Aller au contenu principal

Il fleure bon vivre à Longuevillette

Quatre fleurs pour quatre-vingt habitants : Longuevillette a beau faire partie des plus petits villages de la Somme, l’enthousiasme de ses élus et de ses résidents est grand… Surtout quand il s’agit d’y rendre la vie agréable. 

Dès l’entrée du village, un sentiment de bien-être nous envahit. Les délicates fleurs de myosotis, au cœur bien jaune et aux petits pétales bleus, égayent déjà le massif devant le panneau, tandis que les dernières jonquilles s’y pavanent. Ces plantes font partie de la bonne centaine d’espèces qui s’épanouissent à Longuevillette. La commune de quatre-vingt âmes, à l’ouest de Doullens, se targue même d’afficher quatre fleurs décernées par le jury des Villes et villages fleuris. 

«Obtenir quatre fleurs et les conserver, ça se mérite !», prévient François Crépin, le maire. L’amoureux de nature, ex-directeur de la fédération des chasseurs de la Somme, a été élu en 2010 et a repris au sérieux le sujet du fleurissement de la commune l’année suivante. «Il avait été initié avant 2000, puis entre 2003 et 2006, mais ensuite laissé un peu à l’abandon.» Armé de sa binette et de son courage, il a su mobiliser ses habitants. «Tout le monde participe à sa manière», explique-t-il. Résultat : deux fleurs obtenues ainsi qu’un prix de la biodiversité en 2012, lors du premier passage du jury, puis une troisième fleur en 2014 et une quatrième en 2017, qui a été renouvelée en 2020. 

 

Un projet participatif

N’imaginez pas que le conseil municipal a cassé sa tirelire pour cela. «Le budget ? C’est zéro, affirme l’édile. Il ne s’agit que de vivaces que nous entretenons du mieux possible. Certains nous donnent des fleurs, beaucoup repiquent pour replanter dans la commune.» La première à mettre  la main à la patte n’est autre que Claudie, l’épouse de François. «Un village fleuri est un village dans lequel on se sent bien», témoigne-t-elle. Les choix de plantation sont réfléchis : des variétés qui s’adaptent bien au milieu, pas plus de trois couleurs dans un massif, du paillage pour limiter la pousse des adventices et conserver l’humidité…

L’association des enfants au projet et leur sensibilisation à la biodiversité locale a particulièrement séduit les jurés. À Longuevillette, chaque nouveau né se voit offrir un arbre à son nom, qu’il peut admirer grandir en même temps que lui. D’ailleurs, chaque arbre est identifié pour plus de pédagogie. En face de chez François, rue principale, un crapauduc, composé d’une bâche tendue en guise de barrage et de seaux dans lesquelles les grenouilles tombent, a été installé en période de migration des amphibiens, pour leur éviter de se faire écraser. «Cette année, le printemps était froid et sec, alors nous n’avons compté qu’une trentaine d’amphibiens. D’habitude, on en sauve une centaine.» Crapaud commun, grenouille rousse, triton ponctué et triton palmé sont visibles à Longuevillette, peut-on lire sur le panneau explicatif. 

«Pour Pâques, nous avons proposé aux enfants de fabriquer des nichoirs à mésanges. 80 % sont occupés aujourd’hui.» Les hirondelles sont elles aussi choyées, avec une marre de boue creusée spécialement pour les aider à construire leur nid. Les oiseaux trouvent aussi refuge dans l’arboretum privé de Claudie et François, qui ouvrent leur petit coin de paradis à qui le souhaite. L’endroit idéal pour faire la fête. 

 

«Tout est bon pour faire la fête»

Claudie annonce : «ici, on est des fêtards ! Fête des voisins, feu de la Saint-Jean, fête des mères, beaujolais nouveau, Téléthon… Chaque opportunité est bonne pour se réunir et passer un bon moment.» L’hyper active enlève alors sa tenue de jardinière pour enfiler le tablier de cuisinière. «Je fais des crêpes, des confitures et des tartes pour régaler tout le monde», sourit-elle. Le 14 juillet 2019, les curiosités nées de l’imagination des Longuevilletois ont même attiré plus de huit-cents personnes. «On avait lancé un concours d’épouvantails loufoques. Certains étaient à mourir de rire.» 

La randonnée fait aussi partie des préoccupations de François Crepin, avec la réalisation d’un inventaire des chemins ruraux sur le territoire communal. «Nous avons un peu plus de 6 km que nous voulons préserver.» La boucle balisée du circuit de la croix de pierre (10 km), passe notamment par la commune. Cette croix de pierre, érigée au XIIe siècle, est un vestige qui tient au cœur des locaux. À cet endroit, qui offre une magnifique vue panoramique, François Crepin a fait installé un panneau informatif sur… la biodiversité locale, évidemment. 

Les fleurs, comme les fêtes et les activités, nécessitent beaucoup d’énergie mais ont un avantage commun : elles créent du lien.

 

Six communes samariennes quatre fleurs

Longuevillette figure sur la courte liste des Villes et villages quatre fleurs de la Somme, aux côtés de Guyencourt-Saulcourt (148 habitants), Forest-L’Abbaye (324 habitants), Mons-Boubert (558 habitants), Saint-Valéry-sur-Somme (2 532 habitants) et Amiens (133 891 habitants).
Ces six communes ont été récompensées de leur engagement «en faveur de l’amélioration de la qualité de vie et la stratégie globale d’attractivité mise en place à travers le fleurissement, le paysage et le végétal».
Pour en savoir plus sur les critères du label : www.villes-et-villages-fleuris.com
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout {nom-site}.

Les plus lus

Au coeur de nos terres avec Mathilde Seigner
« Au cœur de nos terres » et les tensions du monde agricole sur France 2

Entre drame familial et enjeux fonciers, la fiction « Au cœur de nos terres » met en lumière les fragilités et les…

Régis Desrumaux président FRSEA Hauts-de-France
Régis Desrumaux élu à la tête de la FRSEA Hauts-de-France, dans la continuité de son mandat dans l’Oise

Réélu en février à la présidence de la FDSEA de l’Oise, Régis Desrumaux prend désormais les rênes de la FRSEA Hauts-de-France…

guerre Etats-Unis Iran Espagne mesures engrais carburant
Avec la guerre en Iran, le gouvernement espagnol débloque 877 millions pour l'agriculture et la pêche

Le gouvernement espagnol a annoncé le 20 mars avoir adopté un paquet de mesures d'urgence de plus de 877 millions d’euros (M…

Vincent Lepers et Simon Pointel, président et salarié de la Cuma de Belloy-sur-Somme, ont la même optique de travail : «la communication avant tout».
À la Cuma de Belloy, des machines, mais surtout des Hommes

À la Cuma de Belloy-sur-Somme, c’est l’humain qui fait tourner les machines. Elle regroupe une quarantaine de fermes et fêtait…

harcèlement agression sexuelle Coordination rurale
Sur fond de soupçon de harcèlement et d’agression sexuelle, le SIA tourne au vinaigre pour la CR

La Coordination rurale (CR) traverse une crise interne majeure après des révélations d'agression sexuelle. J. L., 3e vice-…

Ce que la guerre de Trump contre l’Iran coûte à l’agriculture régionale

La guerre menée par les États-Unis contre l’Iran provoque un choc économique qui se répercute directement sur l’agriculture…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 1 € par semaine
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Action Agricole Picarde
Consultez les versions numériques de l'Action Agricole Picarde et du site, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de l'Action Agricole Picarde