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Gros plan sur le strip till, une technique innovante et d’avenir

Une journée technique régionale a été consacrée au strip till, le 4 décembre dernier au lycée agricole d’Airion (Oise). Echos.

© AAP

Le strip till signifie travail du sol en bande. Cette technique, lancée aux Etats-Unis et apparue en France depuis quelques années seulement, permet une culture en TCS, sans labour ; seule la ligne de semis est travaillée. Elle n’est possible que pour les cultures à fort écartement : betteraves, maïs, colza ou tournesol en particulier.
Une journée technique lui a été consacrée dernièrement, le 4 décembre au lycée agricole d’Airion dans l’Oise à l’initiative des chambres d’agriculture de Picardie, dont le président Hubert Duez se disait satisfait de constater «le retour à l’agronomie». En effet, avec un recul d’à peine deux ans en France, le constat est fait de la nécessité d’une parfaite connaissance des conditions agro-climatiques de la parcelle et des exigences de la culture pour les agriculteurs qui optent pour cette formule, et qui sont souvent ceux qui sont déjà passés au non labour depuis plusieurs années. La technique du strip till nécessite de très bonnes compétences techniques. Les exigences agronomiques à l’implantation ont d’ailleurs été rappelées en préambule de cette journée, par Ewen Géry, conseiller de la chambre d’agriculture de l’Oise : la graine, pour sa germination, a des besoins en température, en eau et en oxygène. Le lit de semence doit être préparé en conséquence et il faut un rappuyage suffisant de la graine. Il faut aussi que la structure du profil d’enracinement soit adaptée à la plante. Cette technique ne concerne pas les céréales, qui sont les cultures les plus robustes, par opposition précisément aux cultures plus sensibles qui peuvent être cultivées au strip till : le colza (sensible à la compaction, et le positionnement de la graine est délicat), la betterave (sensible à l’asphyxie et au manque de température), ou le maïs (dont les racines sensibles à la compaction.

REACTIONS

Des "strip tilleurs" témoignent...

Jean-Luc Maeyaert, de Verchocq (62)
Agriculteur-éleveur laitier en Gaec pratiquant le semis direct pour toutes ses cultures depuis 2009, il a acheté un strip till 4 rangs en 2010, passé à 6 rangs, à 45 cm d’écartement pour ses cultures de maïs, betteraves et colza, avec fertilisation sur le rang et, depuis cette année, un passage combiné au semis. Il est équipé de l’autoguidage, ayant de nombreuses parcelles avec dévers. Il doit adapter ses itinéraires à ses conditions pédo-climatiques particulières (argiles à silex, réchauffement tardif qui lui interdit des semis précoces au printemps …) : l’observation en plaine est essentielle. Avec le strip till, il dit avoir des rendements équivalents à ceux de ses voisins, voire supérieurs pour le colza. Ses terres ont un taux de matière organique élevé et il se dit très satisfait de préserver le premier capital qu’il a : son sol. Parmi les économies réalisées : 10.000 litres de fuel par an sur cette exploitation de 235 ha.

Benoît Rigolle, d’Hallencourt (80)
Jeune agriculteur en Gaec sur une exploitation de 118 ha, il défend un système d’agriculture durable (avec élevage) en recherchant l’autonomie alimentaire avec, outre des surfaces en herbe, du maïs grain humide (conservé en boudins), de la luzerne, des betteraves fourragères, ou encore de l’avoine, implantée comme couvert ou pour l’alimentation animale. Les couverts là aussi sont généralisés. Dans ses terres limoneuses, le labour qui créait une semelle a été supprimé et Benoît Rigolle pratique le bas volume. Le matériel est en copropriété avec un voisin, dont un strip till Guilbart, d’un fabricant voisin donc, qui a fait du «sur mesure», et l’autoguidage RTK. Le strip till n’est pas couplé au semoir. Benoît Rigolle a calculé la consommation de fuel pour le passage du strip till et le semis à 27 l/ha. Autre économie : 6.000 euros sur ses achats annuels de produits phytos. Il dit aussi avoir des rendements équivalents à ceux de ses voisins, avec l’avantage d’avoir des sols qui assurent une meilleure portance : il n’a pas eu cette année, contrairement à ses collègues, de problèmes d’ornières à l’ensilage ou à la récolte des betteraves.

Thierry Ghewy, de Craonne (02)
En TCS depuis dix ans, en protection intégrée depuis 2004, il a opté pour des rotations longues, avec de nombreuses cultures et 100 % de couverture à l’automne (avec une préférence pour les légumineuses, avec le regret de ne pouvoir les implanter pures), ayant des sols battants et très hétérogènes. Il pratique un déchaumage superficiel et le strip till depuis 1 an, en un seul passage au semis. Il est équipé d’un Duro 6 rangs à 50 cm d’écartement (même pour le maïs grain, récolté en travers) et un travail de la dent à 20-24 cm de profondeur. «Tout est question d’équilibre» explique-t-il en présentant ses résultats «au moins équivalents» par rapport au système classique. Cette technique, qui «n’est pas faite pour les laboureurs», a l’avantage de respecter les auxiliaires et de permettre une réduction significative des produits phytos.

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