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Ils innovent : Vincent Marcille

Avec la société Precifield, le Gaec de l’Ancre travaille à l’élaboration de cartes précises du sol, utilisables dans des consoles GPS, pour piloter au plus près ses parcelles.

Vincent Marcille : «Notre principal objecitf est de réduire l’usage des engrais.»
Vincent Marcille : «Notre principal objecitf est de réduire l’usage des engrais.»
© Florence Guilhem



Vincent Marcille joue la carte de l’agriculture de précision


Avec sa formation d’ingénieur en construction métallique, Vincent Marcille aurait dû construire des ponts. Mais c’est dans l’agriculture qu’il se lance finalement quand son père veut vendre la ferme à la fin des années 1990, faute de pouvoir la transmettre à ses enfants. «Lâcher le patrimoine familial, sans essayer, m’ennuyait. J’ai donc décidé de faire un BTSA ACSE», se souvient Vincent. De retour à la ferme en 1998, il s’installe officiellement en 2002, avec le fils de l’associé de son père, Alexis, sans rien connaître des pratiques agricoles.
Très vite, les deux agriculteurs s’interrogent sur l’efficacité des apports organiques et des engrais minéraux dans leurs cultures (pomme de terre, fécule, betterave, blé, colza, pois et orge), toutes situées dans des terres en fond de vallée, avec des types de sols très différents. Leur désir ? Apporter la bonne dose au bon endroit, au bon moment. Leur rencontre, en 2018, avec la société Precifield (fondée par Rémi Pelletier et Alexandre Weil), qui propose des solutions de cartographie et de modulation intraparcellaire adaptées à tous les systèmes, quels que soient les types de sols et les cultures, va les mettre sur les bons rails. De leur collaboration à un concours sur la modulation de semis de betteraves au développement des expérimentations dans l’exploitation de Vincent, leur collaboration se met en place. L’appel à projets du Département va la sceller.

Pour une gestion fine des parcelles
«Le diagnostic des sols commence par le passage d’un scanner équipé de capteurs pour mesurer la conductivité, les valeurs d’infrarouge de surface à 5-7 cm de profondeur, le pH et la modélisation de la topographie avec un GPS différencié», explique Rémi Pelletier. Sur la base de ces éléments, des analyses de sol sont réalisées avec un laboratoire. Les résultats obtenus permettent de calibrer les cartes, toutes compatibles avec les matériels agricoles. Sept cartes sont établies : texture des sols, matières organiques, pH, phosphore, potassium, topographie et zones de potentiel homogène. Coût de l’investissement pour un diagnostic valable au moins cinq ans et l’utilisation de la plateforme numérique pour élaborer les cartes (l’agriculteur peut les faire lui-même, ndlr) : 102 e/ha.
«Notre principal objectif est de réduire l’usage des engrais. Ensuite, nous voulons mieux connaître nos sols et nos parcelles pour comprendre comment tout cela fonctionne. Le suivi à long terme le permet, et il nous donnera la possibilité de rectifier le tir, si nécessaire», explique Vincent. Outre une meilleure gestion agronomique, et des économies à la clé, cette démarche répond aussi aux attentes environnementales pour une agriculture durable. «L’agriculture se doit d’être plus respectueuse de l’environnement. Avec cette démarche, nous sommes sur la bonne voie», conclut Vincent.

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