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Forte compétition mondiale attendue dans l’élevage

La direction Agriculture de la Commission européenne (CE) a publié le mercredi 9 mars ses dernières prévisions court-terme pour l’horizon 2016-2017 concernant les marchés du lait, des viandes et des grains.

© Guillaume Perrin

S’appuyant sur le constat d’un ralentissement des économies émergentes, jumelé à un cours du pétrole déprécié, les perspectives pour 2016-2017 semblent indexées sur cette tendance de fond. Les marchés agricoles européens vont connaître cette année encore, une compétition accrue dans le domaine de l’élevage en particulier.

Lait toujours abondant
La Commission table ainsi sur une augmentation de la production de lait en Europe et aux Etats-Unis, ce qui va, par conséquent, maintenir la pression sur les prix. Dans l’Union européenne, les livraisons sont estimées en hausse de 2 millions de tonnes. Cette croissance sera limitée en France où des initiatives ont été prises pour freiner la production.
Des hausses significatives sont en revanche attendues en Irlande, aux Pays-Bas et au Danemark, mais aussi au Royaume-Uni. En Allemagne, la croissance sera contenue. Dans les pays d’Europe de l’Est, les livraisons seront stabilisées, s’orientant davantage sur un accroissement des cheptels.
En outre, en dépit de bonnes prévisions à l’exportation, les stocks d’interventions vont continuer de croître de manière significative. Les ventes de fromages à l’international vont être soutenues en 2016, mais n’atteindront pas les bons chiffres de 2013. A l’époque, la Russie achetait pour près de 30 % du fromage européen.
La production européenne connaît pour autant de fortes disparités entre les pays. En Pologne et en Estonie, les volumes sont en baisse de 5 %, a contrario de l’Irlande, qui a déjà vu son offre s’apprécier de 10 %.

Compétition mondiale sur la viande bovine et la volaille
En 2016, le bétail et la viande bovine vont trouver de bons débouchés à l’export, en raison de l’augmentation de la production laitière. Cependant, les fortes dévaluations des devises brésilienne et argentine ont sérieusement boosté les exports des deux pays dans le secteur de l’élevage. Notons que le nouveau président argentin, Mauricio Macri, a levé les restrictions aux exportations concernant la viande bovine, amplifiant les ventes à l’international, notamment en Europe.
Sur le secteur de la volaille, la production en 2016 va s’apprécier bien que fortement challengée par la compétition mondiale. Les exports vont se limiter cette année à + 0,5 % comparé à 2015. L’Union européenne perd des parts de marché au Bénin et en Afrique du Sud, deux grands clients de la zone euro. Lorsqu’en 2015 la demande mondiale se rehaussait de 200 000 tonnes, le Brésil, au même moment, augmentait ses exports mondiaux de 230 000 tonnes, ce qui a inévitablement fait pression sur les prix.

Secteur porcin
Concernant le secteur porcin, la production va tendre à la baisse cette année, compte tenu de la réduction des troupeaux destinés à la reproduction. En 2015, les exports avaient augmenté de + 9 % en raison de prix concurrentiels, d’un euro favorable et d’une forte demande en provenance d’Asie. Les ventes vers la Chine avaient ainsi presque doublé en volume en 2015, avec près de 500 000 tonnes.
Pour 2016, les exports vont continuer de s’intensifier, selon la Commission, mais à un rythme plus faible dû à la forte concurrence des Etats-Unis et du Brésil en particulier. En supposant la levée de l’embargo russe, la Commission européenne estime que les exports vers la Russie ne seront tout de même pas complètement rétablis. La CE fonde cette hypothèse sur le fait que la Russie développe massivement sa production de porcs. Sur le sujet de l’embargo, une décision de l’organisation mondiale du commerce est programmée en avril 2016.

Bilan céréalier et prix du sucre
Concernant les céréales, les estimations avancent une production à 310 millions de tonnes en 2015-2016, un niveau jugé satisfaisant, compte tenu de la baisse de maïs directement impactée par les fortes sécheresses de l’été dernier. Le colza et le tournesol ont également présenté des moyennes de production en deçà par rapport à l’année précédente.
Les exports des céréales sont estimés à 44 millions de tonnes, en baisse de 8 millions de tonnes pour 2015-2016 en comparaison de la période 2014-2015. Ces chiffres restent néanmoins supérieurs de + 20 % par rapport à la moyenne des cinq dernières années, ce qui confirme la forte compétitivité des céréales européennes.
Les importations quant à elles, vont croître d’1 million à 17 millions de tonnes en particulier pour le maïs. Concernant les oléagineux, l’Union européenne anticipe une petite augmentation de la production de colza, principalement en Pologne, Roumanie et en République Tchèque. Les prix seront sensiblement affectés par l’hiver doux et les prix du lait très bas. La demande dans le secteur de la nutrition animale a été directement impactée par cette baisse dans la filière laitière.
Pour le sucre, la Commission anticipe une augmentation des prix, en partie due à la forte réduction de la production de sucre blanc en Europe et à une projection corrigée du marché mondial largement déficitaire.

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