Lin
Humidité et douceur : un cocktail favorable aux maladies du lin
Le retour d’un temps humide et doux depuis début mai crée des conditions favorables au développement précoce de l’oïdium et de la septoriose dans les linières, appelant à une vigilance accrue des producteurs.
Le retour d’un temps humide et doux depuis début mai crée des conditions favorables au développement précoce de l’oïdium et de la septoriose dans les linières, appelant à une vigilance accrue des producteurs.
Après un mois d’avril marqué par des conditions particulièrement sèches, le basculement vers des pluies régulières et parfois soutenues depuis début mai modifie sensiblement le contexte sanitaire des cultures. L’oïdium pourrait donc faire son apparition très prochainement dans les linières. Par ailleurs, l’humidité persistante observée ces derniers jours, associée à des prévisions toujours pluvieuses et des températures douces, pourrait également être favorable à l’expression de la septoriose.
Oïdium : rester vigilant à partir de 10 cm
Ce printemps, la présence d’oïdium assez élevée sur lin d’hiver pourrait constituer une source d’inoculum pouvant contaminer les lins de printemps rapidement à des stades relativement précoces. Il faudra donc rester particulièrement vigilant dans les jours à venir surtout sur les variétés sensibles, car une forte infestation sur des lins à des stade précoces risque d’engendrer des pertes importantes.
Les symptômes d’oïdium apparaissent généralement entre 30 et 40 cm, mais à l’image de ces dernières années, si les conditions météo sont favorables à la maladie et stressantes pour la plante, des observations parfois dès le stade 10 cm. Les symptômes sont caractéristiques : une odeur de moisi au bas des tiges, et l’apparition de mycélium en forme d'étoiles sur les feuilles constituent les premiers symptômes. Rapidement, un feutrage blanc colonise l’ensemble des organes, réduisant fortement la photosynthèse.
Lutte contre l’oïdium
Dans une démarche de protection intégrée, il convient dans un premier temps de mettre en place des mesures prophylactiques pour limiter le développement de la maladie. Parmi les leviers disponibles, le choix de variétés tolérantes à l’oïdium s’avère particulièrement efficace. Plusieurs références sont aujourd’hui accessibles aux liniculteurs (Bolchoï, Exeo, Ideo, Stereo, Terreo). Si ces variétés ne sont pas totalement indemnes, elles permettent de retarder significativement l’apparition des premiers symptômes d’oïdium.
Dans un second temps, il est essentiel de bien caractériser le risque. Cela repose sur une surveillance régulière des parcelles, complétée par la consultation des BSV. Cette double approche permet de détecter précocement la présence d’oïdium et d’adapter au mieux les stratégies de protection.
Enfin, dès l’apparition des premiers symptômes dans les linières, le recours à des traitements fongicides, qu’ils soient de biocontrôle ou conventionnels, devient nécessaire pour enrayer la maladie.
Septoriose : des conditions favorables à son apparition
Les conditions pluvieuses observées ces derniers jours, associées à des températures douces, créent un contexte favorable au développement de la septoriose sur les lins de printemps. Cette situation pourrait encore se renforcer avec les conditions humides annoncées dans les prochains jours. Dans ce contexte propice, une attention particulière doit être portée à l’évolution sanitaire des parcelles afin de détecter rapidement les premiers symptômes.
Sur lin de printemps, les symptômes de septoriose apparaissent généralement autour de la floraison. Toutefois, en conditions très humides, la maladie peut se manifester plus précocement. Les premiers signes se traduisent par des taches circulaires sur les feuilles basses, qui progressent ensuite vers le haut de la plante. Par la suite, des zébrures vert brun apparaissent sur les tiges. En fin d’évolution, les sépales brunissent et des pycnides se développent à leur surface.
La confirmation du diagnostic repose sur une mise en évidence des organes reproducteurs du champignon. Il convient de placer des plantes présentant des symptômes dans une chambre humide (bouteille fermée avec quelques gouttes d’eau). Après 24 à 48 heures à température ambiante, à l’abri de la lumière directe, une observation à la loupe permet de rechercher la présence d’organes de fructification caractéristiques : pycnides accompagnées de cirrhes blanchâtres.
Quelles stratégies de luttes adopter contre la septoriose ?
Dès les premiers signes de septoriose, des mesures de lutte directe peuvent être mises en place. Celles-ci doivent être modulées selon le niveau de pression constaté, afin d'optimiser l’efficacité des interventions et de maîtriser la progression de la maladie.