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JO 2024 : la filière bois veut sa part des jeux

Accompagnée par le projet France Bois 2024, la filière bois-forêt française entend capitaliser sur sa participation à la réalisation d’infrastructures qui seront utilisées pendant les Jeux olympiques de Paris pour ancrer durablement le bois dans les constructions.  

Les Jeux olympiques de Tokyo débutent à peine que déjà certains ont les yeux rivés sur ceux qui auront lieu à Paris, en 2024. Alors que la France a inscrit dans son dossier de candidature qu’elle s’engagerait à réduire l’empreinte carbone globale des JO de 50 % par rapport à ceux de Londres de 2012 et de 30 % pour la construction des bâtiments, certains secteurs d’activités sont dans les starting-blocks. C’est le cas, par exemple, de la filière forêt-bois et son interprofession (Fibois) – celle-ci regroupe douze délégations régionales à travers la France -, convaincue que le bois a un rôle à jouer. Lors de l’assemblée générale de Fibois Hauts-de-France, qui s’est tenue mi-juin à Caulières (80), c’est le président de France Bois 2024 en personne, Georges-Henri Florentin, qui présentait l’opportunité que pourrait représenter les JO pour le secteur de la construction en bois et la fourniture de bois. Pour ce dernier, pas de doute, «les Jeux olympiques vont être une vitrine pour la construction en bois», estimant également que le choix du bois est judicieux à différents titres : «Nous avons à la fois la capacité, la compétence et le bois est un matériau écologique». 

 

Les JO, un projet de filière 

Depuis 2018, France Bois 2024 œuvre de manière à ce que l’utilisation des solutions de construction et d’aménagement en bois, notamment français, soit privilégiée dans les réalisations des Jeux olympiques et paralympiques (JOP) de 2024. Ce projet vise ainsi «à apporter les informations collectives nécessaires aux maîtres d’ouvrage et à faciliter la participation d’un maximum d’entreprises de la filière, décidées à relever le défi», selon ses responsables. Structure «légère», elle disparaîtra avec la clôture des JO de Paris, après avoir endossé un rôle de «démonstrateur» et «laissé un héritage», selon M. Florentin. En Seine-Saint-Denis par exemple, les bâtiments qui auront été construits pour les JO seront transformés en logements et en bureaux. 

 

«Les forêts ne seront pas rasées»

Dans le viseur de France Bois 2024, on trouve d’abord la construction du village olympique. Si les Jeux olympiques vont se dérouler à Paris, les alentours de la capitale vont eux aussi voir des infrastructures sortir de terre pour accueillir un certain nombre d’athlètes, d’épreuves sportives ou encore le village des médias. Avec 315 000 m2 de surfaces de plancher rien que pour le village olympique, le chantier est gigantesque. «Tout un tas de bâtiments de différentes tailles vont devoir être construits, détaille Georges-Henri Florentin, et le bois y aura sa place.» La filière bois française devrait également contribuer à la construction de la structure et du plancher d’une Arena de 8 000 places à la Porte de la Chapelle, d’un centre aquatique comprenant deux bassins et d’autres. Ces bâtiments devront être livrés «d’ici novembre 2023», poursuit le président de France Bois 2024. «Très vite, on va donc entrer dans la phase de construction.» 

Si la construction de petits bâtiments ne pose pas de problème particulier, celle de surfaces plus conséquentes s’avère plus délicate, mais pas insurmontable pour autant : «Pour les grands bâtiments, nous travaillons par exemple à ce que les structures de façade puissent quand même être en bois», indique le président de France Bois 2024… qui doit aussi répondre aux critiques et à la pression exercée par d’autres filières fournissant des matériaux de construction : «Les forêts françaises ne seront pas rasées. Les entreprises traditionnelles ne sont pas disparaître (…) Miraculeusement, on vient de voir apparaître sur le marché du béton bas carbone», rapporte ainsi Georges-Henri Florentin, plus taquin que suspicieux.  

 

Gagner de l’expérience

Parmi les entreprises qui seront sélectionnées pour construire des infrastructures ou fournir des matières premières, combien seront des Hauts-de-France ? Pas facile pour le moment de le savoir. Si les professionnels du bois de la région Hauts-de-France sont pionniers dans l’intégration de feuillis dans la construction, Georges-Henri Florentin souligne que la réalisation de grandes infrastructures en bois privilégie les… résineux. Pour le peuplier par exemple, «la place est minime dans la construction de bâtiments, mais il peut y avoir une carte à jouer pour tout ce qui concerne la construction de cabanons, de barrières…». L’expérience «JO 2024» devrait toutefois impacter durablement la filière bois-forêt : «Ces jeux seront une étape pour montrer que l’on sait faire», lance le président de France Bois 2024, très confiant. Et ce dernier de citer une récente enquête IPSOS qui montre que les Français sont de plus en plus intéressés par la construction en bois : «Il y a une évolution dans les comportements qui est en train de se produire. Et même si les habitudes ont la vie dure, certains promoteurs intègrent de plus en plus le bois dans leurs projets.» Le président de Fibois Hauts-de-France, Olivier Fossé, veut lui aussi y croire : «La partie est loin d’être gagnée, notamment parce que le lobbying d’autres filières est fort. Tout seul, on ne pèse pas grand-chose, mais nous devons prendre part à ces JO. Ce ne sera pas facile, mais si on arrive quand même à aller chercher quelques chantiers, ce sera une bonne chose.» 

 

La contractualisation gagne aussi la filière bois-forêt  

La France, plutôt que la Chine ? Oui, mais pas sans contrat. Il y a quelques semaines, alors que la Fédération nationale du bois - elle représente les scieries françaises -, alertait le ministre de l’Agriculture Julien Denormandie, et la filière d’un manque de grumes de chênes à court terme, les coopératives forestières françaises ont répondu à cet appel en mettant en avant un système de contractualisation pluriannuelle. Pour l’Union de la coopération forestière française (UCFF), il s’agit en effet de «sécuriser davantage l’approvisionnement en bois feuillus et résineux des industries françaises et en particulier les scieries, dans le cadre d’une gestion forestière durable certifiée», indiquait mi-juin l’organisation. Toujours selon l’UCFF, les contrats d’approvisionnements pluriannuels qu’elle promeut offrent une solution «gagnant-gagnant», «permettant d’assurer sur le long terme l’approvisionnement de bois feuillis et résineux en termes de quantité, de qualité, de prix…» 
Entre coopératives forestières et scieries, la contractualisation existe déjà. Toutefois, selon Bertrand Servois, président de l’UCFF –  laquelle regroupe 17 coopératives forestières sur le territoire pour 113 000 producteurs forestiers, gère 2,1 millions d’hectares de forêts et commercialise 7,2 millions de m3 de bois par an -, il est possible «d’aller plus loin» : «Les coopératives forestières réalisent déjà plus de 70 % de la commercialisation des bois de leurs adhérents par contrats d’approvisionnement, toutes essences confondues. Notre récolte annuelle de bois d’œuvre de chêne s’élève à 220 000 m3, soit 10 % du marché national. Ceux-ci sont déjà commercialisés par contrat d’approvisionnement avec les scieries françaises à hauteur de 40 %. Forts de notre expérience dans la mise en œuvre de cette contractualisation au prix du marché, nous sommes prêts à faire progresser ce chiffre et dépasser les 50 % dans un engagement mutuel gagnant-gagnant garantissant la transformation des grumes sur le territoire», a-t-il déclaré. 
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