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Installation : se faire accompagner pour éviter la fausse-route

Bien préparé en amont, le parcours à l'installation de Mathieu Willemetz n'a duré que quatre mois quand d'autres regrettent «un parcours du combattant». Il a partagé son expérience lors d'une journée du PAIT, entre Somme et Pas-de-Calais.



Installé depuis 2017 à Mouriez, à la frontière entre la Somme et le Pas-de-Calais, Mathieu Willemetz n'a pas forcément choisi la voie classique pour exercer le métier d'agriculteur. Une chose est sûre, avec son atelier de production d'endives de terre et de fraises hors-sol, et à peine plus de deux hectares de foncier en location, il n'a pas vraiment le profil-type du jeune installé dans les Hauts-de-France comme l'a décrit le vice-président des JA Hauts-de-France, Quentin Tondellier, lors d'une nouvelle journée du Point accueil installation transmission (PAIT), le 14 novembre. Rappelant que le PAIT reste «la seule porte d'entrée pour l'installation en agriculture», il a également cité quelques chiffres sur l'installation dans les Hauts-de-France devant une assemblée d'étudiants dont une large majorité souhaite s'installer. En 2018, le nombre d'installations aidées (DJA) s'est monté à 311. Le profil-type du nouvel installé est de sexe masculin, âgé de vingt-huit ans, d'origine agricole. Son entrée dans le métier s'effectue au sein d'une société exploitant en moyenne 150 hectares de polyculture et un atelier d'élevage, laitier ou allaitant. Enfin, le coût moyen de l'installation est de 531 000 EUR.

Une ouverture d'esprit nécessaire
Fils d'agriculteur, mais installé hors-cadre familial, Mathieu Willemetz a opté pour des productions originales, ce qui en fait un cas d'installation «atypique». S'il a choisi l'endive de terre, «c'est parce que cela demande peu d'investissements», explique le jeune homme. Les serres dans lesquelles il cultive ses fraises sont louées, ce qui lui évite d'avoir à supporter l'investissement. Après un bac pro CGEA obtenu en 2014, il poursuit ses études par un BTS ACSE à la MFR de Rollancourt. Salarié agricole pendant un an, l'envie de s'installer pour «être son propre patron» est plus forte. Rapide ? Le jeune homme aujourd'hui à la tête de son exploitation et d'une équipe de trois salariés en CDI l'admet volontiers, mais ne regrette rien. Un an après son installation, c'est avec la même rapidité qu'il met en place un point de vente collectif de produits fermier dans l'Audomarois, avec neuf autres associés. Ce magasin est aujourd'hui un atout majeur dans le fonctionnement de l'exploitation de Mathieu, lui permettant de se développer et de diversifier ses productions. Oignons, carottes et choux sont venus s'ajouter à la production d'endives de terre et de fraises. Pour ce qui est de l'endive, il lui aura fallu aller à la rencontre d'autres producteurs pour appréhender cette culture technique et particulière : «Finalement, c'est une bonne chose de ne pas avoir eu le droit de faire mes stages dans l'exploitation de mon père. Cela m'a permis d'aller voir ailleurs et d'apprendre par moi-même.» Depuis qu'il est installé et, en particulier au cours de sa première année d'activité, l'accompagnement de la chambre d'agriculture via le Pôle Légumes Région Nord (PLRN, à Lorgies) lui a été précieux : «C'est rassurant de savoir qu'on a quelqu'un prêt à répondre à nos questions et à nous recadrer si on fait fausse route.»

Une pause pour consolider son installation
S'il ne manque pas d'idées pour développer son exploitation, Mathieu Willemetz admet vouloir «faire une pause pour consolider l'existant». à 22 ans, il est l'exemple que le parcours à l'installation n'est peut-être pas le «parcours du combattant» décrit par d'autres candidats. Responsable d'équipe Installation et Transmission à la Chambre d'agriculture de la Somme, Isabelle Aslahé justifie le formalisme et l'obligation de passer par différentes étapes - de l'émergence du projet au plan de professionnalisé personnalisé (PPP) en passant par le stage 3 jours et ses 21 heures - par l'obtention de fonds publics, qu'il s'agisse d'aides régionales ou nationales : «Pour toute création d'entreprise, quel que soit le secteur d'activité, il y a des démarches à effectuer», rappelle Mme Aslahé. «Une fois que ce parcours a été suivi, l'installation suit son cours et les aides arrivent.» En ce qui concerne ces dernières, Mathieu Willemetz concède ne pas les avoir intégré dans les calculs de la rentabilité de son exploitation, et le temps lui donne raison : «Cela fait bientôt trois ans que je suis installé et je ne les ai toujours pas reçues. Il faut bien évidemment les demander, mais il ne faut pas compter dessus tout de suite. Quand elles arriveront, ce sera un plus...»



Les sénateurs adoptent un cumul d'allègement de cotisations sociales pour les jeunes installés

Les sénateurs ont adopté, le 13 novembre, lors de la première lecture du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2020, un amendement autorisant le cumul pour les jeunes agriculteurs de deux dispositifs d'allègement de cotisations sociales. Ceux-ci disposent déjà d'une exonération partielle dégressive de leurs cotisations sociales pendant leurs cinq premières années d'installation. L'amendement adopté permet de cumuler cette mesure avec un autre dispositif de modulation des taux de cotisations sociales pour les exploitants agricoles avec des revenus inférieurs à un certain seuil. Ce cumul n'était pas permis aujourd'hui. «Dans certains Gaec familiaux, les jeunes agriculteurs bénéficiant de l'exonération partielle sont redevables, pour un revenu égal, de davantage de cotisations que leurs aînés, surtout à partir de la troisième année d'installation», a expliqué en séance la sénatrice Sophie Primas (LR), une des signataires de l'amendement. Ce dernier a été voté malgré un avis défavorable du gouvernement et du rapporteur général du PLFSS.



Les installations repartent à la baisse en 2018, plombées par les installés tardifs

«En 2018, 13 925 chefs d'exploitation se sont installés», a révelé la MSA  le 12 novembre. Après un sursaut en 2017 (+ 1,2 %), le nombre d'installations d'exploitations agricoles est donc reparti à la baisse :
- 2,8 % en 2018. Ce recul traduit principalement la baisse du nombre d'installés tardifs, c'est-à-dire d'exploitants de plus de quarante ans et non éligibles au dispositif d'aides à l'installation. Les installations tardives ne résultant pas d'un transfert entre époux ont ainsi diminué de 5,3 % par rapport à 2017. Ils représentent 3 473 personnes, soit 24,9 %
des installations contre 25,6 % en 2017. Les transferts entre époux reculent de 21,8 %. Ils représentent 873 personnes, soit 6,3 % des installations. À l'inverse, les installations de jeunes agriculteurs (moins de quarante ans et éligibles au dispositif d'aides à l'installation) progressent très légèrement (+ 0,5 %).
Ils étaient 9 579 à s'installer en 2018, soit 68,6 % des nouveaux installés. Au total, le taux de renouvellement des exploitants agricoles (ratio entre le nombre de nouveaux installés et les chefs d'exploitation déjà en exercice) atteint 3,1 %. Un ratio identique à 2017.
Les régions les plus dynamiques en termes de nouveaux installés sont l'Île-de-France (+ 8,6 %) et la Corse (+ 7,8 %). Le Centre-Val de Loire (- 9,4 %) et les Pays de la Loire (- 9 %) font, quant à elles, partie de la queue de peloton. À l'échelle départementale, le Territoire de Belfort (- 44,4 %), la Côte-d'Or (-  42,4 %), la Nièvre (- 32,7 %) et la Meurthe-et-Moselle (- 32,7 %), ont connu un fort recul des installations comparé à 2017. Ce n'est, a contrario, pas le cas pour l'Aisne (+ 63,8 %), le Lot (+ 34 %), la Seine-et-Marne (+ 21,6 %) et les Alpes-Maritimes (+ 21,3 %) qui ont connu une importante hausse des installations par rapport à l'année dernière. En valeur absolue, ce sont les Pyrénées Atlantiques avec 369 installations, les Côtes d'Armor (316 installations) et l'Aveyron (316 installations) qui ont le plus de nouveaux installés dans leur département.

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