Pêche
Jusqu’à dix maquereaux au bout de la ligne des pêcheurs amateurs
Depuis le 1er avril 2026, la ministre de la Mer et de la Pêche Catherine Chabaud a relevé le quota de maquereau de cinq à dix maquereaux, pour les pêcheurs de loisir.
Depuis le 1er avril 2026, la ministre de la Mer et de la Pêche Catherine Chabaud a relevé le quota de maquereau de cinq à dix maquereaux, pour les pêcheurs de loisir.
Le gouvernement a finalement revu sa copie concernant la pêche de loisir en mer. Après plusieurs semaines de discussions, notamment portées par la Confédération mer & liberté, les quotas de capture ont été assouplis pour certaines espèces emblématiques comme le maquereau. Initialement, les autorités envisageaient de limiter à cinq le nombre de maquereaux pouvant être pêchés quotidiennement par un pêcheur amateur. Ce seuil a finalement été relevé à dix poissons par jour et par personne, par une publication au Journal officiel du 1er avril. Une évolution que le ministère justifie par la volonté de trouver un équilibre entre préservation des ressources et maintien d’une activité de loisir populaire.
«Sachant que la grande majorité des plaisanciers ne font que quelques sorties par an, cette limite reste un équilibre raisonnable et responsable en termes de prélèvement sans impact majeur sur la ressource», se réjouit la Confédération mer & liberté dans un communiqué. Outre le maquereau, la réglementation évolue également pour le bar. Les pêcheurs amateurs pourront désormais capturer deux bars par jour au sud du 48e parallèle et trois au nord, contre respectivement un et deux auparavant. La taille minimale reste fixée à 42 cm. Pour le lieu jaune, en revanche, le statu quo est maintenu avec un quota de deux poissons par jour à partir du 1er mai.
Le maquereau en danger
Ces ajustements s’inscrivent dans un cadre européen plus large, alors que la situation du maquereau inquiète. D’après le Conseil international pour l’exploration de la mer (Ciem), qui fait autorité, la biomasse de maquereaux adultes a fortement chuté ces dernières années. Au point de passer sous les seuils de sécurité biologique. Dans certaines estimations, elle a été divisée par plus de deux en seulement cinq ans. En cause : une surpêche chronique, les quotas réellement exploités ayant dépassé les recommandations scientifiques.
Pour 2026, le Ciem recommandait donc de diviser par quatre la pêche de maquereaux dans l’Atlantique Nord, pour atteindre environ 174 000 t en 2026 pour les pays de l’UE et hors UE. Le 13 décembre dernier, l’UE annonçait donc une baisse de 70 % des quotas maquereau pour la pêche professionnelle. Mais celle-ci a finalement été revue à la baisse le 30 mars, à -48 % (environ 299 000 tonnes de captures), et ce pour répondre aux inquiétudes des pêcheurs qui réclamaient un alignement sur les pays voisins : Royaume-Uni, Norvège, îles Féroé et Islande.
RecFishing, outil de mesure
Une réduction «insuffisante», selon certaines ONG, comme l’association de défense des océans Bloom. «Face à la situation préoccupante du stock de maquereau», Catherine Chabaud s’est dite «attentive à ce que nos décisions n’entraînent pas de surpêche de cette espèce». «Au conseil Agri-pêche du 30 mars, j’ai ainsi plaidé pour que nous retournions à la table des négociations avec les autres États côtiers, seule solution pour éviter la surpêche», a-t-elle ajouté. Pour mieux mesurer les prélèvements liés à la plaisance, le dispositif «RecFishing», doit être progressivement déployé dans toute l’UE. L’année 2026 est présentée comme une phase de transition, durant laquelle l’outil sera amélioré pour en faciliter l’usage.