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Fruits et légumes : une filière qui regorge d’ambitions

Après une «hausse historique» en 2020 grâce aux confinements, la filière des fruits et légumes veut continuer de faire progresser la consommation, qui reste inférieure aux recommandations nutritionnelles. Pour cela, les professionnels comptent sur l’Année internationale des fruits et légumes proclamée en 2021 par la FAO. 

En 2020, les fruits et légumes ont été plébiscités par des Français qui ont redécouvert le chemin de la cuisine.
En 2020, les fruits et légumes ont été plébiscités par des Français qui ont redécouvert le chemin de la cuisine.
© Pixabay

S’il y a une filière qui a tiré son épingle du jeu en 2020, ce sont bien les fruits et légumes. Les confinements liés à la Covid-19 ont porté leur consommation avec une progression de «4,5 à 5 %» par rapport à 2019, «une hausse historique», a indiqué Laurent Grandin, le président d’Interfel (interprofession du frais) le 26 janvier. Moins exposés que d’autres productions à la fermeture de la restauration hors domicile (10 % de l’activité), les fruits et légumes ont été plébiscités par des Français qui ont redécouvert le chemin de la cuisine. Cette croissance a été encore plus prononcée en valeur (+13 %). Un renchérissement qui s’explique avant tout par les aléas climatiques qui ont pénalisé les récoltes de fruits d’été (abricots et melons) et à pépins (pommes et poires). Sans oublier la montée en gamme et l’effet des confinements, qui ont occasionné des surcoûts logistiques et une mise en avant de l’origine France. 

 

En bio, la consommation «semble se tasser» 

Même si les indicateurs sont au vert, «ça a été une bataille constante d’alimenter les rayons en fruits et légumes», rappelle Laurent Grandin. Ombre notable au tableau : après plusieurs années de progression, «la consommation de fruits et légumes bio semble se tasser», alerte le patron d’Interfel. Alors qu’elle suivait «une tendance de + 7 à + 8 %» ces dernières années, la consommation de fruits et légumes bio pourrait finir 2020 autour de +5 %. «Un ralentissement sans doute lié à la crise économique», pour M. Grandin. Le président d’Interfel a alerté les pouvoirs publics sur un probable «effet de ciseaux en 2021», car de nombreuses exploitations arrivent en fin de conversion. «Compte tenu des volumes qui arrivent, on risque de se retrouver avec une offre surabondante.» Un enjeu crucial pour la filière : la production bio représente autour de 10 % des ventes de fruits et légumes, contre 8 % pour l’ensemble de l’alimentaire. 

Qu’ils soient bio ou conventionnels, la consommation de fruits et légumes en France reste insuffisante par rapport aux recommandations nutritionnelles, rappellent les professionnels. Les Français mangent chaque jour 360 g de fruits et légumes frais et transformés (Credoc 2019), quand les pouvoirs publics préconisent 400 g. «Seulement un tiers des Français respecte les recommandations du PPNS», les fameux «cinq fruits et légumes par jour». Ce pourcentage a progressé de 5 points entre 2010 et 2019, une «progression insuffisante, mais réelle», pour Laurent Grandin. 

 

«Un véritable plan pour les dix ans à venir» 

S’appuyant sur l’argument massue du sanitaire, la filière réclame au gouvernement «un véritable plan pour les fruits et légumes frais pour les dix ans à venir». Une demande qui fait la part belle à la transition écologique, notamment à travers un appui au déploiement de la Haute valeur environnementale (HVE). «Le développement de sa notoriété supposera des investissements», estime le patron d’Interfel. La filière souhaite aussi plus de moyens pour le CTIFL, son centre technique. Sur la réduction des phytos entre autres, «nos moyens financiers ne sont pas suffisants pour répondre aux demandes des marchés et des pouvoirs publics», affirme son président Jacques Rouchaussé. Dernière demande de l’interprofession : une refonte de l’application en France du programme européen Fruits et légumes à l’école. L’UE alloue 18 ME à Paris dans ce cadre, mais «on laisse 15 millions sur la table chaque année», s’irrite Laurent Grandin. Interfel propose le retour à la régionalisation de ce programme pour mieux l’adapter au terrain, ainsi qu’un ciblage sur les populations défavorisées, «en se basant sur le quotient familial». «Les enfants, les jeunes et les femmes défavorisés sur le plan économique sont les plus touchés par la précarité alimentaire», appuie Christel Teysseydre, présidente de l’Agence pour la recherche et l’information en fruits et légumes (Aprifel). 

 

Chèques alimentaires et année internationale 

Les professionnels misent aussi sur la mise en place des chèques alimentaires, promis par Emmanuel Macron afin de fournir des produits frais aux populations défavorisées. «Parmi les bénéficiaires de l’aide alimentaire, la prévalence de l’obésité est 1,5 fois celle de la population générale», rappelle la présidente de l’Aprifel. Interfel espère un dispositif le plus large possible. «L’ensemble des circuits de proximité doivent en bénéficier, ainsi que l’ensemble des productions intégrées dans la loi Ega- lim (Siqo, HVE), martèle Laurent Grandin. En clair, on ne comprendrait pas que ce soit réservé aux Amap et au bio.» 

Pour pousser ses multiples demandes, la filière compte sur un atout médiatique : l’Année internationale des fruits et légumes, proclamée en 2021 par la FAO (Nations unies). À travers ce «coup de projecteur indispensable», Interfel veut créer «une mobilisation supplémentaire, notamment dans les populations sous-consommatrices», résume son président. 2021 sera donc une année intense en communication grand public : nouveau site web, communication digitale, food trucks qui «vont sillonner la France», fête des fruits et légumes en juin, etc. L’Aprifel, qui fêtera ses quarante ans à l’automne, ne sera pas en reste, entre une présence accrue dans les écoles et un événement scientifique «en cours de finalisation». «Nous allons avoir un ambassadeur – ou une ambassadrice – qui va nous suivre tout au long de l’année», annonce encore Jacques Rouchaussé, ménageant le suspense. Rendez-vous est pris mi-février pour découvrir le visage de la filière en 2021. 

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