rapport à 2016, pour atteindre 5,25 millions.
© Stéphane Leitenberger

D’après le bilan annuel de l’Institut de l’élevage (Idele), le cheptel français de brebis et agnelles saillies s’est réduit de 2,6 % en 2017, par rapport à 2016, pour atteindre 5,25 millions. Dans les régions productrices, hormis en Paca, qui connaît une légère augmentation de son cheptel de 1 %, les effectifs chutent en Nouvelle-Aquitaine (- 4 %), en Occitanie et en Auvergne-Rhône-Alpes (- 2 %).
207 000 têtes d’ovins vivants ont été importées en France en 2017, parmi elles, 87 % d’agneaux. Les importations ont chuté de 23 % par rapport à 2016. La baisse est de 22 % chez les adultes, et de 24 % chez les agneaux. «Depuis 2014, les importations ont reculé de 45 %, en lien avec l’érosion de la consommation», précise l’Idele.
L’Espagne est toujours le premier fournisseur d’ovins vivants de la France (69 %), suivi par les Pays-Bas. La France a exporté 410 000 agneaux vivants, et 57 000 ovins adultes. Pour les agneaux, cela représente une diminution de 3 % par rapport à 2016. L’Idele explique cette évolution par une inadéquation de l’offre et de la demande sur ce marché «très saisonnier», en raison de «l’étalement en cours de la production laitière, qui entraîne l’étalement des agnelages».
Le marché espagnol est resté stable, mais les exportations se sont affaiblies vers l’Italie, la France subissant la concurrence des pays de l’Europe de l’Est sur ce marché. Si les exportations d’adultes restent faibles, elles ont toutefois bondi de 25 %, majoritairement en direction de l’Espagne, l’Italie reste cependant le premier débouché de cette production.

L’abattage d’agneaux en baisse
Les abattages contrôlés d’ovins ont terminé l’année 2017 en recul par rapport à 2016, malgré l’augmentation de 2,6 % des abattages d’ovins adultes. Le nombre d’agneaux abattus est en baisse de 2,8 %, en raison des difficultés d’exportation des agneaux laitiers. Cette évolution était plus marquée au second semestre (- 5 %) qu’au premier (- 1 %). «Quand ils ne sont pas exportés, ces animaux sont engraissés et abattus en France au premier semestre. Les abattages du second semestre diminuent, faute de disponibilités en agneaux français, mais aussi en raison de la baisse rapide des importations de vif», explique le dossier de l’Idele.
Ainsi, le recul d’abattage d’agneau a été en partie compensé par le rebond des abattages d’ovins adultes. 65 700 téc de viande d’agneaux sont sorties des abattoirs, soit 3 % de moins qu’en 2016, avec un poids carcasse à 18,14 kg, tandis que la production de viande d’ovins adultes a augmenté de 2 %, dépassant les 15  000 téc, avec un poids carcasse à 26,41 kg.
La production indigène brut d’ovins a diminué (-1,1 %). Cette baisse est imputable au PIB des agneaux, qui est en repli de 2,1 %, alors que celle des ovins adultes était en forte augmentation, + 5,9 %. L’Idele note qu’il s’agit là «de son niveau le plus élevé depuis 2011, signe d’une forte décapitalisation du cheptel».

Des importations stables
Après avoir chuté en 2016, les importations françaises de viande ovine sont stabilisées. Le prix moyen des importations rendues en France était de 5,1 kg équivalent carcasse en 2017. Les importations depuis le Royaume-Uni, principal fournisseur de la France avec 44 % du total, connaissent une légère hausse de 3 %. Celles d’Irlande, deuxième fournisseur de la France, ont bondi de 13 % par rapport à 2016.
Les importations en provenance de Nouvelle-Zélande se contractent de 2 %, celles d’Espagne de 18 % et enfin celles des pays-tiers de 9 %. La France importe majoritairement des carcasses d’agneaux réfrigérées (42 %), notamment du Royaume-Uni. 44 % de la viande ovine consommée en France est d’origine française, alors que l’ensemble des abattages aurait permis, théoriquement, de couvrir 49,5 % de la consommation en 2017.

Une consommation très saisonnière
La consommation française continue de se contracter. En 2017, les Français ont consommé en moyenne 2,4 kg équivalent carcasse de viande ovine par personne, soit 2 % de moins qu’en 2016. Il s’agit d’une érosion structurelle. Depuis 2000, la consommation par habitant a presque été réduite de moitié. La consommation d’agneau est aussi très saisonnière. «Elle dépend beaucoup des fêtes religieuses, en premier lieu Pâques, mais également l’Aïd-el-Kebir», explique l’Idele. En 2017, les dates de ses célébrations n’ont pas été favorables à cette viande. La fête de l’Aïd-el-Kebir ayant eu lieu lors d’une période peu propice à la consommation d’agneaux (fin août à début septembre), la consommation du second semestre en a été pénalisée. La filière risque de nouveau d’être impactée par le calendrier l’année prochaine, puisque la fête religieuse se tiendra de nouveau en août.
Le prix moyen pondéré de l’agneau a atteint 6,21 €/kg l’an passé, ce qui reste stable par rapport à 2016. Le premier semestre a cependant été très chargé «en raison d’importations en hausse et d’importants abattages d’agneaux issus du troupeau laitier», justifie l’Idele, alors que le second a été plus tendu faute de disponibilité. Le net recul des prix au premier trimestre, accompagné par la réduction des aides et l’augmentation des charges de structure, ont fait baisser le revenu des exploitations spécialistes d’ovins viande fourragers à environ 30 000  €/UMO.
Les revenus des spécialisés herbagers et des systèmes mixtes, ont pour leur part stagné ; ils sont, en moyenne, proche des 24 000 €/UMO pour les herbagers et de 25 000 €/UMO pour les systèmes mixtes. Ceux des pastoraux continuent d’augmenter pour dépasser les 40 000 €/UMO. Le revenu des ovins-cultures connaissent un léger rebond et dépassent les 20 000 €/UMO.

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